Les chemins de la guérison

« Les cris du corps sont l’écrit de l’âme » Georges Lahy

Nous sommes reliés à tout ce qui se passe en nous et autour de nous. Le corps n’est pas une mécanique indépendante de la personne qui l’habite ou des évènements que cette personne vit.
Le corps en est l’écho, l’onde sur l’eau de la conscience.
Quelque part nous avons perdu l’Esprit…
En le retrouvant, nous redevenons entiers. La joie d’être vivant(e) devient notre moteur et la guérison est à nouveau possible.Et l’Esprit croît avec l’usage.
L’équilibre juste revient; car c’est le respect entre nos différents plans (intellectuels,émotionnels,physiques et spirituels) et notre réalité extérieure qui nous ramène à nous-mêmes.
La roue de Médecine est une voie chamanique et philosophique ancestrale qui permet de remonter à la source de votre Être, votre Soi. C’est un chemin spirituel basé sur l’observation de la Nature . Cette Nature en qui résident des réponses à nos questions fondamentales:
Qui suis-je?
D’où viens-je?
Où vais-je?
Ai-je un rôle dans cette vie?
Quel sens a ma vie?
Entrez voir…

photo par : chalkiecc

Protégé : Le porteur de Feu

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SOUS LE VENT DU…

Chaque mois, à la nouvelle lune, le vent change. Chaque vent (il y en a huit) a sa propre influence et peut nous bousculer dans nos vies. Comprendre cette influence nous permet de mieux accepter ce qui nous arrive et faire la différence entre ce qui nous appartient et ce qui est extérieur à nous. Plus

Celle-Qui-Se-Tient-Debout

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La Lune de Celle-Qui-Se-Tient-Debout.

Se tenir debout. Quelle belle image! Car même si nous marchons debout, il n’est pas toujours vrais que nous nous tenions debout…
Le propre de l’adulte, c’est son besoin d’affirmation. L’enfant, lui, recherche l’approbation de son entourage. Il a besoin de se sentir « comme les autres ». Il n’aime pas se sentir différent, même s’il s’agit d’être unique. L’enfant veut se sentir aimé(e) et il/elle est prêt(e) à sacrifier sa singularité afin de plaire. L’adulte, au contraire, pour sentir heureux doit pouvoir déployer son être au risque de déplaire.

Avec la maturité, la connaissance de soi et la confiance en soi, monte en nous le désir d’être qui nous sommes, en vérité, sans masque et sans compromis. Comme le disait si bien Jacques Languirand en paraphrasant Oscar Wilde : « Si vous n’êtes pas vous même, qui le sera? »

N’avez vous pas en vous ce désir profond d’être connu(e), vu(e), entendu(e) dans votre entièreté?
Ne plus se cacher, ne plus faire semblant, ne plus se mentir ni mentir aux autres, ne plus cultiver une image, une façade de plus en plus lourde à maintenir.

Si oui, alors vous voilà en train de devenir adulte. Un indivisible, individu. Se tenir debout c’est pouvoir se montrer tel(le)s que nous sommes, pouvoir donner notre opinion sans craindre celle des autres, pouvoir déposer notre réalité gentiment à côté de celles des autres sans sentir le besoin de les convaincre, de « leurs faire entendre raison », ou d’avoir raison.

Se tenir debout, c’est s’autoriser à être dans sa vérité en ayant la certitude, en toute humilité, que cette vérité-là est toute personnelle.
C’est ne plus courber l’échine, ne plus accepter les jougs, ne plus se promener avec « la queue entre les jambes ».
C’est s’aimer si bien que nous n’avons plus peur de faire face, de nous dresser face à ceux qui voudrait nous soumettre, de défendre ceux et celles qui n’ont pas la force ou le pouvoir encore de se tenir eux-même debout. C’est faire face à la désapprobation ou à la colère possible des autres et continuer de parler, de cheminer, de croire.

Comme la Terre qui, inlassablement, se renouvelle chaque printemps…

C’est réapprendre à être courageux (se).

C’est aussi se tenir debout face à nos propres addictions, nos propres blessures,nos croyances douloureuses, nos convictions qui ne nourrissent plus la Vie en nous, car si ce sont elles qui nous mènent, alors nous sommes encore des esclaves.C’est ne plus se condamner à cette perpétuelle culpabilité qui nous fait voir et revoir ad nauseam nos « fautes » (plus souvent des erreurs) du passé. Nous devons arrêter de nous faire « payer » intérieurement tout ce que nous croyons avoir mal fait. Nous nous jugeons, nous condamnons et nous enfermons ensuite dans une auto-violence insensée.
Se tenir debout devient alors être responsable, réparer, demander pardon puis se pardonner à soi-même de n’être, finalement, que des êtres humains…

C’est ne plus rechercher l’amour de l’autre, et,en passant, trouver du respect et de l’amour de soi-même. Et le trouver si bien que nous ne voudrons plus nous marcher dessus ni laisser quiconque le faire.

Crédit Photo: Carole Poirier, Celle-Qui-Se-Tient-Debout

Celle-Qui-Louange

Le 25 décembre 2015,nous voici dans la belle lune de Celle-Qui-Louange.

Alors que l’hiver arrive, nous entrons dans une lune de contemplation. Une lune qui nous invite à regarder notre intérieur et aussi notre vie extérieure. Il est temps pour nous de nous assoir en nous-même dans notre temple , cet espace sacré en nous. Prenons le temps de regarder en faisant silence, en invitant le calme, la patience, la tranquillité. Il y a sûrement un ménage qui s’impose; un « temple » se doit d’être ordonné et accueillant pour l’âme qui y réside. Le plus important cependant, est d’y mettre Celle-Qui-Louange.

J’aime tellement ce mot en français. Je m’imagine louer un Ange. Pas juste dire merci, encourager,féliciter ou honorer, mais bien avoir les services d’un ange. Je me demande bien ce qu’on peut offrir en échange de service à un ange…
Mais, blague à part, revenons à nos moutons (nos anges et nos louanges).

Cette lune nous parle de gratitude. D’honorer le bien, le divin,le bon en l’autre,en soi, en la vie, en l’univers. La gratitude est une attitude. Cela se cultive, comme un champ que l’on retourne, que l’on nourrit, dont on prend soin.

Nous avons tous eu des gens qui nous ont aidé, encouragé ou soutenu à des moments difficiles de notre vie. Nous ne pouvons pas nous construire sans le regard des autres. Et quand certains regards nous ont blessé(e)s, d’autres sont venus guérir. Que de puissance il y a parfois dans un simple geste, un mot bienveillant, un encouragement, un sourire, un regard empathique. La condition humaine est à la fois vulnérable, fragile et si résiliente!
Bien que notre cerveau ait plutôt tendance à se remémorer les moments difficiles (il faut 5 évènements positifs pour contrebalancer l’effet d’un évènement négatif), car c’est sa façon d’être prêt à toutes éventualités pour assurer notre survie en cas de récidive d’incidents mauvais, nous pouvons faire l’effort de retrouver et vivifier nos bons souvenirs.
Si vous êtes encore en vie aujourd’hui, c’est que plusieurs ont croisé votre chemin et ont laissé en vous le souverain remède : l’amour dans toutes ses formes, petites et grandes, évidentes et subtiles,douces et dures…Eh oui, parfois l’amour s’exprime aussi comme un coup de pied, comme une douche froide, comme une pression intolérable qui nous pousse au changement.
Prenez donc le temps de vous souvenir de ces bons moments où un autre, une autre, est venu(e) être le baume sur vos plaies
Quand c’est possible, faites la démarche de les remercier. Ce que j’ai vu de plus puissant et de plus émouvant dans ma vie, dans les espaces rituels, c’est quand les gens se donnent l’autorisation de rentrer pleinement dans toute la gratitude qu’ils/elles ressentent face à quelqu’un qui les a aidé, soutenu. Certains doivent leurs vies à d’autres, qu’ils/elles en soient conscient(e)s ou pas.
Des études psychologiques ont démontrées que pouvoir remercier en personne des gens qui nous ont soutenus par le passé nous transporte dans un bien-être pendant des jours, voire même pendant des mois!

Vous même, à votre insu, avez déjà été celui ou celle qui guérit. Car ce sourire que vous croyez anodin, cette parole qui vous a semblé naturelle, ce geste si facile, a pu être le catalyseur d’une guérison, d’un changement de trajectoire, d’un apaisement dans la tourmente de l’autre. Ne vous en privez pas!

Alors dites merci à profusion. En mots, en gestes, en regard, en silence. Être en vie est déjà un miracle, un privilège immense, un Mystère qui mérite nos louanges.
Chaque soir, repassez votre journée dans votre tête (votre cerveau le fait de toute façon,de manière inconsciente, mais là je vous invite à le faire en pleine conscience). Et, délibérément, retenez les éléments positifs de votre journée. Cherchez les s’il le faut. Et dites merci pour chacun d’eux.

D’un autre côté, soyez aussi l’ange de quelqu’un et offrez votre soutien, vos encouragements, votre foi aux autres.Imaginez-vous semeur, semeuse de lumière dans les lieux sombres; nuage de pluie fraîche dans les lieux arides; corne d’abondance dans des lieux affamés.
Mettez de la bienveillance dans vos yeux, dites merci à la nourriture que vous allez manger, remerciez abondamment pour les bonnes gens dans votre vie et les belles choses qui surviennent.

C’est simple, il y aura toujours d’autres remerciements de disponible dans votre sac à gratitude!

Partager avec d’autres vos belles synchronicités, vos résolutions, vos guérisons. Cela en augmente le potentiel.
Imaginez un cercle vertueux dans votre vie : la gratitude appelle la gratitude…

Merci. Vos présences honorent ma vie.
Ho!

crédit photo: Moon Angel, par sadler0, sur Filckr

Celle-Qui-Tisse-Sa-Toile

celle-qui-tisse 3le 25 novembre 2015, nous sommes rentrés dans notre 10ième lune: Celle-Qui-tisse-Sa-Toile.

L’araignée, cette grande tisseuse, s’élance hors de son repaire à toute vitesse pour réparer un accroc à sa toile.
Puis, elle reprend son poste de vigile, patiente et présente. Elle peut se laisser bercer par le vent, son ouvrage est solide. Si solide qu’il n’a pas son pareil dans la nature. Elle sait que la vibration la préviendra que son piège a fonctionné, encore une fois, et que sa nourriture est venue à elle.
Elle nous dit: cent et cent fois sur le métier remettez votre ouvrage.
Elle ne se décourage pas et reprend tout le travail dès le début s’il faut refaire sa toile malmenée ou détruite.

Cette lune nous parle du travail, et de notre relation au travail.
Comme l’araignée qui tisse patiemment sa toile, qui la répare, qui la surveille, nous aussi ,dans notre travail, sommes à la chasse.
Même si notre travail est dans un bureau, nous chassons pour avoir de la nourriture, de la protection, du vêtement. Nous contribuons à notre société au sens large tout en nous faisant vivre et vivre nos proches.
Nous pouvons dire que le travail, dans le sens de ce que nous faisons pour répondre à nos besoins, fait partie de la vie.
Durant cette lune, nous sommes invité(e)s à regarder quel place le travail prend dans notre vie et comment faire pour que cette place soit juste, équilibrée.

le mot travail lui-même est indicateur de déséquilibre.
Quand, anciennement, on mettait quelqu’un au travail il s’agissait de torture, d’écartèlement pour obtenir des aveux. cela parle de souffrance (d’où le mot travail pour le labeur de l’accouchement). Certains vont au boulot (avec un boulet?), d’autres au travail, certains oeuvrent, professent, exercent, bûchent, bossent, tâchent, produisent, fonctionnent ou triment.

Lequel de ceux là vous représente le mieux?

Prenez le temps d’évaluer la place, la qualité, la quantité de travail dans votre vie. Sortez un peu du tourbillon qui vous entraîne à l’extérieur de vous. Retrouvez votre centre, le sens de vos valeurs profondes, de vos rêves.
Apprenez à sortir du cercle vicieux de la consommation qui compense pour le manque de Vie et entraîne plus de travail pour poursuivre cette spirale infernale. D’autres choix s’offrent à vous.

Trouvez conseil auprès de l’araignée. Elle tisse sa toile et attend posément. Elle répare courageusement sans rechigner.elle sait comment se déplacer dans sa propre toile sans jamais s’y prendre. Elle est sensible à son mouvement. Elle est patiente (une qualité que nous gagnerions tous à développer, encore et encore). Elle est donc efficace et économe, tant en temps qu’en énergie.

L’araignée est aussi, et surtout, Celle-Qui-Tisse la toile des différentes réalités. Elle tisse nos rêves, le monde visible et invisible et tous ces mondes que nous ne voyons pas.Elle tisse le temps, et nous nous croyons alors soumis(e)s à celui-ci. Elle tisse et retisse, passé, présent et futur dans la même toile. C’est elle qui peut nous montrer le chemin pour réécrire notre passé ou tisser pour nous même un meilleur avenir. Elle tisse nos peurs aussi, car la plupart des gens ont peur d’elle. C’est son pouvoir, plus que son aspect, qui nous rebute.
Avec ses huit pattes, elle symbolise les huit directions de la Roue et elle nous rappelle que nous sommes tous et toutes lié(e)s dans la grande Toile de l’univers,(uni-vers). Que ce que nous faisons individuellement à la toile, affecte aussi La Toile. Que sans le travail acharné de l’araignée, quelle terre en lambeau aurions-nous?

Alors, posez-vous la question: quel genre de Tisserand(e) êtes vous?
Ho!

crédit photo: Carole Poirier , Celle-Qui-Tisse 2013

La Femme Du Soleil Couchant

lune1_194341[1]26 octobre 2015

Nous entrons maintenant dans la lune de La-Femme-Du-Soleil-Couchant.

Cette lune nous invite a entrer en nous-même et utiliser notre capacité d’introspection afin de regarder nos cycles répétitifs.
Le soleil couchant, l’Ouest, est la direction de l’automne, du crépuscule, de la lumière qui décline et prépare au repos. L’ours se prépare à entrer dans sa caverne, il en est à ses derniers préparatifs.
L’Ouest nous permet de contempler la journée qui s’achève, la saison qui s’achève et même notre vie qui s’achève avec un sentiment d’accomplissement. Une journée bien accomplie, où nous avons fait de notre mieux sans complaisance.
Notre oeil intérieur peut se sentir satisfait, « content ». Il en va de même pour une saison qui prend fin ou pour notre vie qui arrive à son terme.
Cette lune nous confronte à la FIN, à tout ce qui a besoin de se terminer. Elle nous parle de la mort. La nôtre et celles des autres. Petites morts de l’automne où nous rentrons dans nos racines pour nous recouvrir de neige et attendre le renouveau. Ou bien mort définitive, où nous serons séparé(e)s de tout ce que nous avions connu pour entrer dans le Grand Inconnu. Et ce n’est qu’en passant la porte, que nous verrons que nous connaissions bien cet endroit. Ce lieu et ce temps d’où nous sommes issu(e)s, où nous sommes connu(e)s.
Pour pouvoir nous incarner dans ce monde de l’ombre qu’est notre monde, il nous a fallut nous « endormir » et rêver. Dans les traditions autochtones, mourir revient à se réveiller enfin dans le monde Réel où nous nous retrouvons pleinement nous-mêmes et retrouvons ceux et celles que nous avons toujours connus.
Dans la tradition juive, un ange vient poser son doigt sur nos lèvres juste avant notre naissance afin que nous oubliions le monde de l’Esprit d’où nous venons.Alors, aux portes de la mort, toute cette connaissance nous revient.

Apprendre à bien terminer les choses du quotidien c’est déjà se préparer à mourir.
Ainsi, si chaque jour j’apprends à être satisfait(e) de que j’ai pu accomplir, que je jette un regard bienveillant sur mon passé, alors il en ira de même pour ma vie. C’est mon quotidien qui informe mon futur, c’est le chemin qui parle de la destination. Comment espérer des jours meilleurs dans un avenir hypothétique si nous n’apprécions pas déjà notre présent? Pourquoi remettre à plus tard, dans un ailleurs, la gratitude que nous pourrions ressentir dès à présent?

Nous sommes dans une société de rapidité, où il devient difficile de s’arrêter et ou ne rien faire équivaut à être inefficace, à perdre du temps.
Cela cultive en nous une insatisfaction perpétuelle et une impatience envers nous-même, les autres et la marche de l’Univers.
Comment recevoir la sagesse de l’Esprit si je n’ai plus le temps de m’arrêter pour l’écouter?
L’Ouest et la Femme-Du-Soleil couchant, nous prépare au repos, nous invite à ralentir notre rythme, à nous mettre en phase avec la nature qui, elle aussi, se prépare au sommeil.

L’Univers, qui nous unit vers le grand Tout est un mouvement, il est en mouvement; pas forcément une course effrénée. En fait c’est tout l’inverse. Retrouvez le pas lent, la nourriture partagée sans empressement, le plaisir de ce qui est juste assez, de ce qui est suffisant.
Ainsi vous retrouverez la gratitude envers l’abondance de la Terre-Mère car cette gratitude nous comble et nous invite au partage, à la confiance, à la sécurité.
Regardez autour de vous, la table est pleine. Elle l’a toujours été. Ce n’était que votre peur qui vous empêchait de le voir.
La nuit qui tombe a le don de raviver nos peurs; ne les laissez pas distiller leurs poisons dans votre oreille. Laissez-vous plutôt enchanter par le murmure du vent et laissez-le vous traverser en emmenant avec lui toutes vos peurs.
Contemplez avec bonheur vos accomplissements d’aujourd’hui.
Cultivez la paix, la tranquillité.
Soyez satisfait(e).
Prenez du plaisir à partager.
Remercier pour tout ce que vous avez et tout ce que vous n’avez pas.
Dites merci devant un bol vide: la vie écoute.

Ho!

Le conte des Élémouths

à toutes mes soeurs et tous mes frères Éléhumains

mammouth

Il y a bien longtemps dans l’âge des humains, mais à peine une minute dans l’âge du monde, la Terre ressentit un frisson; comme une fièvre qui la parcourut et qui annonçait un changement. Elle eut chaud.
Elle sut alors que le temps de ses Grandes Glaces tirait à sa fin et que l’emprise du froid remonterait vers ses pôles. Loin de s’alarmer, elle envoya donc à travers son corps tout entier un message…

Dans un paisible troupeau du Clan du Mammouth Laineux, vint au monde une étrange créature. Sans conteste, elle était apparentée au mammouth et n’avait rien du cheval, du serpent ou du loup. Mais elle était sans poil. Ouhh qu’elle était laide aux yeux des mammouths!
Étrange, grisâtre, plus petite que la moyenne et en plus, elle était frileuse et nullement faite pour le froid des glaciers.
Elle ne fut pas la seule.
De ci, de là, naquirent d’autres semblables à elle, plus sensibles, plus fragiles et décidément mésadaptés.Ils faisaient tache dans le troupeau et la plupart étaient rejetés de leur famille, de leur clan, de leur troupeau et vivaient en marge du groupe, sur les pourtours de leur société, essayant tant bien que mal de se faire une petite place.
On les appela des mammouphants, car il fallait bien nommer ces choses pour savoir de quoi l’on parlait.
Dans certaines familles, plus tolérantes, plus bienveillantes ou simplement plus excentriques, on se mit à croire que, peut-être, ces êtres différents étaient porteurs d’un Mystère, d’une Sagesse, d’un Sens particulier, car qui a jamais entendu la Terre faire quelque chose pour rien?
D’accord, on ne les comprenait pas trop et on continuait de les trouver hors-normes. Mais il y eut bien des mammouths pour qui, bizarres ou pas, la progéniture reste la progéniture. Ils se sentaient concernés par ceux et celles qu’ils avaient mis au monde, qui venaient d’eux quoiqu’il en soit et ils firent de leur mieux pour y voir du positif. Ils préféraient appeler ces mammouths nus des Élémouths. Ils restaient convaincus, en leur for intérieur, de la sagesse du Grand Plan.

Élémouths et mammouphants se reconnaissaient aisément…au premier coup d’oeil! Ils aimaient se retrouver, se rencontrer même si leurs échanges étaient parfois houleux:
« Nous les mammouphants, on ne vaut rien, on ne sert à rien, on ne peut même pas vivre avec les autres près du glacier »
« Non, sommes tous des Élémouths, nous sommes l’avenir de notre race! »
« Vous êtes des aberrations comme nous! Vous vous entêtez à ne pas vouloir voir la vérité! Anormaux, c’est ce que nous sommes tous »

La Terre, elle, savait très bien ce qu’elle avait fait. Elle ne se souciait nullement du malaise individuel de ses créatures. Dans le Grand Orchestre de la Vie, elle était bien maîtresse et faisait ce qu’elle avait à faire pour que les peuples survivent au changement et mieux encore, qu’ils vivent et croissent.

Le Clan du Mammouth Laineux suivit les glaciers, de plus en plus au Nord. Leur population déclina, puis s’éteignit.
Les élémouths, quant à eux, réussirent à convaincre quelques mammouphants et ils décidèrent de fonder un nouveau clan et de se déplacer vers le Sud, où l’on disait que les glaciers n’existaient déjà plus…
Ensemble ils devinrent les Éléphants, cadeau de la Terre Mère à ses enfants; promesse de la continuité et de l’évolution.
Car vous l’avez bien compris, les éléphants, au fond, n’étaient que les messagers du monde à-venir, les précurseurs, les pionniers; premiers répondants d’un monde en mutation.

Alors si vous vous sentez différent(e)s, étranges, ou marginaux…
Si vous avez l’impression de ne pas vous reconnaître dans le monde dans lequel vous vivez…
Si vous êtes hypersensibles et en apparence mésadapté(e)s…
Si vous avez l’impression d’être porteur/porteuse d’un message, d’un appel, d’une vocation ou d’une mission…
C’est peut-être que notre Mère Terre a de nouveau chaud et que vous êtes des Éléhumains.

éléphant

Crédit photo: Google Image

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