« Nous ne sommes pas troublés par les choses, mais par les opinions que nous en avons » Épictète

La guérison…une histoire comme les autres

 » Our culture and its stories largely determine the manner in which we experience the worls and our place within it.(…)Our body and mind- which are so interrelated that I consider then together as bodymind– are deeply affected by the myth we accept without question. When our bodymind experiences a new situation or challenge, it resorts to the most familiar story about the situation- the story depicting what we expect will happen. Then we match our experience tou our expectations. it does not matter if the story is true; our bodymind responds from the place of a deep cultural hallucination,which for most of us means deep sleep.  »

Donald M. Epstein

Healing myth, Healing magic (italiques dans le texte)

 

traduction libre: Notre culture et ses histoires sont ce qui largement déterminent comment nous interprétons ce monde et notre place dans celui-ci. (…). Notre corps et notre mental- qui sont si interreliés que je les considère ensemble comme corpsmental- sont profondément influencés par le mythe que nous acceptons sans critique. Quand notre corpsmental fait l’expérience d’une situation nouvelle ou d’un défi, il se rabat sur l’histoire la plus familière qu’il connaît à ce propos- l’histoire qui décrit ce que nous nous attendons à voir advenir. Il importe peu que l’histoire soit vraie; notre corpsmental réponds à partir d’un lieu d’hallucination culturelle, qui, pour la plupart d’entre nous, est une forme de sommeil profond ».

Quantité ou Qualité de vie?

« Il est tragique que la métamorphose post-humaine ait commencé sous la poussée aveugle du triple moteur scientifique/technique/économique qui propulse le vaisseau spatial Terre, alors que la métamorphose éthique/culturelle/sociale, de plus en plus indispensable à cette métamorphose, demeure encore dans les limbes. Pire encore : la régression éthique, psychologique, affective accompagne la progression scientifique, technique, économique. »

Ils (les promoteurs du transhumanisme) ignorent, dans leur obsession quantitative de vie augmentée, le besoin primordial de qualité de vie.

Ils ignorent l’aspiration à un autre type de civilisation qui émerge un peu partout dans le monde, dans la résistance à l’hégémonie du calcul, du profit, de l’égoïsme, de l’anonymat, et qui est animée par les besoins d’épanouissement, de partage, d’amour, de vie poétique.  »

Edgar Morin: Connaissance, ignorance, mystère (fayard,2017)(c’est moi qui souligne)

Petit ajout personnel: la même question est présente pour moi en ce qui concerne la qualité de la mort. À trop vouloir repousser l’échéance, (ou la précipiter au nom de la non-souffrance ou de la dignité),  trop vouloir éviter de penser  notre fin ultime, nous acceptons d’ériger des systèmes qui nous en éloignent tellement que nous la craignons encore plus. Nous n’avons plus de « mort naturelle ». Mourir entouré.e, accompagné.e , choyé.e au mieux, n’est-il pas préférable ? Une partie importante des religions et traditions spirituelles est l’accompagnement ritualisé de ce passage ultime. Notre société « scientifique » est, à mon sens, en perte de la réelle dignité de la vie et de la mort.

le destin…

« J’ai l’habitude de répondre que, pour l’homme, le destin est comme le vent pour un voilier. Celui qui est à la barre ne peut décider d’où souffle le vent, ni avec quelle force, mais il peut orienter sa propre voile. Et cela fait parfois une sacrée différence. Le même vent qui fera périr un marin inexpérimenté, ou imprudent, ou mal inspiré ramènera un autre à bon port. »
Amin Maalouf, Les identités meurtrières

L’usage des crises…

En ces temps de « crise »…

 » L’anthropologue David Bidney évoquait un ‘complexe de la crise perpétuelle’ pour qualifier l’habitude des élites politiques de recourir à des discours de crise pour discréditer et réprimer les forces contestataires, présentées comme la cause de la crise en question et donc comme une menace à l’ordre social.Un discours de crise peut paraître crédible même s’il n’y a pas de réelles turbulences et même si le système n’est pas déstabilisé ni menacé. De même, des problèmes sociaux très importants peuvent être ignorés, alors que de faux problèmes ou des problèmes mineurs peuvent se voir accorder la priorité, selon les manoeuvres de politiciens et de mouvements sociaux et les choix des médias, très friands de ces sujets. Ce discours de crise est une manoeuvre politique qui sert les intérêts de qui le produit, de qui est victime et de qui mérite de l’aide. En d’autres mots, le discours de crise est en encouragement à l’intervention, à la réaction. »
Francis Dupuis -Déri
Dans: La crise de la masculinité, les éditions du remue-ménage