L’Ombre du Réel

Nos cousins américains ont inventé un terme intéressant: Reversed Engeneering. Ou ingénierie à rebours (si quelqu’un a une meilleure traduction, je suis preneuse).

Quand une compagnie veut faire l’économie de l’innovation, elle achète un produit fini de son compétiteur et de le défait en petit morceau pour retrouver comment ça marche, avec beaucoup moins de coût en recherche et développement. Quel rapport, me direz-vous, entre l’ingénierie à rebours et un blog sur la spiritualité et les relations humaines?

J’y arrive.

Quand nous voyons un problème, une difficulté dans nos relations ce n’est pas toujours évident de savoir quoi faire, de changer de comportements, de voir ce qui fonctionnerait mieux. C’est là que l’ingénierie à rebours intervient de manière précieuse.

Les gens qui ont du talent dans leurs relations sont, en fait, de bon.nes observateurs.trices, soit naturellement, soit par expérience. Nous accumulons toutes sortes « d’évidences naturelles » durant notre croissance. Nos neurones-miroirs sont des championnes de l’apprentissage par observation et mimétisme et  notre environnement est riche en relations (qu’elles soient positives ou négatives, plaisantes ou douloureuse, saines ou dysfonctionnelles) qui sont le terreau de nos apprentissages « automatiques ». Ce que nous avons appris, deviendra notre « naturel ». Arrivé.es à l’âge adulte, et face à des ruptures, des échecs, des difficultés, force est de constater que nos apprentissages ont des trous. La bonne nouvelle c’est que l’on peut apprendre d’autres façons de faire, de nouveaux comportements, de difféntes manières de penser et d’agir.

L’autre nouvelle est que ce qui est vrai pour la lumière l’est aussi pour l’ombre…

Dans la partie lumineuse, nous pouvons apprendre à regarder des gens qui réussissent, quelque soit le domaine qui nous intéresse: éducation des enfants, relations interpersonnelles et amoureuses, relations d’affaires et leadership etc…

Nous pouvons observer le comment : comment parlent-t-ils.elles avec leur enfants? Leurs partenaires? Comment mettent-ils.elles des limites? Comment donnent-ils.elles? Comment refusent-ils.elles? Comment reçoivent-ils.elles, les commentaires, les critiques, les demandes, les cadeaux? Comment regardent-ils.elles les autres ? Comment gèrent-ils.elles les conflits, les erreurs, les échecs, les épreuves? et tant d’autres comment!

Pour peu qu’on ait la chance de les côtoyer dans leur intimité, nous pouvons apprendre, voire absorber leurs façons de faire et commencer à les appliquer dans nos vies.

Sans modèle, tout changement est ardu, car c’est comme s’il fallait réinventer le feu à chaque pas, alors que d’autres sont déjà à l’électricité, voire même au laser.

À défaut de trouver des modèles extérieurs, car ce n’est pas toujours aisé, nous pouvons commencer par des modèles intérieurs.

Nous pouvons observer ce que nous faisons « naturellement bien ». Par exemple, si mes amitiés sont plus fluides, nourrissantes, simples que mes relations amoureuses, je peux commencer à observer comment je fais mes amitiés: comment est-ce que je regarde, pense, agit, entends…Avec une observation rigoureuse, bienveillante et constante, je découvrirai peut-être que j’écoute mieux mes ami.es que mes partenaires, que mon discours intérieur est plus tolérant envers eux.elles, que je les encourage plus…qu’à cela ne tienne, je peux transférer cette façon de faire avec mes amoureux.ses! Avec de la pratique, même si ce sera parfois ardu de repousser le « naturel » je finirai par pouvoir avoir la même attitude bienveillante avec d’autres que je suis capable d’avoirs avec certain.es.

L’ombre

Les prédateurs aussi sont de fins observateurs. Ils savent se camoufler ,se faire passer pour d’autres, tromper nos sens. Il y a une araignée qui sait produire l’odeur de la femelle en chaleur de sa proie…elle « caméléonne » si bien que sa chasse est très efficace.

Il en va de même chez les êtres humains. Il y en a qui, pour toutes sortes de raisons, et à causes de toutes sortes de dispositions génétiques ou acquises, de troubles de la personnalité, de traumatismes, ont appris à très bien faire le caméléon. Ils-elles savent « d’instinct » ce qui va vous faire plaisir, vous blesser, vous faire perdre pied, vous faire sentir coupable…et ils-elles se servent de tout leur talent, non pas pour améliorer les relations humaines,vivre plus de joie et d’harmonie ou échanger de manière plus authentique, mais pour leur propre profit. Ils-elles savent jouer l’empathie, la gentillesse, la stabilité mentale, la rationalité, la tristesse, l’indignation etc, aux bons endroits, aux bons moments.

Ils-elles ont l’air sincère; et nous trompent, nous manipulent, nous trahissent, nous détruisent…à petit feu habituellement. Leur plaisir est dans l’ombre. Ils-elles s’ingénient à trouver le bon vers pour cacher l’hameçon qu’ils-elles vont vous tendre…attendent patiemment qu’il soit bien enfoncé en l’enrobant de ce que vous croyez avoir besoin: gentillesse, considération, compréhension. Puis vient la traction plus ou moins violente. Certain.es donnent des petits coups répétitifs en passant de la gentillesse à la culpabilisation par exemple…d’autres y vont pour un grand coup qui vous immobilise immédiatement.

Quelle que soit la méthode, elle est savamment rodée, astiquée, et soignée.S’ils-elles ont commencé doucement, comme n’importe quel.le débutant.e, ils-elles peuvent devenir redoutables  avec la pratique, la réussite et la satisfaction qu’ils-elles ont à vous déjouer tout en étant presque invisible aux yeux de ceux et celles qui ne sont pas leurs proies du moment. Parfois le défi devient de voir combien de personnes ils-elles peuvent tromper sans se faire voir, sans se faire attraper. révéler ou saisir. Le policier, le juge, le psy, le patron, le banquier, deviennent des challenges excitants et chaque victoire leur donne une sensation de puissance qui devient comme une drogue, une obsession.

Comme le Semeur de Zizanie dans Astérix, ou ce que les connaisseurs de chevaux appellent les leaders « chaotiques », leur plaisir est dans la destruction, la confusion, le chaos, la victoire sur l’autre. Ils-elles sont difficiles à voir et à saisir. Ils déjouent si bien nos sens que nous nous précipitions sur l’ombre qui est projetée pensant avoir de la substance, de l’authenticité, du réel pour nous retrouver les mains vides sur de la fumée qui s’échappe…nos propres peurs, désirs, failles, blessures, rêves, illusions deviennent les hameçons utilisés par leurs mains expertes. Ils peuvent nous parler pendant des heures pour nous convaincre qu’ils ont raison, ou que nous avons tort, ou que c’est nous le problème…nous pouvons retomber souvent avant de bien comprendre la nature exacte de ces prédateurs. Nous avons de la difficulté à imaginer, à croire ou à admettre la réalité qui se joue sous nos yeux. Il nous semble impossible que quelqu’un.e puisse, en vérité, être si égoïste, pervers.e,méchant.e,si peu empathique et si incapable de se remettre en cause, se remettre en question. Le prédateur à toujours raison. Et s’il nous dit que nous avons raison, c’est que cela sert son propos pendant un moment, mais le tapis sera vite retiré de sous nos pieds. Et le prédateur, la prédatrice, passera à l’attaque.

L’ombre est tellement déformée par rapport à l’objet éclairé…tellement loin du miroir, qui tente au moins un reflet juste.

L’ombre n’est pas le réel.

Alors que l’Initiateur nous invite à laisser tomber nos masques, nos façades, nos faire-semblant, chaque pas dans cette direction nous rend plus authentique, plus connecté.e, plus observateur.trice…et donc plus capable de voir par delà le vernis, l’apparence, la manipulation.

Quand nous regardons les faits, quand nous sommes capables de voir ce qui est cohérent de ce qui ne l’est pas, quand nous observons attentivement ce que les gens font au-delà de ce qu’ils.elles disent ou prétendent, alors leurs masques tombent aussi et les voilà révélées pour ce qu’ils.elles sont: une ombre déformée et vide de substance.

La prise de conscience de ce qu’ils ou elles sont nous libérera de leur emprise, même si, dans le monde réel, nous pourrions être contraint.es de les côtoyer encore et être impuissant.es à les arrêter. Nous serons en train de regarder le réel, et moins distrait.es par son ombre. Nous ne serons plus dupes.

Et n’est-ce que ce que nous sommes en train de constater sous nos yeux, un peu partout sur la planète en ce moment?

Oui.Les masques tombent; les façades se fissurent;les apparences s’effritent;les vernis craquent;les ombres se révèlent. Yé!

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« La pensée crée la maladie »…?!?

Comme l’Initiateur aime bien faire tomber des masques ou déboulonner des mythes…il y en a un qui m’énerve et que je vois partout, même de personnes qui font des recherches très sérieuses…et comme je crois que ce mythe fait plus de mal que de bien, je me permet de faire une distinction importante.
La croyance circule que nos pensées peuvent nous rendre malade…et le corollaire serait qu’elles peuvent aussi nous guérir.
C’est un mythe nouvel-âgiste bien établi qui entraîne un regard culpabilisant sur le fait que nous devenions malade et ne nous offre pas tellement plus de solution. On a donc « créée » ou « attiré » notre maladie et si nous n’en guérissons pas , c’est parce que nous n’avons pas été capable de penser autrement, ou pire, nous ne voulions pas « réellement » guérir. Nous ne sommes pas très loin de la punition divine pour la maladie et du manque de volonté ou de combativité en ce qui concerne la guérison.
Vous me direz que l’approche « médicale » qui nie tout lien entre la pensée, les émotions, le stress et l’apparition des maladies, n’est pas mieux placée. On admet du bout des lèvres que certaines maladies puissent être psycho-somatique, sans bien comprendre cette articulation particulière entre le conducteur.trice (vous) et son véhicule (votre corps). Ce qui fait que si, d’aventure, vous guérissez d’une maladie « mortelle » ou « incurable », on fait d’un seul coup appelle au miracle…bonjour la science!
Saviez-vous que vous avez environ 80,000 pensées par jour?
Si chacune de ces pensées agissaient sur notre biologie, nous passerions notre temps à tomber comme des mouches…
Pourtant nous sentons bien le lien entre notre psyché, notre façon d’être et ce qui survient dans nos vies. Il nous apparaît comme une évidence que certaines personnes allaient forcéement « tomber » malades quand nous les regardons de l’extérieur…
Ceux qui connaissent bien l’hypnose vous parlerons d’auto-suggestions qui finissent, par répétition, par créer des « programmes » qui nous influencent et influencent notre physiologie.
Cela offre déjà un regard plus intéressant sur cette croyance que la pensée crée des maladies. Ce n’est pas la pensée unique, occasionnelle, parfois redondante qui crée en nous des réseaux néfastes. C’est la pensée obsessionnelle, forcenée, répétitive à outrance qui finit par crée ce qui peut effectivement causer une maladie ou la guérir: une croyance.
Quand on parle de l’effet placebo qui effectivement guérit ou de l’effet nocebo, son contraire, qui nuit et peut causer ou aggraver des maladies (comme dans le cas où quelqu’un reçoit un pronostic « grave », « sans issue », « mortel » et que la personne  s’aggrave soudainement ou meurt plus rapidement que l’on aurait cru) , ce n’est pas réellement la pensée qui est en cause. La personne ne « pense » pas qu’elle va guérir (ou mourir)…la personne « croit« , hors de tout doute, que va se produire la chose espérée ou redoutée. Cette croyance devient alors une certitude, qu’elle soit positive ou négative.
C’est bien là toute la différence.
Alors permettez-moi cette distinction: finalement c’est la certitude « absolue »,  on pourrait dire la « foi » , qui guérit, ou pas…
Si vous me demandez alors comment peut-on avoir la certitude absolue, la foi, concernant notre guérison, je vous répondrais que c’est un terrain plus vaste, plus complexe et moins facile à obtenir que de faire de la « pensée positive »; qu’il n’est pas toujours aisé de savoir ce que contiennent nos profondeurs et que c’est en elles que résident les réponses et l’explication des « miracles ». On peut croire en surface à notre guérison ou à notre condamnation et ne point y croire en notre for intérieur. Et c’est lui qui compte. Et c’est un sujet fascinant à explorer.

Celle-Qui-Guérit

celle-qui-guérit

Le 3 novembre 2017,nous voilà entrés dans la lune de Celle-Qui-Guérit

Celle-Qui-Guérit

Guérir, gai-rire, est un très beau mot en français! Nous aspirons tous et toutes au mieux-être, au bonheur, à la santé. Et quand nous sommes malades nous ne souhaitons qu’une seule chose, guérir.
Durant cette lune il nous est donné l’occasion d’explorer ce que guérir veut dire, ce que cela implique et ce que cela exige.
Celle lune suit Celle-Qui-Aime et nous donc déjà une indication précieuse: l’amour guérit. La guérison suit l’amour comme votre ombre vous accompagne.
La maladie est une rupture de l’amour. Je ne m’aime plus, je n’aime plus ma vie, je ne suis plus d’accord avec mes choix, je crois que je ne suis plus aimé.e ou aimable, je crois que je n’aime plus personne…
La maladie est une perte d’Esprit: je ne suis plus sur mon chemin, je n’écoute plus les désirs de mon âme,je ne suis plus dans la joie d’être…
La maladie est une conséquence: les stress, la peur, les chocs émotionnels, les deuils qui ne s’apaisent pas, des situations sans solution à nos yeux, un mode de vie malsain, des relations toxiques…
La maladie est un manque de liberté: nous sommes enfermé(e)s dans nos images, nos croyances, les rôles que nous nous sommes imposés ou qui nous ont été imposés…

« Les cris du corps sont l’écrit de l’âme » Georges Lahy

Celle-qui-guérit nous invite à regarder notre vie. Sommes-nous en accord avec nous-mêmes? Vivons-nous de la joie malgré nos circonstances? Aimons-nous? Sommes-nous aimé(e)s?
Le corps malade n’est que l’expression vocale d’un cri intérieur resté silencieux et que nous avons décidé de ne pas, de ne plus, écouter.
Celle-qui-guérit nous enjoint de regarder notre intérieur, de faire notre ménage et d’enfin faire ces choix difficiles que nous repoussons depuis si longtemps.
Cette lune ne nous sera pas complaisante. Elle nous mettra en face de notre réalité et nous montrera la voie de la guérison. Cette guérison exigera de nous un changement de route, de façon de penser ou d’agir. Elle demandera des sacrifices et des renoncements. Et si nous y parvenons, alors la joie et la beauté retrouveront leurs chemins vers nous et ainsi nous pourrons guérir.
Notre corps est en perpétuel ajustement, tentant à chaque instant de garder son équilibre. Guérir, c’est retrouver cet équilibre. Comme le surfeur qui travaille fort jusqu’au moment où, sur la crête de la vague, l’équilibre ne demande presque plus d’effort et le plaisir traverse son être.

Si vous êtes malades, si vous vous sentez en perte d’équilibre, si vous avez l’impression d’être à contre-courant…
Si vous souffrez émotionnellement, physiquement,mentalement ou spirituellement…
Si vous n’avez plus de joie…
C’est qu’il y en vous des chambres sombres que plus rien n’éclaire. Faites entrer la lumière dans chacune de vos cellules; ouvrez ces portes rouillées; écoutez ces chants oubliés; ouvrez vos fenêtres internes au vent frais qui dépoussière et nettoie; ne vous cachez plus rien à vous même, montrez-vous tel(le) que vous êtes; permettez-vous de rêver et désirer à nouveau; apprivoisez ce que vous croyez être votre folie; sortez de vos carcans, de vos croyances; n’ayez plus peur; laissez la Vie prendre possession de vous et vous montrer le chemin.
Apprivoisez votre ombre et célébrez votre lumière : votre génie se cache souvent dans dans des recoins sombre et n’attend que l’occasion d’entrer en pleine lumière
Celle-qui-guérit éclairera vos pas.

Crédit photo: Carole Poirier

Aimes ton chemin!

Peut-être que tu crois que ton destin est tracé, que chaque pierre rencontrée, tes muses les y ont déposées.
Qu’avant le fleuve de l’oubli, tes expériences tu choisis.
Aimes ton chemin.
Peut-être que tu crois que tout est chaos et hasard et toi, bouchon de liège sur l’eau qui s’agite de tempêtes en tempêtes de calmes temporaires et de trop rares phares.
Aimes ton chemin.
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Racontes-moi

Racontes-moi un voyage.
Une contrée lointaine ou ta vie de quartier.
Des nourritures exotiques ou ta meilleure recette de pâté chinois.
Des paysages à couper le souffle ou ton petit coin de parc.

Racontes-moi tes chemins.
Ceux que je n’ai jamais marchés, ceux que j’ai à peine entrevus et ceux que je crois reconnaître.
Tu sais,là où tu as failli tomber; là où tu es resté(e) longtemps couché(e) attendant un matin que tu n’espérais plus; là où tu t’es blessé(e); là où t’es relevé(e); là où la nuit n’existe pas et cet autre là qui n’a jamais vu le soleil.

Racontes-moi un plateau.
Ces endroits qui t’ont vu(e) stagner et où tu as oublié que ce n’était qu’un moment pour observer la vue et se reposer; Quand tu as oublié que la vie n’est pas une ascension constante.
Quand tu as cru qu’il fallait être la (le) meilleur pour avoir une quelconque valeur.
Quand tu as pensé qu’arrêter c’était comme la mort.

Racontes-moi une solitude.
Ce sentier que l’on prend si étroit que deux ne peuvent passer de front.
Celui habité par d’autres et qui pourtant t’a trouvé(e) isolé(e).
Celui où même la main de l’aimé(e) serrée forte dans la tienne est comme un souvenir.
Tu sais, le lointain-proche, ou le proche-loin; quand il semble qu’il n’y a plus de lien même au milieu de la présence d’autrui.

Racontes-moi ta tribu de nomade.
Celle qui te suit dans tes méandres et te donne une raison d’avancer.
Celle qui applaudit tes efforts, et qui entoure de tendresse tes blessures.
Celle qui te connaît, dessus, dessous et dedans et t’aimes quand même.
Celle qui n’a jamais honte de tes faiblesses et se réjouit à l’ombre de tes forces.
Celle qui, comme un chien fidèle, continue de suivre tes pas sans jugement.

Racontes-moi un voyage intérieur.
Par où es-tu passé(e) ?
Comment as-tu retrouvé le soleil, au travers de tes nuits noires de l’âme?
Quel sourire est resté sur ton visage au travers de tes larmes?
Où as-tu trouvé le courage, ces nuits-là, de te relever une fois de plus pour cet enfant qui pleure?
Comment t’es-tu tenu(e) debout?
Comment t’es-tu redressé(e) dans toute ta dignité?
As-tu pris conscience de tes clairières? Ces endroits inondés de fleurs et de beauté qui sont tes beaux atours.
Cette lumière qui t’anime et murmure la présence de ton âme.
Cette bonté qui parle du coeur qui bat dans ta poitrine et honore la vie.

Racontes-moi ta vie, tes danses, tes voyages dans les sept directions.
Ainsi, je me connaîtrai un peu plus.

Paroles, Paroles, Paroles

celle qui raconte, 2017

Lune de Celle-Qui-Raconte

Mais qu’est-ce qu’elle dit?

La communication est au coeur de la relation. Relation à l’autre, à soi, au monde.
Notre cerveau est programmé pour les langues, n’importe lesquelles. C’est si vrai que les enfants en bas âges peuvent être facilement polyglottes.
La langue est notre moyen de dire, de nous dire et de nous entendre. Nous comprendre parfois, et, plus souvent qu’autrement, nous donner l’impression que l’on a ou que l’on est compris. Mais ce n’est pas certain.
En fait, la langue est un objet virtuel et elle évoque en chacun(e) de nous quelque chose de différent, parfois même radicalement. Car la langue est colorée. Pas juste par des accents que le vent qui souffle sur le territoire a sculptés; mais aussi par pleins de sous-entendus, de vêtements émotionnels, de lunettes culturelles et cultuelles. Par exemple un mot qui été rempli d’amour et de connotations positives nous paraîtra doux à nos oreilles et à notre coeur. Par contre, ce même mot, s’il a été « appris » autrement dans un autre contexte, suscitera des interprétations négatives pour un autre auditeur. D’oû tous les possibles des mal-entendus.

Les langues se développent en fonction de l’environnement, des besoins, de la culture. Une langue est vivante car elle change et s’adapte au fur et a mesure que le monde change. Apparaissent des nouveaux mots, des adaptions prises dans d’autres langues pour notre enrichissement à tous.
La langue forme notre psyché, notre façon de penser et d’appréhender le monde. C’est pourquoi les personnes qui parlent au moins deux langues ont un cerveau plus efficace.
Une langue traduit une compréhension particulière et certains concepts qui existent dans une langue sont peut-être inconnus dans une autre. Cela affecte notre perception du monde, notre construction identitaire, notre organisation sociale. Imaginons une langue où le concept même de jalousie n’existe pas… alors l’émotion même de la jalousie n’existe pas non plus! (Voir à ce sujet « Ces émotions qui nous fabriquent. Ethnopsychologie de l’authenticité » par Vinciane Despret.) Si la jalousie n’existe pas, alors il n’y aura pas de crimes passionnels dans cette société.

Nous sommes formé(e)s, informé(e)s, voire déformé(e)s par la langue. D’où l’importance d’une langue riche et pleine qui nous permettent de nous développer pleinement. Georges Orwell, dans 1984, amène bien ce concept dans cette « novlangue », une langue appauvrie aux concepts pervertis (« la liberté c’est l’esclavage ») qui rendent les gens de moins en moins capables d’éveils, de révoltes, de relations.
La langue est complexe, comme la vie. Vouloir trop simplifier notre pensée, nos opinions nous rends moins capable de voir ou de combattre la manipulation des médias, des politiciens, des multinationales qui savent manier le verbe mieux que bien d’entre nous.
L’art de la pensée, la capacité à décoder le langage, la capacité de préhension de l’abstrait nous donne une vision plus large, plus claire et plus tolérante.
La philosophie devrait faire partie de tout apprentissage depuis un jeune âge. Apprendre à comprendre, à débattre, à argumenter (dans le sens noble du terme), a réfléchir plus loin est un bien essentiel.
Ainsi, nous apprendrions à reconnaître les manipulations faciles, la langue de bois, les affirmations tendancieuses , les liens douteux que l’on nous tend parfois pour nous engager dans une direction plutôt qu’une autre.
Aussi, à un niveau plus personnel, nous pourrions reconnaître plus facilement les personnes toxiques, manipulatrices, perverses qui se cachent derrière des façons d’utiliser la langue qui rendent confus, détournent le sens ou le propos,sont incohérents quand on y regarde de près. Ces tournures de phrase qui jettent le doute car elles sembles contenir un compliment et une insulte en même temps; du vrai et du faux intriqué; des exagérations, des minimisations, du dénis, de la menace, du chantage et j’en passe.

Durant cette lune de celle qui raconte, posons-nous la question: qu’est-ce qui est réellement dit? Qu’est-ce qui est sous-entendu? Est-ce que ce qui est dit est cohérent? (entre le dire et le faire, par exemple. Entre l’expression faciale ou corporelle et ce qui est dit. entre une affirmation, une croyance portée comme une évidence et la réalité…)
ET quand je parle: est-ce que ce que je dis est au plus proche de moi-même? Quel est le sens que j’attribue à ce que j’entends? Est-ce que je me tiens responsable de ce que j’entends? Suis-je conscient(e) de ce que j’émets et de ce qui arrive chez l’autre?

Que votre parole soit impeccable! nous invitait Don Miguel Ruiz dans son livre « Les 4 accords toltèques »
Alors au boulot!

Écoute que coûte!

11 août 2017, Lune de Celle-Qui-Écoute, vent du Visionnaire

Écoutes ce que je te dis! Traduire: fais ce que je te demande.
Écoutes-toi parler! Traduire: ce que tu dis n’est pas bien.
Il y en a qui s’écoute un peu trop! Traduire: se mettre en priorité n’est pas bien.

Depuis le berceau, la plupart d’entre nous avons appris à ne pas écouter; et aujourd’hui nous en sommes devenu(e)s sourd(e)s.

Nous voilà fraîchement arrivé(e)s que déjà on enseigne à nos parents à ne pas « trop » écouter nos peurs, nos angoisses, voire nos cris de désespoir.
Certainement depuis le Dr Spock, dans les années soixante, la société occidentale a entrepris de « mater » ses bébés. Les mettre à l’horaire d’un boire au 4 heures et d’une nuit d’au moins huit heures. De ne pas trop les prendre, de ne pas céder à leurs « caprices » et surtout de ne pas se laisser « manipuler’ par cette petit boule hurlante qui doit être mise au pas le plus tôt possible.
Et puis la domestication continuera, inexorablement. On sera forcé de rester assis(e) à table , à l’école, durant le spectacle ou la lecture à la bibliothèque.
On devra avoir faim quand c’est l’heure de manger; avoir envie de pipi quand c’est le bon moment ou alors se retenir; à être malade les fins de semaines pour ne pas perturber le travail ou l’école ou bien y aller malgré nos malaises…faudrait pas trop s’écouter! sinon, où irait le monde?

Nous voilà adultes. Sourd(e)s à nous-mêmes, à nos besoins, à nos rêves, à nos désirs, aux frémissements légers de nos coeurs meurtris et de nos âmes en souffrance. Nos peurs deviennent alors les gardiennes de nos révoltes. Elles nous empêchent, nous envahissent, nous font hésiter, trébucher…elles nous alertent que tout ne va si bien dans nos vies trop huilées.
Nos insatisfactions deviennent les fenêtres qui tentent d’éclairer nos manques véritables: manque de lien, de reliance, de se sentir compris(e)s, accepté(e)s, utiles, valorisé(e)s comme membre à part entière d’une tribu malheureusement disparue.

Nous n’avons pas été écouté dans nos besoins de bases. Ensuite, nous avons été éduqué à la surdité intérieure.
Pas étonnant qu’il soit si difficile de s’entendre. De s’entendre soi-même et d’entendre l’autre.
Comment être complètement présent(e)s à l’autre quand notre propre intérieur crie: oui, mais moi aussi, je souffre. Oui, mais aussi j’ai vécu des choses terribles et personnes ne m’a écouté. Oui, mais moi je ferai comme ci. Oui mais moi c’est pire. Moi, moi, moi…et nous ne sommes même pas assez égoïstes pour prendre soin de nous même de manière juste, équilibrée et belle.

Comment écouter la nature, quand la nôtre est ravagée? Nous traitons la nature externe comme nous avons appris à traiter notre nature interne.

Car pour écouter l’autre, il faut ouvrir en Soi un espace qui n’est pas rempli de nous-mêmes. Il faut savoir faire une juste abstraction de notre petit moi pour réellement recevoir l’autre, ses interrogations, ses souffrances, ses peurs, ses joies et peines. Si les miennes font obstruction, alors mon oreille se voile et déforme les propos, attribue des intentions et des jugements, traduit mal le sens de ce qui est offert par l’autre qui se donne dans sa parole.

Une juste écoute devra passer par celle que nous nous accorderons d’abord à nous-mêmes. Offrons-nous du temps, régulièrement, pour faire le point. Pratiquons l’auto-empathie, l’auto-écoute avec bienveillance. Enterrons la hache de guerre que nous entretenons avec les parties de nous que nous avons exilées, jugées inadéquates, rejetées car elles nous mettent face à notre impuissance, nos failles, nos blessures. Trouvons des lieux et des personnes qui savent nous écouter avec le moins de filtre possible.Une écoute vivante, présente, accueillante.

Libérons notre propre écoute de ses entraves.

Au fur et à mesure que s’apaisera notre intérieur, nous pourrons alors réellement tourner une oreille bienveillante vers l’autre, la nature et le monde. Et enfin, entendre jusqu’à la conscience. Si nous ne pouvons plus faire la sourde oreille, alors cela peut changer notre monde.

Crédit Photo:mliu92, Fennec Fox 6027, dans Flickr

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