La troisième lune: Je suis Moi.

IMG_0197Lundi le 3 août 2020, nous entrons dans notre 3ième lune : Je suis Moi.

L’enfant a grandi, elle explore son environnement. Elle marche, cours, saute, grimpe, parle…
L’enfant a des désirs, plus seulement des besoins, il commence à se définir non pas seulement en terme d’opposition (je suis séparé de toi) mais en terme de JE.
L’égo, la personnalité, le caractère, se construisent. L’enfant a besoin d’être vu(e), regardé(e) et entendu(e). Il cherche l’image de lui-même dans le miroir-reflet qu’il reçoit des autres. Il-elle est donc très fragile, très sensible à l’approbation de son entourage. C’est « maman, papa, regardez-moi! ». Les regards désapprobateurs, les commentaires dévalorisants,les situations injustes, les mensonges qu’on lui fait, ainsi que les abus et violences sous toutes leurs formes vont avoir un effet désastreux sur cet être en pleine construction.
À l’inverse, un miroir grossissant qui l’exalte, le met au-dessus des autres (tu es le meilleur!la plus gentille!la plus intelligente!…) et ne correspond pas à une réalité relativement juste laissera aussi ses traces en lui conférant une image démesurée de lui-même.
Les miroirs déformants (les pires) seront des miroirs où l’enfant ne sais jamais à quoi s’attendre: il est bon aujourd’hui, mauvais demain.Il se retrouve dans des doubles contraintes, c’est-à-dire des situations ou il n’y a pas d’issue, où, quoiqu’il fasse il est dans l’erreur; dans des situations incongrues où on le laisse faire quelque chose et il est puni ensuite de l’avoir fait . L’enfant ainsi miroité reçoit constamment des messages contradictoires aux conséquences néfastes. Il ne sait plus s’il est aimé ou pas, s’il est bon ou pas, et même ce qui est bon un jour peut devenir mauvais le lendemain sans qu’il puisse comprendre ce qui à changé. Il n’y a d’ailleurs rien à comprendre puisque les miroirs déformants sont incohérents.

L’enfant de cet âge a un sens aigu de sa parole. Sa parole donné est un contrat. Il s’attend à ce que les adultes fassent ce qu’ils disent et surtout tiennent leurs promesses. La trahison de la parole donnée les blesse et il vaudrait mieux ne promettre que ce que nous sommes raisonnablement sûrs d’accomplir.

C’est aussi un enfant curieux qui va poser mille « pourquoi » par jour, au point de peut-être en exaspérer ses parents.
Pourtant, c’est un moment fertile, un moment d’expansion et d’ouverture à la découverte. Dans le meilleur des mondes il-elle trouverait des réponses relativement simple (adapté à son âge) même aux questions difficiles: pourquoi le chat est mort? Comment le bébé il rentré dans ton ventre? Où j’étais avant d’être dans ton ventre?…
Il y aurait le souci de l’aider à construire son monde en lui répondant patiemment, honnêtement (je ne sais pas où tu étais avant d’être dans mon ventre, j’ai la croyance que…), en comprenant que pour l’enfant de cet âge l’adulte est un Dieu tout-puissant et omniscient. Il est bon alors de montrer que nous ne pouvons pas tout, que parfois nous ne savons pas, que pour certaines choses il n’y a peut-être pas de réponse. En acceptant de se montrer avec ses failles, l’adulte permet ainsi à l’enfant de ne pas être parfait lui non plus.
L’adulte se doit aussi de nommer les choses qui entoure l’enfant. Et plus les adultes alentour seront patients et répondants plus l’enfant se développera. Ainsi, un parent capable de nommer les émotions que l’enfant ressens (Oh, je t’ai fait peur en entrant brusquement dans ta chambre-devant les yeux écarquillés de l’enfant-, ou bien tu pleures parce que tu as mal parce que tu es tombée; oui, je vois bien que tu es en colère que je te refuse ce bonbon), permet à cet enfant de développer son vocabulaire émotionnel. Et l’enfant évoluera dans un monde qui fait sens pour lui ou elle. Il pourra développer des chaînes logiques d’actions, de pensées, d’émotions, de compréhension du monde qui l’entoure et des relations entre les choses et les gens.
Son moi construit,non-construit ou mal construit sera le sol sous ses pieds pour sa croissance futur.

Savez-vous différencier vos désirs de vos besoins?
Êtes-vous capable de vous auto-réguler?
Êtes-vous capable de maîtrise de vous-même? (à ne pas confondre avec le contrôle…)
Savez-vous qui vous êtes?
Vous connaissez-vous bien?
Avez-vous de l’amour pour vous-même?
Êtes vous conscient(e) de votre juste valeur? Sans orgueil mal placé ni fausse modestie?
Osez-vous vous montrer tel(le) que vous êtes?
Êtes-vous patient(e) avec vos apprentissages? Ceux des autres?
Êtes vous assez solide intérieurement pour reconnaître vos erreurs et vos fautes?
Savez-vous vous protéger et sortir de situations malsaines?

Si la réponse est non, c’est la troisième lune dont vous aurez à prendre soin en vous afin de bâtir une personnalité suffisamment forte pour osez prendre des risques et suffisamment aimante pour honorer votre valeur.

Crédit photo: Carole Poirier

L’usage des crises…

En ces temps de « crise »…

 » L’anthropologue David Bidney évoquait un ‘complexe de la crise perpétuelle’ pour qualifier l’habitude des élites politiques de recourir à des discours de crise pour discréditer et réprimer les forces contestataires, présentées comme la cause de la crise en question et donc comme une menace à l’ordre social.Un discours de crise peut paraître crédible même s’il n’y a pas de réelles turbulences et même si le système n’est pas déstabilisé ni menacé. De même, des problèmes sociaux très importants peuvent être ignorés, alors que de faux problèmes ou des problèmes mineurs peuvent se voir accorder la priorité, selon les manoeuvres de politiciens et de mouvements sociaux et les choix des médias, très friands de ces sujets. Ce discours de crise est une manoeuvre politique qui sert les intérêts de qui le produit, de qui est victime et de qui mérite de l’aide. En d’autres mots, le discours de crise est en encouragement à l’intervention, à la réaction. »
Francis Dupuis -Déri
Dans: La crise de la masculinité, les éditions du remue-ménage

Protégé : LE VENT DU NOMADE

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Deuxième lune: Je suis séparé(e) de toi

je suis séparé.e de toi


Le 5 juillet 2020 nous entrons dans notre deuxième lune: je suis séparé(e) de toi.

Après l’étape fusionnelle du début de la vie, l’enfant commence ses premiers pas vers l’autonomie. Il ou elle prend conscience que sa mère et lui sont deux personnes différentes. Il mesure cet abîme et veux commencer à explorer le monde. Elle va s’éloigner de sa mère et revenir, jouant proche et puis plus loin pour apprivoiser cet espace et vérifier que sa mère est toujours là, malgré la distance.
Certaines mères vivent bien le désir d’exploration de leur petit, d’autres voudraient le ramener dans la fusion. Certaines vont avoir peur de tout et retenir sans cesse l’enfant qui tente de faire du sens avec le monde qui l’entoure. D’autres encore, fragiles dans leur ego, risquent de rejeter cet enfant qui tente de prendre une forme d’autonomie en disant « non » « faire tout seul »…
C’est aussi le début de la communication. L’enfant doit maintenant exprimer ses désirs, pleurer ne suffit plus à lui apporter ce qu’elle désire. Parfois la frustration de ne pas être comprise quand elle désigne un objet la pousse à dire le mot qui le représente.

Maintenant adulte, cette lune nous donne l’occasion de travailler cette étape très importante de la séparation. Nous venons de vivre la fusion, le paradis terrestre où nous n’avions besoin de rien. Nous sommes venus au monde et cette fusion s’est prolongée un moment (dans le meilleur des cas, bien sûr). Maintenant les bras de maman sont « trop petits » comme l’était son ventre il n’y a pas si longtemps. Le monde nous attend! Et quel monde! Mystérieux, grandiose et magnifique; étrange et dangereux; fascinant et merveilleux. Qu’il est immense! Notre curiosité naturelle nous pousse maintenant à chercher à comprendre; nos jeux serviront l’apprivoisement de cette vie, de cette nature et de ces lois: les choses lâchées tombent, apprendre à marcher c’est apprendre à ne pas tomber, tomber fait mal mais on fini par se relever; il y a des choses qui se mangent, d’autres non; des animaux de compagnie mais aussi des bêtes qui piquent ou qui mordent; des couleurs, des goûts, des sons, des sensations. Explosions sensorielles, brouhahas et tourbillons d’apprentissage multiple. Wow, quel terrain de jeu!

Comment s’est vécu cette période pour vous?

Pour le savoir, observez ce qui se passe dans vos relations. Nous abordons nos relations de la même façon, en commençant par la fusion, le « nous » et le confort de trouver un(e) partenaire qui nous ressemble. Nous sommes pareils…et puis…ça change. Les petits travers que je trouvais mignons au début m’énervent. Il ne semble plus me comprendre…Elle a changé…je ne l’aime plus comme avant…il n’a plus de sentiments amoureux…il ne me devine plus…blablabla.

La « séparation » nous fait prendre conscience de nos différences là où la fusion nous ramenait à nos semblances.
Comment est-ce que nous vivons cette distance ? Sommes-nous capable d’apprécier nos différences? Ou bien est-ce que cela nous heurte, nous inquiète, nous dérange? Où est passée notre curiosité naturelle? Nos désirs d’apprendre? Notre spontanéité à aller vers l’autre?

Est-ce que j’ai la nostalgie de la fusion? Alors je risque de rompre pour me perdre à nouveau dans une nouvelle fusion…
Suis-je capable de boire du même vin mais pas dans la même coupe comme le disait Khalil Gibran?
C’est l’étape cruciale de définir mon unicité face à celle de l’autre; d’apprendre à communiquer sur un mode plus autonome; de tenter d’accepter l’autre tel qu’il(elle) est sans essayer de le changer
Suis-je capable de demander ce dont j’ai besoin? Suis-je capable de recevoir? De donner? De refuser?
Je dois apprendre à me définir par rapport à l’autre.
Et cela ne devrait pas mettre la relation en danger, si l’autre est aussi capable de se définir par rapport à moi.

Et ayons comme but d’être comme « les piliers qui soutiennent le temple se dressent séparés, Et le chêne ne s’élève pas dans l’ombre du cyprès » Khalil Gibran, Le prophète.

Comme des cyprès. Si près. Pas trop. Sans chaîne.
(Quelle belle langue que le français qui permet ces jeux de mot et nous révèle ainsi des sens profonds!).

Ho!

Crédit photo: Carole Poirier, lune du 4 juillet 2020

La première lune: Je suis Toi

le 5 juin 2020, en éclipse

Nous entrons dans un nouveau cycle de 13 lunes avec la première lune de ce cycle. Ceux et celles qui suivent mon blogue depuis deux ans ou plus, ce sera pour vous une révision. Pour les autres, bienvenue dans le monde fascinant des influences lunaires!

JE SUIS TOI

La première lune nous parle de la Fusion de laquelle nous venons. Au début, nous sommes Un, unité, indivisé(e).
Nous sommes cré(e)es dans la matrice maternelle, et il n’y a pas de différence, pour nous, entre notre mère et nous.
Ce que ma mère vit, je le vis aussi. Ce qu’elle ressent, je le ressent.

Il n’y a pas différence entre le monde qui m’entoure, mon univers, l’utérus et moi-même.

Si ma mère vit des stress, je les vis comme un tourbillon passager et je ne m’interroge nullement. C’est la vie.
Même si ces stress laisseront une trace en moi, même s’ils sont une information importante pour mon développement futur, pendant que je suis dans le ventre de ma mère, ils ne sont que des tempêtes qui passent.

Je n’ai pas faim. Je n’ai pas froid. Je vis selon un rythme interne sans conflit.
C’est l’Éden, jardin mystérieux et mythique où mes besoins sont comblés avant même que je ne ressente le manque. Je ne respire pas avec mes poumons. Je ne fournis aucun effort, je flotte en tout confort et en toute sécurité.
Je porte en moi cette fusion, comme un rêve dont je tente de me souvenir.
C’est ce jardin que toute notre vie nous aspirerons à retrouver.

Les débuts de toutes nos relations seront à l’image de cette fusion: intense, immense, avec ce désir de se fondre dans l’autre, d’être totalement connu(e), d’être deviné(e) sans avoir à parler, de voir notre égo se dissoudre et de retrouver, du moins momentanément, l’extase, la connexion, libre de toute inquiétude, de tous questionnements, de toutes sensations de distance, de différence, de séparation.
C’est pourquoi les lunes de miel relationnelles sont si prenantes et que tant d’entre nous veulent les maintenir quitte à changer de partenaire, d’ami(e) ou de travail pour revivre à nouveau cette Fusion ultime.

Ce désir profond d’être sans avoir à être.

Cet appel vers notre étoile et la sensation de « rentrer chez soi ».

Refaire enfin Un, Uni(e), avec l’uni-vers.

Qu’il nous semble beau cet Éden! Comme cette éviction est douloureuse!
Pourtant, si ce jardin nous est aujourd’hui fermé c’est qu’il y a tant de choses à apprendre. Nous devons goûter à l’Arbre de Vie et à l’Arbre de la Connaissance.
Et c’est seulement avec notre conscience, présente et développée, mature et méritée, aimante et guérie que ce jardin nous sera rouvert et que nous goûterons à nouveau ses Fruits.
Nous portons cet éden en nous; c’est à nous de retrouver le chemin qui nous y mènera et nous pourrons ainsi refaire de la terre un Jardin.
Un jardin à l’image de ce premier jardin, et non comme le miroir de nos tourments présents.
Cultivez la bonne terre en vous; sentez ce qui vous unit à Toute la Création; ressentez la parenté, la filiation avec Toutes Vos Relations (frères et soeurs humains, animaux, végétaux,  forces naturelles, mondes invisibles); partagez de bons fruits; compostez sans relâche vos blessures et difficultés.
Et, un matin, vous trouverez ce même jardin au-dehors.

crédit photo: Teemu Lahtinen ‘moonlight at Kaukonen,Lapland,Finland’

Ma Joie demeure

jardin botanique de Montréal


15 mai 2020, Vent du Rêveur, lune de Celle-Qui-Devient-Une-Vision

« La Présence ne séjourne pas dans un lieu de tristesse, mais dans un lieu baigné de Joie: s’il n’est pas de Joie, la Présence ne réside pas dans un tel endroit » Zohar1-180b, Cité par Georges Lahy, dans son livre: Le Trône de Joie

Tristes temps pourrions-nous dire…qu’est-ce que l’avenir nous réserve?…le monde va mal…la récession s’en vient, vite on fait des réserves!…on va manquer de tout…c’est terrible ce qui se passe…oui.

Mais cette tristesse est comme un aspirateur à joie. Pire, c’est un aspirateur à Joie. Il y a la joie et la Joie. La joie simple est celle qui vient de l’extérieur; apportée par une personne, une chose, un événement. Mais elle reste dépendante de l’apport du monde vers nous. Spinoza l’appelle la joie passive…et puis il y a la Joie. Georges Lahy l’appelle la Joie Sans Cause.

Il y a en moi un lieu sacré; inviolable où règne, comme le dit si bien mon amie Nathalie Limauge, un soleil invaincu. Et une nuit étoilée de silence et de plénitude. Et une certitude qu’une partie de moi demeure au-delà de l’espace et du temps. C’est la joie d’être en vie, tout simplement. Le plaisir de respirer et d’avoir mes sens en éveil. De pouvoir, aujourd’hui encore, participer , danser et chanter avec la création. Ne suis-je pas fille (fils) des astres, et de la Nature? N’ai-je pas en moi la Mémoire du Monde? La vie qui me traverse est la même que celle de l’oiseau, de la plante ou du mammifère. Seule sa forme diffère. Cette Joie-là engendre la gratitude et me rappelle le privilège profond que j’ai, en cet instant même, de pouvoir encore exprimer la vie dans ce merveilleux jardin.La joie est une fontaine qui jaillit naturellement quand mon âme est paisible.
L’enfant Sait cette Joie. C’est pourquoi nous aimons tant les regarder découvrir le monde, les entendre rire de tout leur être.

Et puis, nous apprenons que la vie c’est du sérieux. C’est pas drôle. Il faut gagner sa vie. Trimer dur. Faire des sacrifices. Accepter la tristesse et le malheur. C’est la vie, dit-on.
Alors nous nous encombrons de croyances, de souvenirs douloureux, d’injonctions délétères; nous achetons le cauchemar ambiant. Notre regard s’éteint. Notre Joie se trouve en dessous de tout ce bardas, de toutes ces impedimenta (bagages encombrants qui retarde la marche d’une armé, par extension ce qui entrave le mouvement-dictionnaire-). Nous finissons par oublier qu’elle existe. Nous finissons même par oublier que nous l’ayons jamais sentie. Alors nous compensons par de la joie passive, consommatrice, éphémère, toujours à recommencer et finalement sans satisfaction profonde.
Le marasme ambiant nous entraîne dans l’oubli. L’oublie de Qui nous sommes profondément; d’Où nous venons et Pourquoi nous sommes ici, dans cette vie, à ce moment particulier de notre monde. Le marais, le sable mouvant, nous aspire vers le fond et nous rend aveugle à notre privilège d’être vivant.e. Nous ne savons plus célébrer, danser, chanter, partager. La peur a pris la place de la confiance; les doutes parsèment nos désirs et rendent l’amour indifférent et la compassion dangereuse. L’humanité se blesse en nous quand nous sommes empêché.es d’agir dignement, moralement et éthiquement. Quand nous sommes obligé.es de participer, de collaborer, sous la menace de représailles et la peur de conséquences funestes, à une façon d’agir qui blesse en nous et en l’autre, l’amour-propre.Alors nous sombrons un peu plus dans l’oubli; dans le puits profond qui nous fait sentir impuissant.es et nous rend apathiques, anesthésié.es ou, pire encore, fait de nous des automates obéissants, au sens critique diminué et aux émotions atténuées ou perverties.
La tristesse est l’arme des puissants pour nous soumettre. La peur, la menace et la confusion sont leurs moyens. La distraction (positive ou négative) nous distance de nous-mêmes et de notre sagesse intérieure. Notre envie de ne pas avoir de responsabilités nous mets entre d’autres mains que les nôtres. La peur de faire du mal (qui est une bonne chose en soi) et d’être la cause du malheur de l’autre inhibe notre pouvoir d’action et de décision. Cela fait de moi une bombe à retardement et de l’autre un ennemi potentiel, porteur inconscient d’une mort sournoise possiblement inéluctable. L’illusion que la sécurité absolue est possible, que nous pouvons tout contrôler avec des efforts et des sacrifices, nous confine. Dans un tel contexte, le joie semble improbable, voire suspecte et inappropriée…Une chance que les artistes de ce monde nous rappelle à la beauté, la créativité et à rire de devant nos peurs!

Car la plus petite lueur fait éclater l’obscurité. Car l’obscurité n’est rien en elle-même; elle n’est que l’absence de lumière. Même le début de la joie crée une lumière en nous. Et un rire libre fait trembler les dominant.es.

Secouons-nous! Notre Joie appelle la Présence. La Présence nous remplit de Joie même au milieu des difficultés de la vie quotidienne. Regardez faire les plantes: même un peu de terre au milieu de l’asphalte est une belle excuse pour mettre de la vie. Regardez les animaux: avec quelle aisance ils retrouvent la tranquillité après un moment de peur, et la gaité après une maladie. Regardez les enfants: ils savent trouver le merveilleux dans une goutte de pluie qui glisse contre la vitre.
Souvenez vous: votre coeur ne bat pas pour lui-même. Il bat pour tous les autres organes de notre corps; pour que la vie continue. Pour que la joie demeure.Pour trouver un espace juste entre prudence et confiance dans l’ordre naturel des choses. Revenez à l’endroit où les humains se savent lié.es avec toute la création et se souviennent qu’ils sont vivants avant d’être mortels. Que la mort qui accompagne chaque instant de nos vies vous rappelle à votre Joie. Elle sera un meilleur guide dans votre vie. Elle fera que le chemin lui-même reste bon même quand il est ardu. Votre Joie est un chemin qu’il ne faut pas confondre avec une destination lointaine, que vous mériterez peut-être plus tard. Si vous ne la trouvez pas en chemin aujourd’hui, qui peut dire comment elle arriverait demain? Ce n’est pas une caisse de retraite: payez maintenant et profitez plus tard. il n’y a jamais de plus tard garanti.

Ma joie demeure. Car sa demeure existe en moi. Parce que je la cultive, la protège et en prends soin comme de la plus belle fleur du monde.

Runes 1, Atelier avec Nathalie Limauge

Les Runes
Atelier d’initiation- niveau 1

Les runes font partie d’un autre alphabet sacré, celui d’Europe du Nord. Leur étonnante richesse fait partie de leur extrême simplicité. L’esprit des runes, qui, de tout temps, manifeste le dialogue entre les hommes et les dieux, est aussi un messager.
Mal comprises, comme les sorcières…car comme ces femmes de puissance, elles savent guérir, régénérer, guider. Les runes transpirent leur appartenance au monde, leurs liens avec les éléments, leur quête de sens. Elles sont l’héritage que les Anciens avaient de leur relation étroite avec la nature  et qu’ils nous ont laissé pour mieux naviguer nos vies, encore aujourd’hui. Elles se gravent avec des spirales de brume, au milieu des racines de bruyères et des toiles d’araignées perlées de rosée. Elles réveillent le souvenir de la souveraineté en nous.
Cet outil de vision participe, chez la sourcière, à l’harmonie du monde, en permettant de changer notre regard sur les choses, en se donnant la permission d’être souverain.e de nos vies. Cette ouverture d’esprit participe à ce qui nous rend libres, prêts à rencontrer l’inattendu et le merveilleux à chaque instant de notre vie.

Au cours de ces 3 journées en personne , nous aborderons les thèmes suivants
Légende des Runes
Introduction à la mythologie nordique (les Ases, Les Vanes, les conceptions lunaires et solaires, etc.)
Le Chemin Initiatique à travers les Runes (la base 8 des runes, la signification de chacune et leurs symboles)
Introduction au caractère magique des runes (l’art des talismans, les runes couplées, les rituels avec les runes).
Les Neufs mondes de la métamorphose (runes cachées, familles d’âmes, liens avec les cristaux).

Vous pourrez confectionner votre propre jeu de runes

 

QUAND: les 29, 30 et 31 janvier 2021 de 18h à 20h30 le vendredi soir et de 9h30 à 16h30 les samedis et dimanche
OÙ?:Eastman, en présentiel
Coût: 350$
Le paiement complet réservera votre place.
Date limite de paiement: le 10 décembre 2020
Limité à 16 participant.es.

Le site de Nathalie Limauge: http://www.roseor.net

Pour plus d’informations et inscriptions, Contactez Nadeije Athlan (lien cliquable): athlan.nadeije(at)gmail.com

Vivre Debout


lundi 27 avril 2020, Vent du Rêveur, lune de Celle-Qui-Se-Tient-Debout

La verticalité des primates nous différencie des autres mammifères. Nous sommes comme des arbre qui marchent, qui se dressent vers la lumière, qui grandissent vers le haut, qui prennent des années à pouvoir enfin défier la gravité qui voudrait les maintenir à l’horizontal. Cette verticalité affecte notre façon de voir le monde, de nous relier à la nature, et d’interagir entre nous.
Cette même verticalité a inspiré notre tendance à la hiérarchisation, cette vision pyramidale et délétère de nos sociétés dites modernes. Là, où les tribus, les clans et autres peuples liés à la terre favorisait le cercle, nous avons créés des niveaux, avec les « meilleur.es » en haut et les autres en dessous; les grand.es en haut et les petit.es en bas. Avec comme mesure suprême, le top du top: l’homme blanc riche et puissant…à partir de ce point tous-tes les autres descendent…Et nous sommes si aveuglé.es par leur discours que nous oublions que leur place au sommet tient simplement de la chance, du hasard, d’une combinaison de circonstances et non pas d’une supériorité, morale ou autre, quelconque. Nous sommes hypnotisé.es et par le fait même nous avons de la difficulté à voir comment nous collaborons à ce qui nous écrase tant nous cherchons, nous aussi, à monter dans la pyramide.

Alors nous rêvons. nous rêvons de nous tenir debout, de nous redresser dans toute notre dignité, de ne plus nous laisser marcher dessus. Pour certains cela se fera dans une forme ou une autre de violence; pour d’autres ce sera un long processus de reprise de pouvoir intérieur; et certain.es resterons dans un sentiment d’impuissance acquise à simplement fantasmer d’une vie plus droite, plus debout.
« Serait-il impossible, de vivre, debout? » chantait Jacques Brel.

Impossible, non; difficile oui. Nous avons été domestiqué, comme le dit si bien Don Miguel Ruiz. Domestiqué par la peur, par la honte, par la violence, par notre besoin d’être aimé.e, de nous conformer au groupe pour en obtenir la protection; domestiqué par la récompense, la compétition, l’appât, l’envie, le désir de posséder; domestiqué oar des choses qui ressemble à l’amour mais n’en sont peut-être pas.
Nous rêvons de liberté physique, émotionnelle, mentale et spirituelle. Nous rêvons de pouvoir être qui nous sommes, dans notre singularité tout en étant accepté.e tel.le quel.le par notre famille, notre groupe, notre tribu, notre société.
Nous nous imaginons en train d’exiger de nos boss, nos gouvernements, nos parents, nos partenaires, le respect, l’écoute ou la compréhension. Nous nous racontons que « nous » si nous étions dans telles ou telles positions, nous ferions mieux; nous ferions ce qu’il faut faire; nous serions courageux.ses et indomptables.
Mais la réalité est tout autre. Quand vient le temps de nous affirmer, de prendre des risques et d’honorer nos valeurs les plus élevées, c’est souvent la peur qui gagne: peur de l’autorité, du conflit, des conséquences, des représailles, de la perte du peu que nous avons…mais cela aussi vient de notre domestication.
Il y a quelque chose de rassurant dans notre soumission, mais c’est aussi une illusion. Comme l’enfant violenté ou la femme battue, nous nous faisons croire que notre soumission achètera la paix. Ça ne marche jamais.
Et pour ceux et celles d’entre nous qui essayent de se redresser par la violence, il n’y a qu’une révolution, c’est-a-dire un retour vers le même équilibre qu’avant: ce sont de nouveaux puissants à la barre, mais fondamentalement rien n’a changé.

Pendant cette lune et ce vent, pendant cette danse céleste qui nous murmure à l’oreille « tiens-toi droit.e, redresses-toi, marche la tête haute », il est bon de nous interroger sur notre dignité intrinsèque, celle que personne ne peut nous ôter; celle qui vient de notre humanité, de notre âme, du fait simplement d’être en vie. Puis celle qui se bâtit au fil du temps, au fil de nos choix, quand nous avons réellement des choix; celle qui vient quand nous retrouvons notre pouvoir; quand nous sortons de notre domestication, du rêve malsain de notre monde, de ce que Don Miguel Ruiz appelle le mitote.
Retrouvons le cercle sacré où toute vie est sacrée.Où notre dignité n’est pas à faire. Renouons avec notre centre, notre valeur, notre grandeur d’âme. Nous sommes honorable d’Être. De là nous trouverons notre voie d’action dans le monde. Que ce rêve de nous ternir debout nous porte à agir différemment, afin de l’ancrer dans le quotidien, dans le réel,pas seulement dans un fantasme personnel. Ce que nous nous accorderons comme dignité sera aussi celle que nous accorderons aux autres, à la vie elle-même.
Debout, assis.e, couché.e…ce sera la même dignité!

«Le monde est un endroit sécure» !?!


21 mars 2020, Vent du Guerrier, Lune de Celle-Qui-Louange

(avertissement: cet article est long…ce n’est pas gagnant dans notre ère de consommation rapide. Si vous êtes préssé.es, le résumé est pour vous.)

Sujet: crise du coronavirus Co-Vid 19 et trauma

Résumé

Les travaux de Ronie Janoff-Bullman sur la guérison des traumatismes nous offre un cadre de référence pour traduire les événements que nous vivons et en minimiser l’impact individuel et social. Je vais tente, à travers ce texte, de vous donner des clés pour changer votre narratif interne et des outils pour mieux traverser cette crise, et les crises en général. Je m’appuie sur le livre Shatterred Assumption, mais mes descriptions et interprétations n’engagent que moi-même.

L’autrice, qui a beaucoup travaillé avec les victimes de traumas, a dégagé 3 croyances-piliers (traduction libre de «basic assumption») autour desquels les humains se construisent pour faire face à l’incertitude:
Je suis une bonne personne(j’ai de la valeur)
Le monde est un endroit sécure
La vie a un sens
Tout ce qui perturbe ces croyances de bases (qui sont des croyances et non des vérités, vous aurez compris)est potentiellement traumatisant pour la personne qui les vit. Les pires traumatismes sont ceux qui bousculent, affectent ou carrément détruisent ces trois croyances-piliers. C’est ce qu’il faudra reconstruire, sur de meilleures fondations, pour apaiser, voire guérir, de nos traumatismes. Je vous offrirai quelques solutions en dernière partie de cet article.

Les croyances-pilier

Nous vivons dans un monde incertain, peuplé de dangers et de mystères. Nous apprenons plus ou moins rapidement que la vie est fragile et mortelle. Alors nous avons besoin de trouver un sens à notre existence pour pouvoir nous lever le matin et participer à ce monde.
Pour y arriver, nous nous construisons autour des 3 croyances-pilier mentionnées plus haut. Nous avons besoin de croire en notre valeur, en l’idée d’un monde sécuritaire et dans celle que la vie est plus que le simple fruit du hasard et de coïncidences.
Mais comme ces croyances sont «fausses» elles se retrouvent régulièrement ébranlées et éprouvées par le réel.
Par exemple, je ne suis pas qu’une bonne personne; ou pas toujours bonne; ou ma valeur n’est pas forcément reconnue. Parfois je blesse les autres, j’agis au détriment des autres ou au mien. Je ne sais pas toujours quoi faire. Je ne suis pas parfaite.
Je me rends compte quelque fois que le monde n’est pas sécuritaire: il y a les catastrophes naturelles, les guerres, les agressions, les inégalités sociales etc.
Enfin, il peut m’arriver de ne pas trouver de sens à cette vie, à mon rôle sur cette terre, à ma raison d’être, à l’idée du mal, de la violence, de l’injustice etc.
Sans trop m’attarder sur chacune de ces croyances, je vais plutôt me concentrer sur celle qui agite notre société qui fait face au coronavirus. Comprenez que cela pourrait s’appliquer à n’importe quelle crise, d’où l’avantage-et même la nécessité- d’adresser ce sujet. Car d’autres crises viendront et si nous voulons traverser les tempêtes sans rester traumatisé.es, sans rester en état de choc et sans devenir des demi-vivants facile à contraindre et à contrôler, égoïstement replié.es sur notre petite personne, il nous faut comprendre ce qui nous arrive et comment en ressortir. La résilience, ça se développe.

Le monde est un endroit sécure ?!

Nous avons besoin de croire que le monde est un endroit sécuritaire; que nous serons protégé.es des dangers, que nous pouvons faire confiance aux autres, à la nature; qu’il ne nous arrivera rien de mal; que quelque chose veille sur nous et viendra à notre rescousse quand nous en aurons besoin, toujours.
Puis la vie nous montre une autre de ses faces: le monde n’est pas sans risque. il n’y a pas de sécurité absolue. Nous n’avons pas le contrôle que nous croyons avoir ou que nous aimerions avoir sur nous-mêmes, les autres, l’extérieur, la vie, notre corps etc.
Il y a de l’instabilité sociale, des inégalités, des catastrophes naturelles, des guerres, des méchant.es, des injustices, des aberrations, des accidents, des maladies, et des virus contagieux…
Et voilà notre pauvre certitude-pilier ébranlée. Nous commençons par de l’inquiétude, puis la peur s’empare de nous et vient ensuite la panique qui peut engendrer de la violence, des comportements de fuite et d’évitement ou de la sidération, qui est une forme de paralysie. Cela peut se produire au niveau physique, mental, émotionnel et même spirituel. Quand nous sommes en état de survie nous redevenons des animaux à la merci de notre instinct et il devient difficile de rester posé.e, calme, rationnel.le,empathique, aidant etc.
Si cet état se maintient trop longtemps, les conséquences pourraient être de plus en plus graves et les séquelles de plus en plus profondes. (Imaginez, par exemple, les choix déchirants que doivent faire les médecins traitants qui se retrouvent dans des situations intenables pour décider qui aura droit au respirateur ou pas…).

Cette «crise» du coronavirus met en lumière cette croyance-pilier, ce désir que nous avons de vivre dans un monde sécure et notre difficulté à faire face à l’incertitude.
Dans nos sociétés privilégiées, qui n’ont pas connu de trop gros drames depuis plusieurs années, nous étions dans une complaisance confortable qui renforçait l’idée de ce faux sentiment de sécurité.
Nous pouvions vaquer à notre train-train, regardant de loin la misère dans les autres pays, nous sentant peu concerné.es par leurs malheurs.
Et puis BANG…(reality check, comme on dit en anglais). La réalité rapplique à toute vitesse. Un petit microbe et nous retrouvons la peur de l’humain primordial face à l’immensité de la vie et ses mystères. Pourquoi vit-on ? Pourquoi mourrons-nous? Pourquoi maintenant?
Alors, comme nos ancêtres dits primitifs, nous allons chercher nos totems protecteurs (dans ce cas-ci , la quarantaine, le gel désinfectant,les masques-quitte à les voler `ceux et celles qui en ont vraiment besoin!-, les traitements médicaux, le papier-toilette…), dans l’espoir d’avoir l’impression que nous pouvons contrôler quelque chose.
Comme des petits enfants craintifs, nous espérons que le gouvernement (notre bon parent, notre chef, notre sorcier, notre femme médecine, notre prêtre, etc.) va prendre la situation en main correctement et nous protégera absolument. Nous voulons croire que la solution existe, qu’elle est simple, à notre portée et assurément efficace.
Nous voulons pouvoir nous en remettre, nous déférer à quelque chose de plus grand qui nous garantira notre sécurité.
Vous aurez compris que c’est impossible.
Nous pouvons agir. Notre gouvernement peut agir. Mais nous n’avons pas le contrôle. Point.
C’est cette perte de contrôle qui nous fait le plus peur et qui engendre des comportements irrationnels, violents, paniqués, dangereux et même parfois délirants (vous avez vraiment besoin de trois caisses de papier toilette????).
Cette réalité, qui nous frappe de plein fouet, nous rappelle une certaine vérité: nous sommes bien petit.es sur cette terre et nous ne comprenons pas tout; nous biens plus impuissant.es que ce que nous croyons ou désirons croire; nous sommes collectivement liés même quand nous voudrions nous croire individuellement invincibles ou non concerné.es.
Nous voilà confronté.es à notre fragilité; à la fragilité de notre système social, financier, politique, médical; à l’usure de notre lien social qui nous fait maintenant nous méfier de cet autre que l’on fait passer pour une bombe à retardement: à son insu, et au nôtre, nous voilà potentiellement porteur.ses du «mal» de la «mort».
Nous sommes l’ennemi invisible; l’ennemi de nos proches et celui des inconnu.es que nous avons côtoyé aujourd’hui ou hier, à qui nous avons serré la main ou donné la bise, derrière qui nous avons pris le chariot pour faire nos courses…

Ouf.

Il est temps de se sortir de ces traumas avant qu’ils ne nous détruisent intérieurement. Ces maux-là sont parfois pires que la maladie; ils perdurent parfois plus longtemps; ils sont insidieux et pervers et faussent nos relations; pas seulement maintenant mais aussi à plus long terme. Si nous voulons que cette crise soit un tremplin plutôt qu’une glissoire vers les bas-fonds, nous devons changer de posture.

Nuances de croyances et ébauche solutions possibles d’apaisement

Le monde est incertain. La vie est mortelle. Ceci n’est pas sous notre contrôle. Je vais mourir. Vous aussi. On ne sait juste pas quand, ni comment.Ceci n’est pas sous notre contrôle. Je suis porteuse de milliards de bactéries, de germes, de microbes, de virus. Vous aussi. Souvent ils sont nos amis. Parfois ils nous emportent. Nous pouvons prendre soin de notre terrain (notre système immunitaire) et ne pas (ou peu) être affecté.es. Nous pouvons être en pleine forme. Nous pouvons être déjà affaibli.es et malades. Certains s’en sortiront, d’autres non. Ceci n’est pas sous notre contrôle. Oui, nous pouvons faire de notre mieux. Oui, certaines mesures en place aident. Mais il n’y a aucune garantie. On peut faire tout, tout bien et mourir quand même. On peut s’isoler dans une cage et attraper le virus; celui-ci ou un autre. On peut être hyper aseptisé.es et le transmettre (prédiction personnelle: quand tout ceci sera passé, nous découvrirons que certaines personnes ont contracté le virus sans qu’on sache comment). Ceci n’est pas sous notre contrôle.

Il est temps pour nous de sortir de la petite enfance, celle où (si nous avons eu de la chance) tout nous paraissait sécure.
Il est temps de rentrer dans la sagesse et la maturité, individuellement et collectivement.
Il est temps de prendre conscience que nous ne sommes pas à l’abri.
Cela ne veut pas dire s’angoisser anxieusement à mort.
Il est temps de nous rappeler que nous sommes fragiles, les autres aussi et la terre également.
Il est temps de retrouver une empathie fondamentale pour nos soeurs et frères humains PARTOUT.
Tout ceci EST LA VIE.

Nous pouvons nous calmer intérieurement; même si cela demande un effort.
Car tout passe. Ceci aussi passera. Ce n’est pas la fin du monde. C’est peut-être la fin de notre sentiment de sécurité dans cette société et le début d’une nouvelle façon de faire et d’Être.
Nous pouvons nous en remettre au Destin, sans fatalisme, pour pouvoir nous déposer dans Quelque Chose de Plus Grand, et trouver une certaine quiétude, en lâchant nos illusions de contrôle absolu ou de sécurité totale.
Nous pouvons apprendre à naviguer les eaux de l’incertitude en nous relaxant dans le vent, en tenant notre gouvernail au mieux, en ayant en nous une habitude de gratitude pour chaque instant que nous vivons, une curiosité bienveillante pour l’inconnu à-venir.
En nous reconnectant avec la Vie elle-même, avec nos ancêtres qui ont su traverser des périodes souvent bien pires que celle-ci, avec la Toile du monde, la Nature, nous pourrions nous détendre en comprenant que nous ne sommes que de passage.
En nous réconciliant, dès à présent, avec l’idée et la certitude de notre mort prochaine, inévitable, inéluctable (et parfois imminente), nous pouvons recommencer à apprécier ce qui nous entoure.
En nous extrayant du «mitote» ce cauchemar ambiant comme l’appelle Don Miguel Ruiz, ce miasme de peur plus contagieux que le virus, ce tumulte d’une horde paniquée qui se sent au bord du gouffre et risque de s’y jeter, nous pouvons retrouver notre coeur.
Notre coeur à la bonne place: celui qui aime, qui aide, qui soutient, qui tendre, qui patient, qui doux, qui compassionne…
Notre coeur nous ramènera à notre Âme, à cette partie de nous qui se SAIT liée, reliée à la vie, pour toujours, quelque soit sa forme.
Notre Âme, notre Centre, notre Esprit, notre Ki, peu importe, nous montrera un chemin plus lumineux au milieu de ce qui nous apparaît comme des ténèbres.
Nous pouvons cultiver la troisième croyance-pilier (la vie a un sens), pour nous soutenir.
Ceci sera mon prochain article.

Tissons nos ombres aussi!


Vent du Visionnaire, lune de Celle-Qui-Tisse, le 20 février 2020

Quand nous tissons nos vies dans la lumière du visionnaire, nous tissons aussi avec nos ombres. Rien n’est complet qui tente de rester seulement dans la lumière.
La fin de la dualité n’est pas d’habiter exclusivement la lumière dans son intensité, mais bien d’habiter la lumière dans son entièreté. Car l’ombre n’est qu’un degré de lumière; elle n’est pas ténèbres (qui seraient absence de lumière ou impossibilité de lumière). L’ombre est simplement le repos de la lumière, comme la nuit est le repos du jour.

Cessons d’avoir peur de nos nuits comme de petits enfants ont peur des monstres imaginaires. Acceptons de n’être point parfait.e; d’être seulement sur un chemin tendu vers le meilleur de nous-même. La création n’est pas parfaite. Elle bouge sans cesse, se réorganise, s’adapte. Parfait voudrait dire qu’il n’y a plus rien à ajouter, à changer, à faire évoluer. Comme se plaît à le dire souvent Georges Lahy, s’appuyant sur la kabbale, ce qui est parfait est mort, immobile et figé à jamais. Aimons les contrastes qui rendent visibles, les formes inattendues qui surprennent, les écarts de la normes qui enrichissent, les courbes de nos caractères qui nous rendent humbles plutôt que fourbes.

Nos nuits intérieures, nos moments sombres de l’âme ou de la psyché sont comme les nuits de nos vies: habitées par autre chose.
Elles sont vivantes et parfois discrètes. Elles ouvrent notre visions aux étoiles, invisibles en plein jour. Elles nous font entendre les murmures des rivières, le bruissement des ailes des papillons de lune, ressentir plus intensément la douceur du vent sur notre visage…Si le monde du jour est le monde de l’oeil, celui de la nuit fait honneur à l’oreille. Quoi de mieux que d’entendre la vibration du monde? Le chuchotement de notre âme, ou le souvenir des premiers mots de la création?

Tissons notre être de tous ses fils, tissons nos sociétés de tous ses fils et toutes ses filles. Trouvons la beauté dans ce qui semble clocher; l’harmonie dans ce qui semble dissonant, en ayant confiance que la création crée et créera encore de multiples formes. Des formes nouvelles, liées ou pas aux formes anciennes. Des formes viables, vivantes, adaptées. La création ne cesse jamais de trouver de nouvelles formes pour se vivre. Soyons en joie de toutes ces formes, surtout en nous-mêmes. Honorons ces formes dans l’Autre.

Tissons nos nuits avec nos jours, nos ombres avec la lumière qui les as générées, nos silences avec nos mots, et nos souffrances avec les joies qui les ont précédées et dont elles sont issues.

Nathalie Limauge: l’Âme Minéral (atelier)

Âme minérale, Atelier d’introduction

Par Nathalie Limauge

Écouter son âme minérale, c’est entendre nos croisées, nos repères, notre futur, nos mémoires de l’essentiel quand on accepte d’être figé par les yeux de la Méduse à la chevelure de serpents, mère de Pégase, monture des dieux, des sabots duquel naissent les sources désaltérantes des belles Muses.

C’est donc retrouver un sens, un nom, un destin à vivre.

C’est par son silence, sa gravité que l’âme minérale entre en communication avec notre structure cristalline. Nos os. Notre sel. Ce qui permet alors d’entendre la vibration de nos os.

C’est cette vibration que nous irons toucher pendant cette journée particulière.

Déroulement de la journée :

– âme minérale, définition, histoire

– les runes : comment elles nous permettent d’entrer en contact avec le minéral

– Méditation avec votre cristal source à 24 facettes.

– Le sel : son rôle dans le minéral, l’utilité en alchimie opérative, sa signification symbolique

– Les clés qui nous permettent d’avoir accès à la structure minérale en nous

– exercices pratiques deux par deux.

– L’antimoine : qu’est-ce que c’est? qu’elle est son utilité? Ses symboles?

–  Comment aller au cœur du métal : la coulée d’antimoine.

 

QUAND: lundi le 25 janvier 2021 NOUVELLE DATE

OÙ: Eastman

Pré-requis: Aucun prérequis pour cet atelier. Ce sera une introduction ouverte à toutes et à tous

De 10h à 16h30

COÛT: 150$

 

Un Dépôt de 100$ avant le 10 décembre 2020 réservera votre place. Remboursable  avant la date limite; en cas d’annulation de l’activité ou si nous trouvons quelqu’un pour reprendre votre place. NOUS SUIVONS DE PRÈS L’ÉVOLUTION DU CONFINEMENT!

Repas: Il y aura sur place, en tout temps, du café, thé et tisanes et collations légères . Nous vous invitons à amener un plat à partager pour le repas du midi.
Pour plus d’informations et pour vous inscrire:(lien cliquable): athlan.nadeije(at)gmail.com

Capter une vision dans une toile d’étoile

image shutterstock

12 février 2020, Lune de Celle-Qui-Tisse et Vent du Visionnaire

« L’état de poésie constitue l’aspiration la plus profonde de l’être humain » Edgar Morin, connaissance,ignorance, mystère

J’ai cette croyance que les visions abondent, en tout temps, en tout lieu, comme ces petits grains de poussière que le soleil rend visibles.
Les visions attendent leur contenant, celui où elles pourront se déposer, car elles cherchent à s’accomplir.
Quand les visions trouvent un contenant, elles s’y déposent et y inspirent le désir. Le désir de créer, de faire advenir, de mettre dans le monde matériel leur essence, en poussant un peu, beaucoup, passionnément ou à la folie, l’être humain qui vient de les accueillir, de les recevoir, de les appeler ou qui les a reçues malgré elle-lui.
Les visions sont de tout ordre, de tout niveau de vibration, de tout degré de lumière.
Oui, une vision peut être simplement cet effort supplémentaire que l’on fait dans le quotidien pour enjoliver une table, se préparer le coeur pour une rencontre, offrir à un.e autre une gentillesse.
Mais elles devraient susciter l’espoir, l’aube qui se lève, l’idée d’un monde-à-venir plein de promesses qui nous amènerait vers le meilleur de l’être humain.

Comme une onde radio, les visions vibrent en attente d’une réceptrice, d’un récepteur. Si la personne ainsi inspirée ne fait pas advenir cette vision, il se pourrait bien qu’elle aille se promener ailleurs, en quête de son incarnation. Elle peut aussi se déposer sur plusieurs personnes à la fois, en même temps ou en différents temps, en un lieu ou plusieurs.
Chez les autochtones, la quête de Vision était un acte sacré dans lequel le corps, le coeur et l’âme étaient soigneusement préparés pour la recevoir. Et même bien préparé.e, la descente d’une vision restait une grâce. Car on peut appeler une vision, on peut « pleurer pour une vision », on peut implorer une vision, mais rien ne peut la forcer à venir.

Notre Être tisse des toiles d’étoiles pour attraper les visions.

Mais que tissons-nous au juste?

Car la qualité de ce que nous attraperons dépendra de la qualité de ce que nous tissons.
Si nous laissons notre inconscient, nos blessures,nos addictions, nos ombres, nos obsessions, nos désirs sombres de pouvoir, de domination, de contrôle, tisser nos toiles, ce que nous attraperons nous confirmera nos croyances mais ne contribuera pas à l’Harmonie du Monde.
Parfois, ce que des gens appellent leur « vision » ressemble plus a du délire qu’à une vision créative qui engendrerait des bons fruits.

Car la Vision est sur la Voie de la beauté. Elle devrait nous agrandir, nous réconcilier, nous donner envie de rendre notre vie et celle des autres plus belle. Elle devrait susciter chez l’autre un état poétique, un agrandissement qui nourrit l’âme. Comme ce que nous pouvons recevoir devant un merveilleux paysage, devant une oeuvre d’art ou en écoutant une musique qui nous transporte par-delà notre petit moi.
« Les états poétiques vont de l’émotion esthétique à l’enthousiasme, de l’admiration à l’émerveillement, du petit plaisir trouvé dans le quotidien à l’ivresse de la fête, de l’exaltation amoureuse à l’extase » Edgar Morin

N’est-ce pas merveilleux de vivre des moments où « …l’on se trouve en se perdant, où l’on s’accomplit en s’oubliant »? (Edgar Morin, toujours)

Voilà pour moi l’essence même de la Vision. Elle ne peut venir à nous que quand il y a un espace pour elle en notre intérieur. Un espace-temple sacré, tranquille, nettoyé au maximum de moi-même, dépris de mes désirs profanes, où elle peut se déposer sans trop se corrompre puis fleurir et se déployer en moi et m’insuffler ce qu’il faudra pour être mise au monde; à travers moi peut-être, mais surtout pour honorer,en y participant, à la beauté de la Création.

Tisserandes et Tisserands, à vos fils!

Nathalie Limauge: l’Âme végétale et ses teintures alchimiques (atelier)

Certaines traditions expliquent que nous avons trois âmes à l’intérieur de nous: une âme végétale, une âme animale et une âme humaine…
Ces âmes s’interpénètrent et se nourrissent l’une l’autre et la santé de chacune est importante.
Nathalie Limauge, est une amoureuse des plantes et travaille l’âme végétale d’une manière unique. Pour elle, la transformation alchimique des plantes permet de descendre dans les profondeurs de notre puits, dans nos abîmes et dans nos failles, afin d’éveiller, de réveiller la lumière endormie en nous. Ses teintures alchimiques racontent des histoires et nous montrent le chemin qui, comme le prince réveille sa princesse d’un doux baiser, nous reliera à cette âme végétale qui est en nous et n’attends qu’un souffle pour reprendre vie. Nous pourrons donc faire notre traversée intérieure et rejaillir vers le meilleur de nous mêmes en remontant notre puits courageusement, et bien accompagné.es par ces plantes gardiennes de sagesse et porteuses des messages de notre Terre-Mère.

Nathalie nous offrira donc un atelier théorique et pratique durant lequel nous explorerons l’Âme Végétale et ses messages, la fabrication d’une teinture alchimique, la fabrication d’un sel, et notre contact subtil avec le monde des plantes, des fleurs, des arbres et des racines.
Les participant.es repartiront avec 3 ou 4 teintures faites durant l’atelier.

Ouvert à tous et à toutes, aucun prérequis nécessaire.

CHANGEMENT DE DATE
Horaire:
Vendredi le 22 janvier 2021, de 18h30 à 21h
Samedi le 23 janvier 2021, de 9h30 à 16h30
Dimanche le 24 janvier 2021, de 9h30 à 16h30

Coût: 350$
Note: un dépôt de 250$ est exigé avant le 10 décembre 2021 pour réserver votre place. En cas d’annulation de l’événement vous serez, évidement, intégralement remboursé.es. Si vous annulez votre participation après le 10 décembre 2020, vous ne serez remboursé.e que si nous (ou vous) trouvons un.e participant.e pour prendre votre place. Veuillez noter que Nathalie se déplace de Belgique pour cet atelier et doit donc engager des frais importants pour venir jusqu’à nous. C’est pourquoi nous demandons un engagement ferme de votre part.

Places limitées à 16 participant.es.

Description sommaire et muable de l’atelier
Vendredi soir:
Tour de parole pour faire connaissance et introduction à l’âme végétale. Nathalie nous offrira une interprétation des plantes que nous aurons choisies pour cette soirée.
Samedi et dimanche: fabrication d’un alcool très puissant pour capturer l’âme végétale, qu’on appelle en alchimie un mercure pur.
Rentrée dans notre puits pour retrouver le fil de notre histoire et amener à la lumière une nouvelle façon d’interpréter, de voir notre vie.
Apprendre les différences entre les hydrolats, les alcoolatures, les teintures.
Fabrication de 3 ou 4 teintures.
Fabrication du sel des plantes.

Fabrication de sel universel.
Méditations.
Contact avec l’âme végétale à travers son parfum.

Vidéo You Tube sur l’âme végétale:https://www.youtube.com/watch?v=CXCuz5uXiI4
Vidéo You Tube sur les Etsinouroth, peintures faites avec les teintures alchimiques: https://www.youtube.com/watch?v=yyS8NTaPRag

Sur place vous aurez la possibilité d’acheter des coffrets contenant plusieurs teintures ainsi que des comprimés neutres pour soins homéopathiques. Une peinture Etsinouroth de la plante orne chaque coffret.Prix:100$ par coffret.

 

Quelques exemplaire du dernier livre de Nathalie Limauge seront aussi disponible sur place, au coût de 25$:

Hébergement: Il est aussi possible de louer une chambre d’hôte dans les environs, au motel du Village ou même au Spa Eastman.

Repas: Il y aura sur place, en tout temps, du café, thé et tisanes et collations légères . Nous vous invitons à amener un plat à partager pour les deux repas du midi.

Pour plus d’informations et pour vous inscrire:(lien cliquable): athlan.nadeije(at)gmail.com

Racontes-moi ton feu…


31 octobre 2019. La Lune de Celle-Qui-Raconte danse avec le Vent du Porteur-de-Feu.

Racontes-moi ton feu

Racontes-moi tes idées, celles qui étincellent et se faufilent jusqu’à ta conscience venant du profond de ton être. Celles qui ressemblent à un feu de Bengale, brillante sans brûler, et qui célèbrent le plaisir de la réflexion, du germe de la création…Celles qui suivent le fil du détonateur et qui viendront exploser dans une prise de conscience aussi surprenante qu’inéluctable…Celles qui amènent joie, soulagement ou qui trépignent et te poussent à l’action.

Racontes-moi tes braises, quand le temps est mauvais et que tout ce que tu peux faire est de te replier sur toi en attendant que ça passe; préservant le peu qu’il te reste et espérant qu’il en restera encore au matin…quand ton feu semble presque mort et que tu te demandes si cela vaut encore l’effort de souffler dessus et de lui offrir les quelques miettes de combustible que tu possèdes encore; qu’est-ce qui te maintient encore un peu?

Racontes-moi tes Feux de Joie, ceux que tu partagent en communauté et qui réchauffent le coeur de toutes et tous. Ceux qui parlent de collaboration, de chaleur humaine, d’entraide et de tribu. Ceux autour desquels on raconte des histoires et on se souvient ensemble du passé, en désirant l’avenir.

Racontes-moi tes peurs quand la nuit est très sombres et le feu tout bas. Quand il crée plus d’ombres qu’il n’en éloigne…

Racontes-moi tes passions; celles qui t’animent et celles qui te brûlent. Car la ligne est mince entre le feu qui nourrit et celui qui dévore.

Racontes-moi tes colères; celles qui dévastent et celles que tu retiens tant tu as peur de ton potentiel de destruction; tant ta propre violence t’effraie. Racontes-moi aussi tes bonnes colères, celles qui te font mettre des limites, te permettent de t’affirmer, te dressent dignement contre l’injustice ou mettent fin à la violence que tu subis de la part d’autrui. Cette colère qui gronde au coeur des peuples asservis; celle qui combat l’abus; celle qui protège le nid.
Racontes-moi bien toute ta colère, car celle que tu caches pourraient bien se retourner contre toi et contre nous…trop de guerres et de révolutions sont nées de ces colères larvées et cachées, nourries patiemment au profond des êtres souffrants mais endurants.

Racontes-moi le feu du pouvoir; celui qui, brûlant les entrailles, rend aveugle et sourd et ne cherche plus qu’à se propager, qu’à grandir pour tout consommer et consumer.

Racontes-moi le feu de tes souffrances qui, embrasant ton ventre, te rend incapable d’empathie…quand ta propre souffrance prend toute la place dans la relation.

Racontes-moi tes flammes joyeuses, tes chaleurs intérieures, et tes amours…tu sais, ces feux qui grandissent par la seule présence de l’autre dans ta vie.

Racontes-moi ta lumière.

Racontes-moi tous tes feux, du bienveillant au destructeur.
Je te raconterai les miens.

Ensemble, nos feux côte-à-côte, nous pourront ouvrir d’autres feux..de ceux qui guérissent et qui soignent , qui accueillent et protègent.
Que ce cadeau -à double-tranchant- des Dieux, serve au meilleur de l’humanité.

Tout est ma famille


La lune de Celle-Qui-Parle avec ses relations nous enseigne cette simple vérité: Tout est ma famille.
Dans le grand cercle de la vie, toute vie est reliée et interdépendante avec celle des autres vies, quelle qu’en soit la forme.
Nous, humains, ne pouvons pas vivre sans prendre la vie des plantes et des animaux et il en va de même pour tout le règne du vivant: rien de survit seul, tout est relation.
Tout est famille même si tout ne m’est pas familier.
La familiarité confortable de ce que l’on connaît nous fait parfois oublier que l’Autre, cet.te inconnu.e, est aussi ma famille. Éloignée parfois, certes, mais ma famille quand même.
Il n’y a, paraît-il, que 6 degré de séparation en l’individu que nous sommes et les restes des individus sur la planète. Cela veut dire que si je fais le lien entre les gens que je connais et ceux qu’ils connaissent et que je ne connais pas, au bout de 6 fois ainsi, je suis connecté.e à la planète entière, à peu de gens près.

Il est vrai que quand je regarde le traitement imposé à l’idée, au concept même de la famille dans notre société dite « moderne » je n’ai pas beaucoup d’espoir pour la tribu, la nation, l’humanitude… La famille est une unité qui non seulement a rétréci au point de ressembler à un mouchoir de poche, avec parfois seulement une mère(ou un père) et son enfant, mais nous ne lui accordons plus beaucoup de valeur. Elle n’est plus au centre de la vie sociale, au centre des préoccupations politiques (même si les politicien.es affirment le contraire), au centre de nos projets collectifs.
Non.
La famille est un truc qui frôle l’obsolescence avait des petit.es vieux et vieilles parqué.es tout seul, des bébés parqués dans des garderies, des enfants parqués par classe d’âge dans des écoles, des adultes parqués à leur travail…l’espace qui se creuse sans cesse dans toutes nos relations fait que notre tissu sociale ressemble à du coton à fromage au mieux et du filet extensible , troué ou mal rapiécé au pire.
Oui, je sais: moins nos liens sociaux sont forts, plus on consomme. C’est bon pour le capitalisme des individus qui achètent des jeux vidéos plutôt que de s’installer avec un paquet de cartes autour d’une table avec des ami.es. Quand les gens ordinaires sont trop occupés à leur propre survie, à taper sur les autres comme des méchants dans un mauvais film (les immigrants, les réfugiés, les pauvres, le BS, les femmes, les patrons, les religieux et tous les autres), à préserver leurs petits privilèges en en espérant de plus grands, ils et elles ne sont pas disponibles pour repenser et re-panser notre société souffrante. Quand la guerre ravage notre pays, changer le monde est une utopie. Quand la pauvreté, (et autres violences), nous étouffe, impossible d’imaginer se fédérer en peuple agissant pour un Plus Grand Bien. On préfère alors se distraire comme on peut, convaincu.es que nous sommes de notre impuissance acquise.

Mais si nous ne sommes plus capable de relationner correctement, décemment, en famille, comment pouvons-nous espérer y arriver en groupe?
Ce que nous ne savons plus faire à 2,3,4 ou 5 (communiquer sainement, collaborer, trouver l’équilibre entre le bien commun et nos désirs individuels, respecter, tolérer et célébrer nos différences, etc.), nous n’arriverons pas plus à le faire dans un grand ensemble.Et sans grand ensemble, comment pourrions-nous faire évoluer notre société vers un déploiement plus harmonieux, plus équilibré, moins violent, plus équitable?

Quand Tout est ma famille, alors il m’incombe de faire ce que je peux de mieux pour toutes mes relations; comme si ma vie, ma survie, mon avenir, mon bonheur, ma raison d’être et de vivre en dépendait…et c’est le cas.

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