Racontes-moi

Racontes-moi un voyage.
Une contrée lointaine ou ta vie de quartier.
Des nourritures exotiques ou ta meilleure recette de pâté chinois.
Des paysages à couper le souffle ou ton petit coin de parc.

Racontes-moi tes chemins.
Ceux que je n’ai jamais marchés, ceux que j’ai à peine entrevus et ceux que je crois reconnaître.
Tu sais,là où tu as failli tomber; là où tu es resté(e) longtemps couché(e) attendant un matin que tu n’espérais plus; là où tu t’es blessé(e); là où t’es relevé(e); là où la nuit n’existe pas et cet autre là qui n’a jamais vu le soleil.

Racontes-moi un plateau.
Ces endroits qui t’ont vu(e) stagner et où tu as oublié que ce n’était qu’un moment pour observer la vue et se reposer; Quand tu as oublié que la vie n’est pas une ascension constante.
Quand tu as cru qu’il fallait être la (le) meilleur pour avoir une quelconque valeur.
Quand tu as pensé qu’arrêter c’était comme la mort.

Racontes-moi une solitude.
Ce sentier que l’on prend si étroit que deux ne peuvent passer de front.
Celui habité par d’autres et qui pourtant t’a trouvé(e) isolé(e).
Celui où même la main de l’aimé(e) serrée forte dans la tienne est comme un souvenir.
Tu sais, le lointain-proche, ou le proche-loin; quand il semble qu’il n’y a plus de lien même au milieu de la présence d’autrui.

Racontes-moi ta tribu de nomade.
Celle qui te suit dans tes méandres et te donne une raison d’avancer.
Celle qui applaudit tes efforts, et qui entoure de tendresse tes blessures.
Celle qui te connaît, dessus, dessous et dedans et t’aimes quand même.
Celle qui n’a jamais honte de tes faiblesses et se réjouit à l’ombre de tes forces.
Celle qui, comme un chien fidèle, continue de suivre tes pas sans jugement.

Racontes-moi un voyage intérieur.
Par où es-tu passé(e) ?
Comment as-tu retrouvé le soleil, au travers de tes nuits noires de l’âme?
Quel sourire est resté sur ton visage au travers de tes larmes?
Où as-tu trouvé le courage, ces nuits-là, de te relever une fois de plus pour cet enfant qui pleure?
Comment t’es-tu tenu(e) debout?
Comment t’es-tu redressé(e) dans toute ta dignité?
As-tu pris conscience de tes clairières? Ces endroits inondés de fleurs et de beauté qui sont tes beaux atours.
Cette lumière qui t’anime et murmure la présence de ton âme.
Cette bonté qui parle du coeur qui bat dans ta poitrine et honore la vie.

Racontes-moi ta vie, tes danses, tes voyages dans les sept directions.
Ainsi, je me connaîtrai un peu plus.

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Paroles, Paroles, Paroles

celle qui raconte, 2017

Lune de Celle-Qui-Raconte

Mais qu’est-ce qu’elle dit?

La communication est au coeur de la relation. Relation à l’autre, à soi, au monde.
Notre cerveau est programmé pour les langues, n’importe lesquelles. C’est si vrai que les enfants en bas âges peuvent être facilement polyglottes.
La langue est notre moyen de dire, de nous dire et de nous entendre. Nous comprendre parfois, et, plus souvent qu’autrement, nous donner l’impression que l’on a ou que l’on est compris. Mais ce n’est pas certain.
En fait, la langue est un objet virtuel et elle évoque en chacun(e) de nous quelque chose de différent, parfois même radicalement. Car la langue est colorée. Pas juste par des accents que le vent qui souffle sur le territoire a sculptés; mais aussi par pleins de sous-entendus, de vêtements émotionnels, de lunettes culturelles et cultuelles. Par exemple un mot qui été rempli d’amour et de connotations positives nous paraîtra doux à nos oreilles et à notre coeur. Par contre, ce même mot, s’il a été « appris » autrement dans un autre contexte, suscitera des interprétations négatives pour un autre auditeur. D’oû tous les possibles des mal-entendus.

Les langues se développent en fonction de l’environnement, des besoins, de la culture. Une langue est vivante car elle change et s’adapte au fur et a mesure que le monde change. Apparaissent des nouveaux mots, des adaptions prises dans d’autres langues pour notre enrichissement à tous.
La langue forme notre psyché, notre façon de penser et d’appréhender le monde. C’est pourquoi les personnes qui parlent au moins deux langues ont un cerveau plus efficace.
Une langue traduit une compréhension particulière et certains concepts qui existent dans une langue sont peut-être inconnus dans une autre. Cela affecte notre perception du monde, notre construction identitaire, notre organisation sociale. Imaginons une langue où le concept même de jalousie n’existe pas… alors l’émotion même de la jalousie n’existe pas non plus! (Voir à ce sujet « Ces émotions qui nous fabriquent. Ethnopsychologie de l’authenticité » par Vinciane Despret.) Si la jalousie n’existe pas, alors il n’y aura pas de crimes passionnels dans cette société.

Nous sommes formé(e)s, informé(e)s, voire déformé(e)s par la langue. D’où l’importance d’une langue riche et pleine qui nous permettent de nous développer pleinement. Georges Orwell, dans 1984, amène bien ce concept dans cette « novlangue », une langue appauvrie aux concepts pervertis (« la liberté c’est l’esclavage ») qui rendent les gens de moins en moins capables d’éveils, de révoltes, de relations.
La langue est complexe, comme la vie. Vouloir trop simplifier notre pensée, nos opinions nous rends moins capable de voir ou de combattre la manipulation des médias, des politiciens, des multinationales qui savent manier le verbe mieux que bien d’entre nous.
L’art de la pensée, la capacité à décoder le langage, la capacité de préhension de l’abstrait nous donne une vision plus large, plus claire et plus tolérante.
La philosophie devrait faire partie de tout apprentissage depuis un jeune âge. Apprendre à comprendre, à débattre, à argumenter (dans le sens noble du terme), a réfléchir plus loin est un bien essentiel.
Ainsi, nous apprendrions à reconnaître les manipulations faciles, la langue de bois, les affirmations tendancieuses , les liens douteux que l’on nous tend parfois pour nous engager dans une direction plutôt qu’une autre.
Aussi, à un niveau plus personnel, nous pourrions reconnaître plus facilement les personnes toxiques, manipulatrices, perverses qui se cachent derrière des façons d’utiliser la langue qui rendent confus, détournent le sens ou le propos,sont incohérents quand on y regarde de près. Ces tournures de phrase qui jettent le doute car elles sembles contenir un compliment et une insulte en même temps; du vrai et du faux intriqué; des exagérations, des minimisations, du dénis, de la menace, du chantage et j’en passe.

Durant cette lune de celle qui raconte, posons-nous la question: qu’est-ce qui est réellement dit? Qu’est-ce qui est sous-entendu? Est-ce que ce qui est dit est cohérent? (entre le dire et le faire, par exemple. Entre l’expression faciale ou corporelle et ce qui est dit. entre une affirmation, une croyance portée comme une évidence et la réalité…)
ET quand je parle: est-ce que ce que je dis est au plus proche de moi-même? Quel est le sens que j’attribue à ce que j’entends? Est-ce que je me tiens responsable de ce que j’entends? Suis-je conscient(e) de ce que j’émets et de ce qui arrive chez l’autre?

Que votre parole soit impeccable! nous invitait Don Miguel Ruiz dans son livre « Les 4 accords toltèques »
Alors au boulot!

Écoute que coûte!

11 août 2017, Lune de Celle-Qui-Écoute, vent du Visionnaire

Écoutes ce que je te dis! Traduire: fais ce que je te demande.
Écoutes-toi parler! Traduire: ce que tu dis n’est pas bien.
Il y en a qui s’écoute un peu trop! Traduire: se mettre en priorité n’est pas bien.

Depuis le berceau, la plupart d’entre nous avons appris à ne pas écouter; et aujourd’hui nous en sommes devenu(e)s sourd(e)s.

Nous voilà fraîchement arrivé(e)s que déjà on enseigne à nos parents à ne pas « trop » écouter nos peurs, nos angoisses, voire nos cris de désespoir.
Certainement depuis le Dr Spock, dans les années soixante, la société occidentale a entrepris de « mater » ses bébés. Les mettre à l’horaire d’un boire au 4 heures et d’une nuit d’au moins huit heures. De ne pas trop les prendre, de ne pas céder à leurs « caprices » et surtout de ne pas se laisser « manipuler’ par cette petit boule hurlante qui doit être mise au pas le plus tôt possible.
Et puis la domestication continuera, inexorablement. On sera forcé de rester assis(e) à table , à l’école, durant le spectacle ou la lecture à la bibliothèque.
On devra avoir faim quand c’est l’heure de manger; avoir envie de pipi quand c’est le bon moment ou alors se retenir; à être malade les fins de semaines pour ne pas perturber le travail ou l’école ou bien y aller malgré nos malaises…faudrait pas trop s’écouter! sinon, où irait le monde?

Nous voilà adultes. Sourd(e)s à nous-mêmes, à nos besoins, à nos rêves, à nos désirs, aux frémissements légers de nos coeurs meurtris et de nos âmes en souffrance. Nos peurs deviennent alors les gardiennes de nos révoltes. Elles nous empêchent, nous envahissent, nous font hésiter, trébucher…elles nous alertent que tout ne va si bien dans nos vies trop huilées.
Nos insatisfactions deviennent les fenêtres qui tentent d’éclairer nos manques véritables: manque de lien, de reliance, de se sentir compris(e)s, accepté(e)s, utiles, valorisé(e)s comme membre à part entière d’une tribu malheureusement disparue.

Nous n’avons pas été écouté dans nos besoins de bases. Ensuite, nous avons été éduqué à la surdité intérieure.
Pas étonnant qu’il soit si difficile de s’entendre. De s’entendre soi-même et d’entendre l’autre.
Comment être complètement présent(e)s à l’autre quand notre propre intérieur crie: oui, mais moi aussi, je souffre. Oui, mais aussi j’ai vécu des choses terribles et personnes ne m’a écouté. Oui, mais moi je ferai comme ci. Oui mais moi c’est pire. Moi, moi, moi…et nous ne sommes même pas assez égoïstes pour prendre soin de nous même de manière juste, équilibrée et belle.

Comment écouter la nature, quand la nôtre est ravagée? Nous traitons la nature externe comme nous avons appris à traiter notre nature interne.

Car pour écouter l’autre, il faut ouvrir en Soi un espace qui n’est pas rempli de nous-mêmes. Il faut savoir faire une juste abstraction de notre petit moi pour réellement recevoir l’autre, ses interrogations, ses souffrances, ses peurs, ses joies et peines. Si les miennes font obstruction, alors mon oreille se voile et déforme les propos, attribue des intentions et des jugements, traduit mal le sens de ce qui est offert par l’autre qui se donne dans sa parole.

Une juste écoute devra passer par celle que nous nous accorderons d’abord à nous-mêmes. Offrons-nous du temps, régulièrement, pour faire le point. Pratiquons l’auto-empathie, l’auto-écoute avec bienveillance. Enterrons la hache de guerre que nous entretenons avec les parties de nous que nous avons exilées, jugées inadéquates, rejetées car elles nous mettent face à notre impuissance, nos failles, nos blessures. Trouvons des lieux et des personnes qui savent nous écouter avec le moins de filtre possible.Une écoute vivante, présente, accueillante.

Libérons notre propre écoute de ses entraves.

Au fur et à mesure que s’apaisera notre intérieur, nous pourrons alors réellement tourner une oreille bienveillante vers l’autre, la nature et le monde. Et enfin, entendre jusqu’à la conscience. Si nous ne pouvons plus faire la sourde oreille, alors cela peut changer notre monde.

Crédit Photo:mliu92, Fennec Fox 6027, dans Flickr

Rétro-perspective 2016-2017

neurones_miniIl nous semble souvent que le présent est le résultat de notre passé. Nous pouvons regarder évoluer des situations et voir comment elles sont devenues ce qu’elles sont. Nous pouvons prendre acte de nos expériences et voir comment elles nous ont menées jusqu’ici. Mais…

Quand le futur détermine le présent

Notre notion du temps, qui nous semble linéaire est relié a notre mémoire du passé. Du point de vue de la physique et de la physique quantique, le temps n’est pas linéaire. C’est une apparence de linéarité.
Dans la Roue de Médecine , le temps est vu comme circulaire. Ainsi le passé n’est pas forcément derrière et le futur pas forcément devant.
Parfois c’est le futur qui nous crée, qui nous tire ou qui nous pousse.
C’est pourquoi il peut être difficile de savoir si un geste posé est bien ou mal. Nous devons attendre d’en voir les fruits avant de poser un jugement.
Certains épisodes de nos vies, parfois même les plus difficiles, nous ont poussés dans des directions que nous n’aurions pas prises autrement.
Certaines épreuves ont creusé le puits de notre être, pour paraphraser Khalil Gibran, afin que nous soyons plus vastes, plus capable de contenir à la fois peine et joie. Elles ont fait de nous ce que nous sommes. Elles ont sculpté notre être d’une telle façon…qui sommes-nous pour dire que cela aurait dû être autrement?
Peut-être que le bloc d’albâtre, sculpté par l’artiste, souffre de ce qu’on lui enlève. Il ne sait pas qu’il est en train de devenir une grande oeuvre et que pour cela, il est impératif que certains morceaux soit retirés, d’autres limés et polis.
Nous avions peut-être besoin de chaque caillou rencontré sur notre chemin pour nous découvrir, nous déployer, nous révéler à nous mêmes?

Le ‘sauveur’ ou la ‘sauveuse’ c’est nous!

Je ne crois pas que le miracle viendra de l’extérieur. Il faut arrêter de chercher au-dehors ce qui doit d’abord naître du dedans. À force d’attendre, ou de chercher la solution à l’extérieur, nous devenons passifs(ves), résigné(e)s, désabusé(e)s ou découragé(e)s et nous faisons alors des choix contraires à ce qu’il y a de plus élevé en chacun(e) de nous.
Je ne crois pas que les gouvernements vont soudainement se sortir de l’emprise des multinationales; que les pharmaceutiques vont mettre la santé des gens avant leurs profits; que les pipelines vont ‘payer pour le développement des énergies durables’ comme le disait, sans rire, Justin Trudeau.
Je ne crois pas que des extra-terrestres vont venir boucher la fuite du réacteur nucléaire de Fukushima qui continue de déverser des tonnes de radio-activité chaque jour dans l’océan Pacifique…parce que nos technologies actuelles ne permettent pas de colmater la brèche qui fusionne encore à des températures si élevées que personne, ni une machine ne peut s’y rendre.
Je ne crois pas que les guerres vont arrêter avec de la bonne volonté; il y a trop d’argent en jeu, trop de pouvoir malsain et trop ce corruptions et manipulations de toutes parts.

Je crois que tout cela est un appel. Un appel du futur qui nous montre un chemin qui ne pourra passer que par l’entraide, la compassion, le partage et le retour vers des valeurs humaines et humanistes.

Vous êtes les sauveurs et sauveuses de ce monde. Chaque fois qu’en vous ou en dehors de vous, vous choisissez ce qui est juste, beau et bon vous contribuez à la sauvegarde de tout ce qui est beau, juste et bon. Quand vous éduquer vos enfants sans violences, quand vous êtes patient(e) avec la dame devant vous dans la file d’attente, avec ce petit vieux qui veut vous faire la conversation dans un parc…quand vous aidez un voisin , un(e) ami(e0, un(e) inconnu(e)…quand vous recueillez un animal, que vous plantez un potager, que vous décidez de manger moins de viande, de ne plus dépenser sans réfléchir…tant de petites chose que chaque jour vous faites déjà et d’autres que vous pourriez commencer à mettre en place.
Et surtout, quand vous laisser fleurir votre singularité, votre lumière, votre joie; quand vous répondez à l’appel de ce qui vous anime.

Viens alors un moment où le plus précieux en nous doit faire son chemin au-dehors. Ce précieux sacré est attendu. Même si nos dons, trop souvent, nous paraisse à nous comme une évidence, c’est avec notre aisance et notre facilité que nous contribuons le plus richement à la terre, au monde, à nos semblables, à nous mêmes.
Il y a en chacun(e) de nous cette graine qui, associée à celles des autres, est déjà ce dont notre monde a besoin.

Retrouvons la confiance en nos pas

Ne nous laissons pas abattre, ni écraser par ce que l’on nous présente; ce cauchemar n’est pas la seule réalité.
Ne nous laissons pas distraire par ces discours, par ces mensonges, par ces images avec lesquelles on nous gave et qui ne font que nourrir notre sentiment d’impuissance.
N’écoutons plus le Tohu Bohu qui nous détourne de notre Savoir intérieur.
Ne nous laissons plus étourdir par la course folle qui nous mène forcément dans un mur.
Prenons du temps à part.
Pour entendre notre coeur et l’âme qui y siège, nous avons besoin de contemplation et de silence.
Le Chemin y est inscrit; qu’il soit individuel ou collectif…c’est du dedans que nous serons guidés pour le dehors.
Quel appel vous habite?

« L’amoureux appelle l’amour
Le mendiant, la charité
Le Soleil appelle le jour,
Et le brave homme, la bonté »
Jacques Brel

Le conte des Élémouths

à toutes mes soeurs et tous mes frères Éléhumains

mammouth

Il y a bien longtemps dans l’âge des humains, mais à peine une minute dans l’âge du monde, la Terre ressentit un frisson; comme une fièvre qui la parcourut et qui annonçait un changement. Elle eut chaud.
Elle sut alors que le temps de ses Grandes Glaces tirait à sa fin et que l’emprise du froid remonterait vers ses pôles. Loin de s’alarmer, elle envoya donc à travers son corps tout entier un message…

Dans un paisible troupeau du Clan du Mammouth Laineux, vint au monde une étrange créature. Sans conteste, elle était apparentée au mammouth et n’avait rien du cheval, du serpent ou du loup. Mais elle était sans poil. Ouhh qu’elle était laide aux yeux des mammouths!
Étrange, grisâtre, plus petite que la moyenne et en plus, elle était frileuse et nullement faite pour le froid des glaciers.
Elle ne fut pas la seule.
De ci, de là, naquirent d’autres semblables à elle, plus sensibles, plus fragiles et décidément mésadaptés.Ils faisaient tache dans le troupeau et la plupart étaient rejetés de leur famille, de leur clan, de leur troupeau et vivaient en marge du groupe, sur les pourtours de leur société, essayant tant bien que mal de se faire une petite place.
On les appela des mammouphants, car il fallait bien nommer ces choses pour savoir de quoi l’on parlait.
Dans certaines familles, plus tolérantes, plus bienveillantes ou simplement plus excentriques, on se mit à croire que, peut-être, ces êtres différents étaient porteurs d’un Mystère, d’une Sagesse, d’un Sens particulier, car qui a jamais entendu la Terre faire quelque chose pour rien?
D’accord, on ne les comprenait pas trop et on continuait de les trouver hors-normes. Mais il y eut bien des mammouths pour qui, bizarres ou pas, la progéniture reste la progéniture. Ils se sentaient concernés par ceux et celles qu’ils avaient mis au monde, qui venaient d’eux quoiqu’il en soit et ils firent de leur mieux pour y voir du positif. Ils préféraient appeler ces mammouths nus des Élémouths. Ils restaient convaincus, en leur for intérieur, de la sagesse du Grand Plan.

Élémouths et mammouphants se reconnaissaient aisément…au premier coup d’oeil! Ils aimaient se retrouver, se rencontrer même si leurs échanges étaient parfois houleux:
« Nous les mammouphants, on ne vaut rien, on ne sert à rien, on ne peut même pas vivre avec les autres près du glacier »
« Non, sommes tous des Élémouths, nous sommes l’avenir de notre race! »
« Vous êtes des aberrations comme nous! Vous vous entêtez à ne pas vouloir voir la vérité! Anormaux, c’est ce que nous sommes tous »

La Terre, elle, savait très bien ce qu’elle avait fait. Elle ne se souciait nullement du malaise individuel de ses créatures. Dans le Grand Orchestre de la Vie, elle était bien maîtresse et faisait ce qu’elle avait à faire pour que les peuples survivent au changement et mieux encore, qu’ils vivent et croissent.

Le Clan du Mammouth Laineux suivit les glaciers, de plus en plus au Nord. Leur population déclina, puis s’éteignit.
Les élémouths, quant à eux, réussirent à convaincre quelques mammouphants et ils décidèrent de fonder un nouveau clan et de se déplacer vers le Sud, où l’on disait que les glaciers n’existaient déjà plus…
Ensemble ils devinrent les Éléphants, cadeau de la Terre Mère à ses enfants; promesse de la continuité et de l’évolution.
Car vous l’avez bien compris, les éléphants, au fond, n’étaient que les messagers du monde à-venir, les précurseurs, les pionniers; premiers répondants d’un monde en mutation.

Alors si vous vous sentez différent(e)s, étranges, ou marginaux…
Si vous avez l’impression de ne pas vous reconnaître dans le monde dans lequel vous vivez…
Si vous êtes hypersensibles et en apparence mésadapté(e)s…
Si vous avez l’impression d’être porteur/porteuse d’un message, d’un appel, d’une vocation ou d’une mission…
C’est peut-être que notre Mère Terre a de nouveau chaud et que vous êtes des Éléhumains.

éléphant

Crédit photo: Google Image

Un McSpirit SVP

Imaginez un sculpteur devant son bloc de pierre,d’albâtre, de bois ou d’argile.

Il a son ciseau à la main et s’apprête à faire une pièce unique. Il n’est pas une machine. Toutes ses pièces sont uniques.

La pierre souffre-t-elle d’avoir été séparée de sa matrice?
L’albâtre regrette-elle sa falaise?
Le bois est-il nostalgique du tronc dont il est issu?
L’argile se sent-elle isolée loin de ses soeurs?

Souvent, je m’imagine que oui, sûrement, le matériau connaît sa source. Sa transformation ne se fera pas sans heurt, mais que pouvons-nous vraiment contre les forces qui nous façonnent? Connaissons-nous vraiment le but de tous ces coups, entailles et polissages?
Savons-nous faire confiance aux puissances qui nous forment?

D’abord il y aura un dégrossissage, au ciseau, au marteau, à la main.
Le sculpteur sculpte. Chaque morceau détaché, façonné le rapproche de sa vision.
La sculpteuse sculpte.
Viens un moment où l’on ne sait plus qui sculpte qui. Est-ce l’artiste qui se rapproche de son but ou est-elle inspirée par la pierre?
Car la pierre sculpte son artiste aussi. Elle murmure et guide, comme un vent frais: « je crois que je ressemble à ça »…
C’est une danse entre la Créatrice et sa créature, entre son Créateur et sa création.

Je vois tant de gens aller au fast-food de la spiritualité demander: un McSpirit SVP.
Il sont impatients et se retrouvent avec ce qu’ils/elles ont commandé: quelque chose de fade, peu nutritif, fait à la chaîne…qui mène à l’indigestion et aux boutons…
Pendant qu’ils/elles se tapent un surpoids de pensées remâchées, de croyances congelées, d’additifs pseudo-savoureux et de recettes usées, ils en oublient que le Créateur et la Créatrice sont à l’oeuvre.
Alors que nous construisons un sandwiche en moins de trois minutes, un jouet à la chaine en 5 minutes, un vêtement en moins d’une heure, un hôpital en deux ans ou une tour en trois ans…

Les Mains Divines, elles, savent bien que la vertu maîtresse est la patience; que chaque trait unique qui nous compose requiert du temps; que chaque étape ne peut-être précipitée qu’au risque de tout briser.
Pratiquez la patience.
Ayez confiance en Ses Mains, laissez-vous aller en Son Mouvement.
Laissez vous bercer par le chant du ciseau, le frottement du papier de verre, la caresse du Souffle qui écarte les copeaux et la poussière.
Entendez-vous le doux murmure de la Création qui chantonne en travaillant?
Pratiquez le silence.
Vous êtes une pièce unique.
Vous ne serez achevé(e) qu’à la fin de votre vie.

Jour de la Poésie

Hier soir, en rentrant dans la tempête, j’ai appris par la radio qu’aujourd’hui, le vendredi 21 mars, était le jour international de la poésie. Prise d’un élan subit, j’ai composé un poème, petite ode aux mots que j’avais envie de partager avec vous!

Poème
Mots que ma peau aime
Mots qui apaise les maux
1 ver, 2 verts, 3 verres, 10 vers
Dix vers, mots d’hiver
Sur des faits divers
m’haut
qui m’élèvent
m’eaux,
qui désaltèrent
m’O
qui encerclent
Mots, Vers, Miels
Mots vermeils
Mots, Merveilles!

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