Rétro-perspective 2016-2017

neurones_miniIl nous semble souvent que le présent est le résultat de notre passé. Nous pouvons regarder évoluer des situations et voir comment elles sont devenues ce qu’elles sont. Nous pouvons prendre acte de nos expériences et voir comment elles nous ont menées jusqu’ici. Mais…

Quand le futur détermine le présent

Notre notion du temps, qui nous semble linéaire est relié a notre mémoire du passé. Du point de vue de la physique et de la physique quantique, le temps n’est pas linéaire. C’est une apparence de linéarité.
Dans la Roue de Médecine , le temps est vu comme circulaire. Ainsi le passé n’est pas forcément derrière et le futur pas forcément devant.
Parfois c’est le futur qui nous crée, qui nous tire ou qui nous pousse.
C’est pourquoi il peut être difficile de savoir si un geste posé est bien ou mal. Nous devons attendre d’en voir les fruits avant de poser un jugement.
Certains épisodes de nos vies, parfois même les plus difficiles, nous ont poussés dans des directions que nous n’aurions pas prises autrement.
Certaines épreuves ont creusé le puits de notre être, pour paraphraser Khalil Gibran, afin que nous soyons plus vastes, plus capable de contenir à la fois peine et joie. Elles ont fait de nous ce que nous sommes. Elles ont sculpté notre être d’une telle façon…qui sommes-nous pour dire que cela aurait dû être autrement?
Peut-être que le bloc d’albâtre, sculpté par l’artiste, souffre de ce qu’on lui enlève. Il ne sait pas qu’il est en train de devenir une grande oeuvre et que pour cela, il est impératif que certains morceaux soit retirés, d’autres limés et polis.
Nous avions peut-être besoin de chaque caillou rencontré sur notre chemin pour nous découvrir, nous déployer, nous révéler à nous mêmes?

Le ‘sauveur’ ou la ‘sauveuse’ c’est nous!

Je ne crois pas que le miracle viendra de l’extérieur. Il faut arrêter de chercher au-dehors ce qui doit d’abord naître du dedans. À force d’attendre, ou de chercher la solution à l’extérieur, nous devenons passifs(ves), résigné(e)s, désabusé(e)s ou découragé(e)s et nous faisons alors des choix contraires à ce qu’il y a de plus élevé en chacun(e) de nous.
Je ne crois pas que les gouvernements vont soudainement se sortir de l’emprise des multinationales; que les pharmaceutiques vont mettre la santé des gens avant leurs profits; que les pipelines vont ‘payer pour le développement des énergies durables’ comme le disait, sans rire, Justin Trudeau.
Je ne crois pas que des extra-terrestres vont venir boucher la fuite du réacteur nucléaire de Fukushima qui continue de déverser des tonnes de radio-activité chaque jour dans l’océan Pacifique…parce que nos technologies actuelles ne permettent pas de colmater la brèche qui fusionne encore à des températures si élevées que personne, ni une machine ne peut s’y rendre.
Je ne crois pas que les guerres vont arrêter avec de la bonne volonté; il y a trop d’argent en jeu, trop de pouvoir malsain et trop ce corruptions et manipulations de toutes parts.

Je crois que tout cela est un appel. Un appel du futur qui nous montre un chemin qui ne pourra passer que par l’entraide, la compassion, le partage et le retour vers des valeurs humaines et humanistes.

Vous êtes les sauveurs et sauveuses de ce monde. Chaque fois qu’en vous ou en dehors de vous, vous choisissez ce qui est juste, beau et bon vous contribuez à la sauvegarde de tout ce qui est beau, juste et bon. Quand vous éduquer vos enfants sans violences, quand vous êtes patient(e) avec la dame devant vous dans la file d’attente, avec ce petit vieux qui veut vous faire la conversation dans un parc…quand vous aidez un voisin , un(e) ami(e0, un(e) inconnu(e)…quand vous recueillez un animal, que vous plantez un potager, que vous décidez de manger moins de viande, de ne plus dépenser sans réfléchir…tant de petites chose que chaque jour vous faites déjà et d’autres que vous pourriez commencer à mettre en place.
Et surtout, quand vous laisser fleurir votre singularité, votre lumière, votre joie; quand vous répondez à l’appel de ce qui vous anime.

Viens alors un moment où le plus précieux en nous doit faire son chemin au-dehors. Ce précieux sacré est attendu. Même si nos dons, trop souvent, nous paraisse à nous comme une évidence, c’est avec notre aisance et notre facilité que nous contribuons le plus richement à la terre, au monde, à nos semblables, à nous mêmes.
Il y a en chacun(e) de nous cette graine qui, associée à celles des autres, est déjà ce dont notre monde a besoin.

Retrouvons la confiance en nos pas

Ne nous laissons pas abattre, ni écraser par ce que l’on nous présente; ce cauchemar n’est pas la seule réalité.
Ne nous laissons pas distraire par ces discours, par ces mensonges, par ces images avec lesquelles on nous gave et qui ne font que nourrir notre sentiment d’impuissance.
N’écoutons plus le Tohu Bohu qui nous détourne de notre Savoir intérieur.
Ne nous laissons plus étourdir par la course folle qui nous mène forcément dans un mur.
Prenons du temps à part.
Pour entendre notre coeur et l’âme qui y siège, nous avons besoin de contemplation et de silence.
Le Chemin y est inscrit; qu’il soit individuel ou collectif…c’est du dedans que nous serons guidés pour le dehors.
Quel appel vous habite?

« L’amoureux appelle l’amour
Le mendiant, la charité
Le Soleil appelle le jour,
Et le brave homme, la bonté »
Jacques Brel

Le conte des Élémouths

à toutes mes soeurs et tous mes frères Éléhumains

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Il y a bien longtemps dans l’âge des humains, mais à peine une minute dans l’âge du monde, la Terre ressentit un frisson; comme une fièvre qui la parcourut et qui annonçait un changement. Elle eut chaud.
Elle sut alors que le temps de ses Grandes Glaces tirait à sa fin et que l’emprise du froid remonterait vers ses pôles. Loin de s’alarmer, elle envoya donc à travers son corps tout entier un message…

Dans un paisible troupeau du Clan du Mammouth Laineux, vint au monde une étrange créature. Sans conteste, elle était apparentée au mammouth et n’avait rien du cheval, du serpent ou du loup. Mais elle était sans poil. Ouhh qu’elle était laide aux yeux des mammouths!
Étrange, grisâtre, plus petite que la moyenne et en plus, elle était frileuse et nullement faite pour le froid des glaciers.
Elle ne fut pas la seule.
De ci, de là, naquirent d’autres semblables à elle, plus sensibles, plus fragiles et décidément mésadaptés.Ils faisaient tache dans le troupeau et la plupart étaient rejetés de leur famille, de leur clan, de leur troupeau et vivaient en marge du groupe, sur les pourtours de leur société, essayant tant bien que mal de se faire une petite place.
On les appela des mammouphants, car il fallait bien nommer ces choses pour savoir de quoi l’on parlait.
Dans certaines familles, plus tolérantes, plus bienveillantes ou simplement plus excentriques, on se mit à croire que, peut-être, ces êtres différents étaient porteurs d’un Mystère, d’une Sagesse, d’un Sens particulier, car qui a jamais entendu la Terre faire quelque chose pour rien?
D’accord, on ne les comprenait pas trop et on continuait de les trouver hors-normes. Mais il y eut bien des mammouths pour qui, bizarres ou pas, la progéniture reste la progéniture. Ils se sentaient concernés par ceux et celles qu’ils avaient mis au monde, qui venaient d’eux quoiqu’il en soit et ils firent de leur mieux pour y voir du positif. Ils préféraient appeler ces mammouths nus des Élémouths. Ils restaient convaincus, en leur for intérieur, de la sagesse du Grand Plan.

Élémouths et mammouphants se reconnaissaient aisément…au premier coup d’oeil! Ils aimaient se retrouver, se rencontrer même si leurs échanges étaient parfois houleux:
« Nous les mammouphants, on ne vaut rien, on ne sert à rien, on ne peut même pas vivre avec les autres près du glacier »
« Non, sommes tous des Élémouths, nous sommes l’avenir de notre race! »
« Vous êtes des aberrations comme nous! Vous vous entêtez à ne pas vouloir voir la vérité! Anormaux, c’est ce que nous sommes tous »

La Terre, elle, savait très bien ce qu’elle avait fait. Elle ne se souciait nullement du malaise individuel de ses créatures. Dans le Grand Orchestre de la Vie, elle était bien maîtresse et faisait ce qu’elle avait à faire pour que les peuples survivent au changement et mieux encore, qu’ils vivent et croissent.

Le Clan du Mammouth Laineux suivit les glaciers, de plus en plus au Nord. Leur population déclina, puis s’éteignit.
Les élémouths, quant à eux, réussirent à convaincre quelques mammouphants et ils décidèrent de fonder un nouveau clan et de se déplacer vers le Sud, où l’on disait que les glaciers n’existaient déjà plus…
Ensemble ils devinrent les Éléphants, cadeau de la Terre Mère à ses enfants; promesse de la continuité et de l’évolution.
Car vous l’avez bien compris, les éléphants, au fond, n’étaient que les messagers du monde à-venir, les précurseurs, les pionniers; premiers répondants d’un monde en mutation.

Alors si vous vous sentez différent(e)s, étranges, ou marginaux…
Si vous avez l’impression de ne pas vous reconnaître dans le monde dans lequel vous vivez…
Si vous êtes hypersensibles et en apparence mésadapté(e)s…
Si vous avez l’impression d’être porteur/porteuse d’un message, d’un appel, d’une vocation ou d’une mission…
C’est peut-être que notre Mère Terre a de nouveau chaud et que vous êtes des Éléhumains.

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Crédit photo: Google Image

Un McSpirit SVP

Imaginez un sculpteur devant son bloc de pierre,d’albâtre, de bois ou d’argile.

Il a son ciseau à la main et s’apprête à faire une pièce unique. Il n’est pas une machine. Toutes ses pièces sont uniques.

La pierre souffre-t-elle d’avoir été séparée de sa matrice?
L’albâtre regrette-elle sa falaise?
Le bois est-il nostalgique du tronc dont il est issu?
L’argile se sent-elle isolée loin de ses soeurs?

Souvent, je m’imagine que oui, sûrement, le matériau connaît sa source. Sa transformation ne se fera pas sans heurt, mais que pouvons-nous vraiment contre les forces qui nous façonnent? Connaissons-nous vraiment le but de tous ces coups, entailles et polissages?
Savons-nous faire confiance aux puissances qui nous forment?

D’abord il y aura un dégrossissage, au ciseau, au marteau, à la main.
Le sculpteur sculpte. Chaque morceau détaché, façonné le rapproche de sa vision.
La sculpteuse sculpte.
Viens un moment où l’on ne sait plus qui sculpte qui. Est-ce l’artiste qui se rapproche de son but ou est-elle inspirée par la pierre?
Car la pierre sculpte son artiste aussi. Elle murmure et guide, comme un vent frais: « je crois que je ressemble à ça »…
C’est une danse entre la Créatrice et sa créature, entre son Créateur et sa création.

Je vois tant de gens aller au fast-food de la spiritualité demander: un McSpirit SVP.
Il sont impatients et se retrouvent avec ce qu’ils/elles ont commandé: quelque chose de fade, peu nutritif, fait à la chaîne…qui mène à l’indigestion et aux boutons…
Pendant qu’ils/elles se tapent un surpoids de pensées remâchées, de croyances congelées, d’additifs pseudo-savoureux et de recettes usées, ils en oublient que le Créateur et la Créatrice sont à l’oeuvre.
Alors que nous construisons un sandwiche en moins de trois minutes, un jouet à la chaine en 5 minutes, un vêtement en moins d’une heure, un hôpital en deux ans ou une tour en trois ans…

Les Mains Divines, elles, savent bien que la vertu maîtresse est la patience; que chaque trait unique qui nous compose requiert du temps; que chaque étape ne peut-être précipitée qu’au risque de tout briser.
Pratiquez la patience.
Ayez confiance en Ses Mains, laissez-vous aller en Son Mouvement.
Laissez vous bercer par le chant du ciseau, le frottement du papier de verre, la caresse du Souffle qui écarte les copeaux et la poussière.
Entendez-vous le doux murmure de la Création qui chantonne en travaillant?
Pratiquez le silence.
Vous êtes une pièce unique.
Vous ne serez achevé(e) qu’à la fin de votre vie.

Jour de la Poésie

Hier soir, en rentrant dans la tempête, j’ai appris par la radio qu’aujourd’hui, le vendredi 21 mars, était le jour international de la poésie. Prise d’un élan subit, j’ai composé un poème, petite ode aux mots que j’avais envie de partager avec vous!

Poème
Mots que ma peau aime
Mots qui apaise les maux
1 ver, 2 verts, 3 verres, 10 vers
Dix vers, mots d’hiver
Sur des faits divers
m’haut
qui m’élèvent
m’eaux,
qui désaltèrent
m’O
qui encerclent
Mots, Vers, Miels
Mots vermeils
Mots, Merveilles!

Healing is no miracle

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These article were first published in French. Here is the english version. The translation is mine, so please forgive my errors in grammar, vocabulary or unclear meaning…I will improve with time!

I am sharing with you a series of 3 articles concerning disease, health and recovery. I’m increasingly distressed about the fact that, though modern medicine seems to claim it knows everything, people die more of cancer today then they did in the 1950’s…
There are a few assumptions I want to shatter and it’s not about treatment, intervention or the pharmaceutical companies,though there would be a lot to tell. It’s more in a matter of philosophy, ingrained belief, or statements that are contrary to healing, contrary to treating humans with dignity, contrary to basic biological function,contrary to basic psychology,contrary even to the idea that we are connected to our bodies and that our bodies are a reflection of our innermost self. Even though it may not please us to be reminded that our body IS us, I cannot agree with the mechanistic approach of modern medicine. This medicine treats the body as if it were a vehicle without a driver. Change the oil, replace the tire, take the engine light off if we can’t find what’s wrong,repair the transmission, take out a few « useless » parts (who needs an appendix anyway?), and when all else fails condemning the vehicle and hoping to recuperate some scrap part for others. Never ask yourself how the driver drives, never ask the driver what’s going on in his or her life, lest we connect with emotional hurt, distressing circumstances,stressful or violent environment, poisonous food or environmental contamination, destructive relationships, trauma…
Because on top of everything else, according to the medical community, there’s is no salvation outside modern occidental medicine. No plant taking, no alternative medical option,no therapy, no prayer, no changes of lifestyle that can heal you.

These article are in three parts:
-Disease should not be fought
-Healing is no miracle
-Death is not a failure

Disease should not be fought

In my reflexion on sickness, health and recovery, I find it necessary to reassess a few commonly accepted beliefs and biases where modern medicine (and the environment?) has become the new religion and is straying from both science and art. (In case you didn’t know, medicine is an art, not a science…it is the art of applying modern science and research to the healing of patients).
It seems we have forgotten that Life remains a mystery and people do heal from incurable diseases, death sentences, or terminal phases.
I am strongly against a recent tendency where modern medicine quickly and irrevocably condemns patients when we, in truth and humility, don’t really know everything (or even much) about healing mechanisms.
Diseases should not be fought!

Listen around you: « he lost his fight against cancer » « together we can fight multiple sclerosis » « she was a fighter till the end » « you’ll have to fight this one to live ».
The dice are now thrown with their venom. Disease is a fight, a mortal combat, a deathly engagement and the strongest will win. And we do have our ammunitions in terms of medication,treatments, interventions to « kill the enemy ». And it is a formidable opponent: vicious, invasive,sneaky, a shape shifter that can even turn your own immune system against you.
Here we are in the arena with our boxing gear against our sickness who wants us dead.
Our stress rises which each passing round; our hope diminishes with each new symptom that appears.
Disease becomes impersonated as an evil entity that is like a parasite, that feeds on us and is just waiting for the opportunity to get us for good.
A real nightmare,isn’t it? But even worse, it is sheer madness!
It is very hard to heal under those conditions.

No matter what is the cause or origin of any sickness, how can we thing of healing in the mist of a war?
Is war a sane model to follow? Too many Hollywood flicks, if you ask me!
Being in a stressful mode, we know, diminishes our immune response, weakens our system, prevents us from sleeping well (sleeping being an essential component to healing), lowers or inhibits our cognitive processes, and so on.
Fighting keeps me alert, ready to fight or flee. Just imagine you had a broken leg and then you have to walk for a couple of miles…do you really think that would promote healing?
Though this is what you are told. Fight disease.
So, whatever sickness is upon you, whatever dis-ease, it becomes essential for you to, first and foremost, regain your inner calm. Refuse to fight your own body; make a lot of space for rest and tranquility in your life.
Remember your body wants to live at least as much as you do; maybe even more. Your body cannot hope for an afterlife of anykind.
Remember that sickness is often the body’s way of trying to regain balance.
Remember that a cancerous cell is still your cell. This sick cell, doesn’t come from somewhere else. It is a part of you and it represents what is happening in you. And this sick cell obeys the law of biology and responds to orders given by the brain.
Listen to your body and even in the middle of all those treatments and interventions, rest. Rest your body; rest your mind.Rest your soul.Remember to play, and think good thoughts.
Take the time to answer these questions you’ve been asking yourself for so long: what do I really need? What are my unfulfilled dreams? What do I need to do to find Joy again? Who I am really? Who do I love? What is the meaning of my life? Where am I going? Is that in my best interest? What should I refuse or reject in my life that I did not dare to before? If I were free, what would I do now?

Have you ever seen a sick animal? It lies down in a quiet corner; it eats less;doesn’t strain, push or try hard at anything;it is patient, truly patient and confident. It does not anticipate.
Earth is a beautiful place; Life is meaningful event though its meaning might be mysterious; the universe is watching over you.
Take care of yourself as you would a sick child: patience, forebearance,benevolence,confidence and tranquility.

Diseases should not to be fought!

For the second article: Plus

La mort n’est pas un échec (partie 2)

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La Mort comme réponse

Cette peur de la mort est probablement à l’origine de notre recherche du divin.Pourquoi vivons-nous? Pourquoi mourrons-nous? Que se passe-t-il après la mort du corps? Est-ce que la réincarnation existe ? Avons-nous une âme immortelle?
Nous avons élaboré tant de croyances, tant de rituels et de tabous autour de la mort. Malgré cela, nous ne parvenons pas à faire du sens avec le mystère de la Vie et de la Mort.
Nous croyons que nous pouvons repousser la mort, « retenir » quelqu’un(e) et l' »empêcher » de partir. Nous croyons pourvoir « gagner du temps » avec des traitements parfois très souffrants. Nous tentons de marchander avec la mort pour un peu plus de vie. Pouvons-nous, en vérité, faire cela?
Seul mourir nous permettra de répondre à ces questions ultimes. Peut-être.

Cette étape de vie fait partie de nous depuis le début du Temps. Comme si l’univers, dans sa grande sagesse, avait prévu une porte d’entrée et de sortie dans ce monde temporel et temporaire.
Si nous pouvions voir les tenants et les aboutissants de nos vies, nous pourrions voir que la mort est juste. Elle arrive au bon moment compte tenu du déroulement de notre vie, de la continuité de notre vie dans le sillon tracé par nos ancêtres, de l’harmonie du monde qui prévoit, dans l’orchestre Divin, des silences bien à-propos. Pas de fausses notes, aucune fausses sorties, aucune erreur de tempo. Juste un chef d’orchestre que nous ne voyons pas très bien et une musique si vaste qu’elle se trouve en dehors de notre compréhension.
Ceux et celles qui ont vu la mort de près et en sont revenu(e)s en ont eu un aperçu…

Tant que vous êtes vivant!

Ne mourrons pas avant l’heure. Ne croyons pas les malédictions déguisées en diagnostique statistiquement inéluctable (qui ne sont, après tout, que des opinions médicales basées sur nos maigres connaissances d’aujourd’hui). Sachons rester vibrant et dans la gratitude de ce présent, ce cadeau mystérieux et merveilleux que l’on nomme la vie. Soyons conscient(e)s de cet immense privilège de respirer et de pouvoir partager encore ce monde.

Il nous revient d’accueillir la mort comme une étape normale du chemin. Il nous revient de vivre chaque jour si bien nos vies que nous nous sentions rempli(e)s. Que, comme le disait si bien Crazy Horse, « aujourd’hui est une bonne journée pour mourir ». Que chaque jour le soit.
Il nous revient d’accompagner les gens que nous aimons ( et même nos animaux!) dans ces moments ultimes et ainsi nous apprivoiserons cet instant.
Il nous appartient de trouver et vivre selon une philosophie qui nous permette de faire la paix avec la mort; d’avoir confiance en notre corps et en son désir intrinsèque de survie: il nous mènera le plus loin qu’il peut!
Il nous appartient de pratiquer le lâcher-prise, le laisser-aller dans les sphères de nos vies afin que cette habitude soit bien ancrée en nous.
Ainsi, quand ce sera notre tour d’aller vers le repos éternel,quel que soit le moment ou les circonstances, puissions-nous le faire paisiblement, dans la certitude que la mort n’est pas un échec, mais bien une étape de la Vie.

Je vous laisse sur les mots magnifiques et paisibles de « Baba Aziz », un film soufi dans lequel un grand-père se sachant mourir console sa petite fille en ces termes:
« Quand tu étais dans le ventre de ta mère et que tu ne connaissais que cela, m’aurais-tu cru et écouté si je t’avais dit de ne pas avoir peur, de ne pas t’inquiéter…qu’ici il y a le chant des oiseaux, le vent qui court sur le sable du désert, les étoiles dans le ciel, des paysages d’une grande beauté?Que tu pouvais quitter l’abri de tout ce que tu connaissais pour entrer dans un monde plus vaste encore? Ne t’inquiètes pas, ma petite fille, là où je vais il y a le chant d’oiseaux que je n’ai jamais entendus, le vent sur des sables que je n’ai jamais vu, un monde plus vaste que je ne puis l’imaginer… »

(transcription approximative)

ho!

Photo: Death Valley
Licence
Copyright Tous droits réservés par Peter Gutierrez

la mort n’est pas un échec…(1ère partie)

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Pierre Teilhard de Chardin:

« Lorsque sur mon corps – et bien plus sur mon esprit – commencera à marquer l’usure de l’âge,
quand fondra sur moi du dehors, ou naîtra en moi du dedans,
le mal qui amoindrit ou emporte, à la minute douloureuse où je prendrai conscience
que je suis malade ou que je deviens vieux, à ce moment dernier, surtout,
où je sentirai que je m’échappe à moi-même, absolument passif aux mains
des grandes forces inconnues qui m’ont formées,
à toutes ces heures sombres, donnez-moi, mon Dieu, de comprendre
que c’est Vous – pourvu que ma foi soit assez grande –
qui écartez douloureusement les fibres de mon être,
pour pénétrer jusqu’aux moelles de ma substance,
pour m’emporter en Vous »

Un combat contre quoi?

Il a perdu son combat contre la maladie; elle a été terrassée par son cancer…et toutes les variations sur le même thème. Voici donc, dans la grande arène de la Vie, le grand combat: dans le coin droit M. Toutlemonde ou Mme. Unetelle se battant pour sa vie. Dans le coin gauche, La Maladie qui n’attend que le moment de son triomphe quand, accompagnée de la Mort, elle viendra à bout de la vie.
Dans un combat ordinaire nous pouvons voir l’enjeu. Il y a un gagnant, un perdant. Un but à atteindre, un prix à gagner.
Pourtant, dans ce combat épique où chaque jour nous défions la mort, que gagnons-nous? Un sursis? Ou une illusion de sursis?
Et la mort, que l’on voit tout d’un coup comme une entité en elle-même, ou la maladie, sombre personnage qui semble se tapir dans un coin à l’affût de la moindre faiblesse de notre part, que gagne-t-elle? Plus

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