SOUS LE VENT DU…

Chaque mois, à la nouvelle lune, le vent change. Chaque vent (il y en a huit) a sa propre influence et peut nous bousculer dans nos vies. Comprendre cette influence nous permet de mieux accepter ce qui nous arrive et faire la différence entre ce qui nous appartient et ce qui est extérieur à nous. Plus

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Implorer une vision


Pleurer pour une vision

Hanbleceya est le mot Lakota qui décrit la Quête de Vision. Il se traduit plutôt par implorer une vision ou pleurer pour une vision. C’était un moment à part que le quêteur ou la quêteuse prenait afin de préparer le lieu intérieur pour recevoir une vision. Plus

Celle-Qui-Louange

Le 31 janvier 2018,nous voici dans la belle lune de Celle-Qui-Louange.

Nous entrons dans une lune de contemplation. Une lune qui nous invite à regarder notre intérieur et aussi notre vie extérieure. Il est temps pour nous de nous assoir en nous-même dans notre temple , cet espace sacré en nous. Prenons le temps de regarder en faisant silence, en invitant le calme, la patience, la tranquillité. Il y a sûrement un ménage qui s’impose; un « temple » se doit d’être ordonné et accueillant pour l’âme qui y réside. Le plus important cependant, est d’y mettre Celle-Qui-Louange.

J’aime tellement ce mot en français. Je m’imagine louer un Ange. Pas juste dire merci, encourager,féliciter ou honorer, mais bien avoir les services d’un ange. Je me demande bien ce qu’on peut offrir en échange de service à un ange…
Mais, blague à part, revenons à nos moutons (nos anges et nos louanges).

Cette lune nous parle de gratitude. D’honorer le bien, le divin,le bon en l’autre,en soi, en la vie, en l’univers. La gratitude est une attitude. Cela se cultive, comme un champ que l’on retourne, que l’on nourrit, dont on prend soin.

Nous avons tous eu des gens qui nous ont aidé, encouragé ou soutenu à des moments difficiles de notre vie. Nous ne pouvons pas nous construire sans le regard des autres. Et quand certains regards nous ont blessé(e)s, d’autres sont venus guérir. Que de puissance il y a parfois dans un simple geste, un mot bienveillant, un encouragement, un sourire, un regard empathique. La condition humaine est à la fois vulnérable, fragile et si résiliente!
Bien que notre cerveau ait plutôt tendance à se remémorer les moments difficiles (il faut 5 évènements positifs pour contrebalancer l’effet d’un évènement négatif), car c’est sa façon d’être prêt à toutes éventualités pour assurer notre survie en cas de récidive d’incidents mauvais, nous pouvons faire l’effort de retrouver et vivifier nos bons souvenirs.
Si vous êtes encore en vie aujourd’hui, c’est que plusieurs ont croisé votre chemin et ont laissé en vous le souverain remède : l’amour dans toutes ses formes, petites et grandes, évidentes et subtiles,douces et dures…Eh oui, parfois l’amour s’exprime aussi comme un coup de pied, comme une douche froide, comme une pression intolérable qui nous pousse au changement.
Prenez donc le temps de vous souvenir de ces bons moments où un autre, une autre, est venu(e) être le baume sur vos plaies
Quand c’est possible, faites la démarche de les remercier. Ce que j’ai vu de plus puissant et de plus émouvant dans ma vie, dans les espaces rituels, c’est quand les gens se donnent l’autorisation de rentrer pleinement dans toute la gratitude qu’ils/elles ressentent face à quelqu’un qui les a aidé, soutenu. Certains doivent leurs vies à d’autres, qu’ils/elles en soient conscient(e)s ou pas.
Des études psychologiques ont démontrées que pouvoir remercier en personne des gens qui nous ont soutenus par le passé nous transporte dans un bien-être pendant des jours, voire même pendant des mois!

Vous même, à votre insu, avez déjà été celui ou celle qui a eu le regard soutenant, la parole guérissante, le geste qui sauve. Car ce sourire que vous croyez anodin, cette parole qui vous a semblé naturelle, ce geste si facile, a pu être le catalyseur d’une guérison, d’un changement de trajectoire, d’un apaisement dans la tourmente de l’autre. Ne vous en privez pas!

Alors dites merci à profusion. En mots, en gestes, en regard, en silence. Être en vie est déjà un miracle, un privilège immense, un Mystère qui mérite nos louanges.
Chaque soir, repassez votre journée dans votre tête (votre cerveau le fait de toute façon,de manière inconsciente, mais là je vous invite à le faire en pleine conscience). Et, délibérément, retenez les éléments positifs de votre journée. Cherchez-les s’il le faut. Et dites merci pour chacun d’eux.

D’un autre côté, soyez aussi l’ange de quelqu’un et offrez votre soutien, vos encouragements, votre foi aux autres.Imaginez-vous semeur, semeuse de lumière dans les lieux sombres; nuage de pluie fraîche dans les lieux arides; corne d’abondance dans des lieux affamés.
Mettez de la bienveillance dans vos yeux, dites merci à la nourriture que vous allez manger, remerciez abondamment pour les bonnes gens dans votre vie et les belles choses qui surviennent.

C’est simple, il y aura toujours d’autres remerciements de disponible dans votre sac à gratitude!

Partager avec d’autres vos belles synchronicités, vos résolutions, vos guérisons. Cela en augmente le potentiel.
Imaginez un cercle vertueux dans votre vie : la gratitude appelle la gratitude…

Merci à vous, mon lectorat. Vos présences honorent ma vie et donne du sens à mon écriture.
Ho!

crédit photo: Moon Angel, par sadler0, sur Filckr

Celle-Qui-Tisse-Sa-Toile

celle-qui-tisse 3le 1er janvier 2018, vers 21h, nous entrerons dans notre 10ième lune: Celle-Qui-tisse-Sa-Toile.

L’araignée, cette grande tisseuse, s’élance hors de son repaire à toute vitesse pour réparer un accroc à sa toile.
Puis, elle reprend son poste de vigile, patiente et présente. Elle peut se laisser bercer par le vent, son ouvrage est solide. Si solide qu’il n’a pas son pareil dans la nature. Elle sait que la vibration la préviendra que son piège a fonctionné, encore une fois, et que sa nourriture est venue à elle.
Elle nous dit: cent et cent fois sur le métier remettez votre ouvrage.
Elle ne se décourage pas et reprend tout le travail dès le début s’il faut refaire sa toile malmenée ou détruite.

Cette lune nous parle du travail, et de notre relation au travail.
Comme l’araignée qui tisse patiemment sa toile, qui la répare, qui la surveille, nous aussi, dans notre travail, sommes à la chasse.
Même si notre travail est dans un bureau, nous chassons pour avoir de la nourriture, de la protection, du vêtement. Nous contribuons à notre société au sens large tout en nous faisant vivre et vivre nos proches.
Nous pouvons dire que le travail, dans le sens de ce que nous faisons pour répondre à nos besoins, fait partie de la vie.
Durant cette lune, nous sommes invité(e)s à regarder quel place le travail prend dans notre vie et comment faire pour que cette place soit juste, équilibrée.

le mot travail lui-même est indicateur de déséquilibre.
Quand, anciennement, on mettait quelqu’un au travail il s’agissait de torture, d’écartèlement pour obtenir des aveux. Cela parle de souffrance (d’où le mot travail pour le labeur de l’accouchement). Certains vont au boulot (avec un boulet?), d’autres au travail, certains oeuvrent, professent, exercent, bûchent, bossent, tâchent, produisent, fonctionnent ou triment.

Lequel de ceux là vous représente le mieux?

Prenez le temps d’évaluer la place, la qualité, la quantité de travail dans votre vie. Sortez un peu du tourbillon qui vous entraîne à l’extérieur de vous. Retrouvez votre centre, le sens de vos valeurs profondes, de vos rêves.
Apprenez à sortir du cercle vicieux de la consommation qui compense pour le manque de Vie et entraîne plus de travail pour poursuivre cette spirale infernale. D’autres choix s’offrent à vous.

Trouvez conseil auprès de l’araignée. Elle tisse sa toile et attend posément. Elle répare courageusement sans rechigner. Elle sait comment se déplacer dans sa propre toile sans jamais s’y prendre. Elle est sensible à son mouvement. Elle est patiente (une qualité que nous gagnerions tous et toutes à développer, encore et encore). Elle est donc efficace et économe, tant en temps qu’en énergie.

L’araignée est aussi, et surtout, Celle-Qui-Tisse la toile des différentes réalités. Elle tisse nos rêves, le monde visible et invisible et tous ces mondes subtils auxquels nous avons rarement accès.Elle tisse le Temps, et nous nous croyons alors soumis(e)s à celui-ci. Elle tisse et retisse, passé, présent et futur dans la même toile. C’est elle qui peut nous montrer le chemin pour réécrire notre passé ou tisser pour nous même un meilleur avenir. Elle tisse nos peurs aussi, car la plupart des gens ont peur d’elle. C’est son pouvoir, plus que son aspect, qui nous rebute.
Avec ses huit pattes, elle symbolise les huit directions de la Roue et elle nous rappelle que nous sommes tous et toutes lié(e)s dans la grande Toile de l’univers,(uni-vers). Que ce que nous faisons individuellement à la toile, affecte aussi La Toile. Que ce que nous faisons aux autres nous affecte aussi. Que quand nous réparons notre tissage intérieur, cela répare aussi le Monde.

Prenons soin de la toile, la nôtre et celle qui nous entoure. Prenons soins des liens, proche et loin. Acceptons de nous sentir concerné.es par ce que les autres vivent, car il n’y a pas grande différence entre soi et l’autre. Au profond, les êtres humains se ressemblent dans leurs rêves, leurs aspirations, leurs besoins. Ne laissons pas le tissu social se déchirer sans faire l’effort suffisant, et à notre mesure, pour le réparer. Rappelons-nous que l’entraide, le partage et la collaboration ont toujours été les piliers de bases de la tribu humaine.

Merci à l’araignée qui veille sans relâche à l’Harmonie du Monde… et qui nous invite à nous poser ces questions:
Quel genre de Tisserand(e) sommes nous? Quelle est la toile que nous tissons? À quelle toile participons-nous? De quelle toile sommes-nous prisonnier.es ? Quelle toile devrions-nous refuser de tisser? Qu’est-ce que nous attrapons dans notre toile? Est-ce suffisant? Juste? Trop?

Apprenons à tisser des toiles arc-en-ciel pour attraper la Joie.
Ho!

crédit photo: Carole Poirier , Celle-Qui-Tisse 2013

Honorer le Mystère

Une très belle chanson de Michel Fugain commence ainsi:
« Dis moi pourquoi on rit
Dis moi pourquoi on pleure
Pourquoi on vit et on meurt… »

Ce monde est plein de pourquoi.Comme un.e enfant de trois ans, nous n’avons de cesse de nous poser et de poser mille questions. Et à toutes ces questions nous octroyons des réponses, selon nos croyances ou nos lunettes du moment: absolutistes, relativistes, mystiques, pragmatiques, rationnelles, ésotériques, new-age ou old-age, religieuses, déterministes, quantiques, symboliques, poétiques…
Dans les meilleurs cas nous avons plusieurs lunettes, nous regardons plusieurs intersections, nous restons relativement souples dans nos perceptions.
Dans d’autres circonstances nous restons accroché.es à une seule lunette, une seule interface pour entrer en relation avec ce monde. Alors il n’y a qu’une seule réponse. Une unique réponse déclinée en plusieurs couleurs, mais qui, au fond reste la même.ainsi nous faisons l’économie de l’effort que cela exige de regarder plusieurs points de vues, plusieurs angles d’un même objet. Et nous nous satisfaisons de peu.
Nous prenons des réponses car l’angoisse de ne pas savoir nous guette. La peur que tout ceci soit insensé: la vie, la mort, notre raison d’être sur la terre, le Sens, la direction, le destin.
Ce « pourquoi » lancé dans l’univers nous hante. Parfois c’est un « pourquoi ça », parfois un « pourquoi moi », ou un « pourquoi maintenant et ici ».
Toutes ces réponses que nous adoptons nous calment un moment; nous donne à croire à un Sens essentiel, une juste marche de l’Univers qui, même si elle est souvent incompréhensible pour les petits humains que nous sommes, semble organiser le Chaos.

Puis il suffit d’une nuit noire de l’âme, comme l’appelle l’auteur Thomas Moore, pour que plus rien ne tienne et que reviennent en force les pourquoi. Ces moments où plus aucune de nos anciennes réponses ne repoussent l’ombre; où le sens est introuvable; où le Mal semble triompher; où vivre est un fardeau; où l’amour semble une illusion ou un rêve lointain presque totalement effacé. Dès que nos plans ne fonctionnent plus, que la mort ou la maladie surviennent, que ce que nous croyions solide s’effondre, que notre environnement ne nous soutient plus, que l’Impensable advient, nous basculons dans une nuit noire de l’âme où tout nos anciens repères sont inutiles.

Ce sont des moments sacrés. Car, quand nous n’avons plus de réponses toutes faites, nous pouvons entendre le Silence entre les sons. Le murmure du Mystère. Ressentir le vertige de l’incertitude. Nous pencher au bord de l’abîme du chaos. Contempler le puits de notre ignorance et la profondeur de ce que nous sommes dans le même instant.

2017 se termine. C’est un moment de bilan. Au Québec nous vivrons un moment spécial: deux pleines lunes en janvier, aucune pleine lune en février, et deux pleines lunes en mars…comme si février était en parenthèse. Un cycle qui se termine et revient en même temps. J’ai commencé à suivre les lunes dans une année comme celle là.
Alors si j’ai une proposition à vous faire, en cette veille d’un nouveau cycle: honorez le Mystère.

Honorez le Mystère, invitez-le dans vos vies. Chevauchez l’incertitude. Déposez-vous dans l’inconnu. Faites de la noirceur une douce compagne, qui garde toutes les portes ouvertes. Ouvrez une réponse qui serait toujours plus vaste que votre question. Acceptez de ne pas savoir. Offrez-vous du Silence. Imaginez-vous sans réponse: n’y-t-il pas plus de place ainsi? Gardez en vous l’espace qui ouvre aux possibles, aux impossibles, aux miracles, à la magie, à l’émerveillement, à la Joie.
Il faut savoir se reposer de notre quête de Ça-Voir.
Il est bon que les pourquoi et les parce que fassent dodo de temps en temps. Par en leur donnant une énième réponse, mais en lâchant prise sur la question.

Ainsi, comme des enfants, vous pourrez vous déposer dans les bras du Mystère que vous entendrez peut-être vous murmurer:
« Je sais pourquoi je (tu) ris
Je sais pourquoi je (tu) pleure
Pourquoi je(tu) vis et je (tu) meurs
C’est parce que depuis
tant de jours et tant de nuits
Je t’aime »

Le guérisseur ne guérit pas

Il existe en nous ce fantasme: quelque part existe quelqu’un, quelqu’une qui a la clé de notre guérison. Cette personne SAIT ce qu’il nous faut, va nous mettre sur le bon chemin, nous donner les bons conseils, les bons produits à prendre, faire la bonne opération et voilà! Nous serons guéri.es. Comme par magie, peut-être même sans trop d’effort. Le rêve, quoi.

La demande pour les guérisseurs et guérisseuses est grande; les attentes aussi; les croyances abondent autour de la maladie et de la guérison depuis la nuit des temps, car il reste encore tant de mystères autour de ce qui nous rend malade ou de ce qui nous guérit. Shaman en tout genre pullulent, médecins « scientifiques » avec leurs preuves et leurs études, naturopathes, acupuncteur.res, ostéopathes, chiros, herboristes…médicaments, remèdes, vaccins, prières, rituels, homéopathie, allopathie, bye-bye-pathie…tout est bon. Sommes-nous réellement si loin de l’huile de serpent des charlatans ?

Le plus intéressant reste que, quelque soit le système utilisé, il y aura des guérisons, voire des « miracles ».
Quelque soit le cadre de référence utilisé (science, psycho-somatique, rêves, spiritualité, alimentation, méditation, jeûne, etc.) il y aura des guéris; et des non guéris.
Chacun.e tire la couverte de son côté et prétend avoir LA vérité…alors le chemin vers la guérison devient comme une religion. Et vous êtes tenu.es de vous y conformer à la lettre sinon point de salut! Et il est mal vu, parfois même interdit que vous essayiez quelque chose d’autre pendant que vous suivez un chemin prescrit: vous essayerez de prendre des plantes si vous êtes en chimio, pour voir…on vous dira toute sorte de trucs et certains seront vraiment de l’insanité…mais il y a souvent une part d’insanité dans les religions. C’est pas mieux chez les médecines « douces » où certains refuseront de vous traiter si vous êtes parallèlement en suivi médical.

Pendant tout ce temps là, notre quête reste extérieure. On nous a convaincu que c’est l’environnement, les microbes, l’alimentation, le stress, votre ex ou votre belle-mère, vos enfants ou votre patron qui sont à l’origine de vos maux. Ce n’est peut-être pas faux, mais ça reste incomplet comme image. Nous prenons pour acquis notre santé jusqu’à ce qu’elle flanche et tout d’un coup nous voilà en panique, à la recherche du guérisseur ou de la guérisseuses qui fera le chemin à notre place…en cherchant LA cause de notre mal.
La vie est multifactorielle, la maladie et la guérison le sont donc aussi.

Mais surtout, la maladie et la guérison se passe en vous; dans votre corps, votre coeur, votre tête, votre âme. Ce n’est pas l’extérieur seulement qui agit, mais aussi, et surtout, comment vous le recevez à l’intérieur. Comment vous le vivez, vous l’interprétez, vous personnellement, selon vos croyances, votre regard sur la vie et votre expérience passée.

TOUT peut se guérir. L’histoire est pleine des preuves de tous ces gens qui ont guéri de l’inguérissable ou du « terminal ».

Mais le guérisseur, la guérisseuse ne guérissent pas. Ils et elles vous accompagnent sur le chemin, vous soutiennent, vous encouragent, vous poussent ou vous tirent…chacun.es selon ses référents. Ultimement, la guérison, quand elle advient, est intérieure, intrinsèque et à la fois mystérieuse et naturelle. Il en va de même pour la maladie.

Alors ne passez pas à côté de la quête intérieure; de la communication profonde avec vous-mêmes; de l’écoute de vos blessures, de vos aspirations, de la Vie en vous qui veut continuer le plus longtemps possible.
Que votre quête soit multiple, comme les causes de vos mal-être: essayez ce qui vous appelle, ce qui vous parle, ce qui vous semble juste; ne restez pas sur un chemin qui ne donne rien, ou trop peu, trop longtemps. Nul ne peut prétendre savoir d’où viendra votre guérison.

Soyez pour vous même la meilleure des compagnes, le meilleur des compagnons, car, quoiqu’il arrive, quelque soit l’issue ou le destin qui vous attend, vous aimer vous-mêmes, aimer ce qui est, aimer même ce chemin ardu de maladie et de guérison, cela est une voie royale vers une sérénité bienfaisante, bienveillante.
La paix intérieure, la tranquillité d’esprit, l’acception, le consentement à votre vie, l’accueil de votre corps dans sa totalité, et la confiance dans le destin, sont toujours gagnants.

L’Ombre du Réel

Nos cousins américains ont inventé un terme intéressant: Reversed Engeneering. Ou ingénierie à rebours (si quelqu’un a une meilleure traduction, je suis preneuse).

Quand une compagnie veut faire l’économie de l’innovation, elle achète un produit fini de son compétiteur et de le défait en petit morceau pour retrouver comment ça marche, avec beaucoup moins de coût en recherche et développement. Quel rapport, me direz-vous, entre l’ingénierie à rebours et un blog sur la spiritualité et les relations humaines?

J’y arrive.

Quand nous voyons un problème, une difficulté dans nos relations ce n’est pas toujours évident de savoir quoi faire, de changer de comportements, de voir ce qui fonctionnerait mieux. C’est là que l’ingénierie à rebours intervient de manière précieuse.

Les gens qui ont du talent dans leurs relations sont, en fait, de bon.nes observateurs.trices, soit naturellement, soit par expérience. Nous accumulons toutes sortes « d’évidences naturelles » durant notre croissance. Nos neurones-miroirs sont des championnes de l’apprentissage par observation et mimétisme et  notre environnement est riche en relations (qu’elles soient positives ou négatives, plaisantes ou douloureuse, saines ou dysfonctionnelles) qui sont le terreau de nos apprentissages « automatiques ». Ce que nous avons appris, deviendra notre « naturel ». Arrivé.es à l’âge adulte, et face à des ruptures, des échecs, des difficultés, force est de constater que nos apprentissages ont des trous. La bonne nouvelle c’est que l’on peut apprendre d’autres façons de faire, de nouveaux comportements, de difféntes manières de penser et d’agir.

L’autre nouvelle est que ce qui est vrai pour la lumière l’est aussi pour l’ombre…

Dans la partie lumineuse, nous pouvons apprendre à regarder des gens qui réussissent, quelque soit le domaine qui nous intéresse: éducation des enfants, relations interpersonnelles et amoureuses, relations d’affaires et leadership etc…

Nous pouvons observer le comment : comment parlent-t-ils.elles avec leur enfants? Leurs partenaires? Comment mettent-ils.elles des limites? Comment donnent-ils.elles? Comment refusent-ils.elles? Comment reçoivent-ils.elles, les commentaires, les critiques, les demandes, les cadeaux? Comment regardent-ils.elles les autres ? Comment gèrent-ils.elles les conflits, les erreurs, les échecs, les épreuves? et tant d’autres comment!

Pour peu qu’on ait la chance de les côtoyer dans leur intimité, nous pouvons apprendre, voire absorber leurs façons de faire et commencer à les appliquer dans nos vies.

Sans modèle, tout changement est ardu, car c’est comme s’il fallait réinventer le feu à chaque pas, alors que d’autres sont déjà à l’électricité, voire même au laser.

À défaut de trouver des modèles extérieurs, car ce n’est pas toujours aisé, nous pouvons commencer par des modèles intérieurs.

Nous pouvons observer ce que nous faisons « naturellement bien ». Par exemple, si mes amitiés sont plus fluides, nourrissantes, simples que mes relations amoureuses, je peux commencer à observer comment je fais mes amitiés: comment est-ce que je regarde, pense, agit, entends…Avec une observation rigoureuse, bienveillante et constante, je découvrirai peut-être que j’écoute mieux mes ami.es que mes partenaires, que mon discours intérieur est plus tolérant envers eux.elles, que je les encourage plus…qu’à cela ne tienne, je peux transférer cette façon de faire avec mes amoureux.ses! Avec de la pratique, même si ce sera parfois ardu de repousser le « naturel » je finirai par pouvoir avoir la même attitude bienveillante avec d’autres que je suis capable d’avoirs avec certain.es.

L’ombre

Les prédateurs aussi sont de fins observateurs. Ils savent se camoufler ,se faire passer pour d’autres, tromper nos sens. Il y a une araignée qui sait produire l’odeur de la femelle en chaleur de sa proie…elle « caméléonne » si bien que sa chasse est très efficace.

Il en va de même chez les êtres humains. Il y en a qui, pour toutes sortes de raisons, et à causes de toutes sortes de dispositions génétiques ou acquises, de troubles de la personnalité, de traumatismes, ont appris à très bien faire le caméléon. Ils-elles savent « d’instinct » ce qui va vous faire plaisir, vous blesser, vous faire perdre pied, vous faire sentir coupable…et ils-elles se servent de tout leur talent, non pas pour améliorer les relations humaines,vivre plus de joie et d’harmonie ou échanger de manière plus authentique, mais pour leur propre profit. Ils-elles savent jouer l’empathie, la gentillesse, la stabilité mentale, la rationalité, la tristesse, l’indignation etc, aux bons endroits, aux bons moments.

Ils-elles ont l’air sincère; et nous trompent, nous manipulent, nous trahissent, nous détruisent…à petit feu habituellement. Leur plaisir est dans l’ombre. Ils-elles s’ingénient à trouver le bon vers pour cacher l’hameçon qu’ils-elles vont vous tendre…attendent patiemment qu’il soit bien enfoncé en l’enrobant de ce que vous croyez avoir besoin: gentillesse, considération, compréhension. Puis vient la traction plus ou moins violente. Certain.es donnent des petits coups répétitifs en passant de la gentillesse à la culpabilisation par exemple…d’autres y vont pour un grand coup qui vous immobilise immédiatement.

Quelle que soit la méthode, elle est savamment rodée, astiquée, et soignée.S’ils-elles ont commencé doucement, comme n’importe quel.le débutant.e, ils-elles peuvent devenir redoutables  avec la pratique, la réussite et la satisfaction qu’ils-elles ont à vous déjouer tout en étant presque invisible aux yeux de ceux et celles qui ne sont pas leurs proies du moment. Parfois le défi devient de voir combien de personnes ils-elles peuvent tromper sans se faire voir, sans se faire attraper. révéler ou saisir. Le policier, le juge, le psy, le patron, le banquier, deviennent des challenges excitants et chaque victoire leur donne une sensation de puissance qui devient comme une drogue, une obsession.

Comme le Semeur de Zizanie dans Astérix, ou ce que les connaisseurs de chevaux appellent les leaders « chaotiques », leur plaisir est dans la destruction, la confusion, le chaos, la victoire sur l’autre. Ils-elles sont difficiles à voir et à saisir. Ils déjouent si bien nos sens que nous nous précipitions sur l’ombre qui est projetée pensant avoir de la substance, de l’authenticité, du réel pour nous retrouver les mains vides sur de la fumée qui s’échappe…nos propres peurs, désirs, failles, blessures, rêves, illusions deviennent les hameçons utilisés par leurs mains expertes. Ils peuvent nous parler pendant des heures pour nous convaincre qu’ils ont raison, ou que nous avons tort, ou que c’est nous le problème…nous pouvons retomber souvent avant de bien comprendre la nature exacte de ces prédateurs. Nous avons de la difficulté à imaginer, à croire ou à admettre la réalité qui se joue sous nos yeux. Il nous semble impossible que quelqu’un.e puisse, en vérité, être si égoïste, pervers.e,méchant.e,si peu empathique et si incapable de se remettre en cause, se remettre en question. Le prédateur à toujours raison. Et s’il nous dit que nous avons raison, c’est que cela sert son propos pendant un moment, mais le tapis sera vite retiré de sous nos pieds. Et le prédateur, la prédatrice, passera à l’attaque.

L’ombre est tellement déformée par rapport à l’objet éclairé…tellement loin du miroir, qui tente au moins un reflet juste.

L’ombre n’est pas le réel.

Alors que l’Initiateur nous invite à laisser tomber nos masques, nos façades, nos faire-semblant, chaque pas dans cette direction nous rend plus authentique, plus connecté.e, plus observateur.trice…et donc plus capable de voir par delà le vernis, l’apparence, la manipulation.

Quand nous regardons les faits, quand nous sommes capables de voir ce qui est cohérent de ce qui ne l’est pas, quand nous observons attentivement ce que les gens font au-delà de ce qu’ils.elles disent ou prétendent, alors leurs masques tombent aussi et les voilà révélées pour ce qu’ils.elles sont: une ombre déformée et vide de substance.

La prise de conscience de ce qu’ils ou elles sont nous libérera de leur emprise, même si, dans le monde réel, nous pourrions être contraint.es de les côtoyer encore et être impuissant.es à les arrêter. Nous serons en train de regarder le réel, et moins distrait.es par son ombre. Nous ne serons plus dupes.

Et n’est-ce que ce que nous sommes en train de constater sous nos yeux, un peu partout sur la planète en ce moment?

Oui.Les masques tombent; les façades se fissurent;les apparences s’effritent;les vernis craquent;les ombres se révèlent. Yé!

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