SOUS LE VENT DU…

Chaque mois, à la nouvelle lune, le vent change. Chaque vent (il y en a huit) a sa propre influence et peut nous bousculer dans nos vies. Comprendre cette influence nous permet de mieux accepter ce qui nous arrive et faire la différence entre ce qui nous appartient et ce qui est extérieur à nous. Plus

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Racontes-moi

Racontes-moi un voyage.
Une contrée lointaine ou ta vie de quartier.
Des nourritures exotiques ou ta meilleure recette de pâté chinois.
Des paysages à couper le souffle ou ton petit coin de parc.

Racontes-moi tes chemins.
Ceux que je n’ai jamais marchés, ceux que j’ai à peine entrevus et ceux que je crois reconnaître.
Tu sais,là où tu as failli tomber; là où tu es resté(e) longtemps couché(e) attendant un matin que tu n’espérais plus; là où tu t’es blessé(e); là où t’es relevé(e); là où la nuit n’existe pas et cet autre là qui n’a jamais vu le soleil.

Racontes-moi un plateau.
Ces endroits qui t’ont vu(e) stagner et où tu as oublié que ce n’était qu’un moment pour observer la vue et se reposer; Quand tu as oublié que la vie n’est pas une ascension constante.
Quand tu as cru qu’il fallait être la (le) meilleur pour avoir une quelconque valeur.
Quand tu as pensé qu’arrêter c’était comme la mort.

Racontes-moi une solitude.
Ce sentier que l’on prend si étroit que deux ne peuvent passer de front.
Celui habité par d’autres et qui pourtant t’a trouvé(e) isolé(e).
Celui où même la main de l’aimé(e) serrée forte dans la tienne est comme un souvenir.
Tu sais, le lointain-proche, ou le proche-loin; quand il semble qu’il n’y a plus de lien même au milieu de la présence d’autrui.

Racontes-moi ta tribu de nomade.
Celle qui te suit dans tes méandres et te donne une raison d’avancer.
Celle qui applaudit tes efforts, et qui entoure de tendresse tes blessures.
Celle qui te connaît, dessus, dessous et dedans et t’aimes quand même.
Celle qui n’a jamais honte de tes faiblesses et se réjouit à l’ombre de tes forces.
Celle qui, comme un chien fidèle, continue de suivre tes pas sans jugement.

Racontes-moi un voyage intérieur.
Par où es-tu passé(e) ?
Comment as-tu retrouvé le soleil, au travers de tes nuits noires de l’âme?
Quel sourire est resté sur ton visage au travers de tes larmes?
Où as-tu trouvé le courage, ces nuits-là, de te relever une fois de plus pour cet enfant qui pleure?
Comment t’es-tu tenu(e) debout?
Comment t’es-tu redressé(e) dans toute ta dignité?
As-tu pris conscience de tes clairières? Ces endroits inondés de fleurs et de beauté qui sont tes beaux atours.
Cette lumière qui t’anime et murmure la présence de ton âme.
Cette bonté qui parle du coeur qui bat dans ta poitrine et honore la vie.

Racontes-moi ta vie, tes danses, tes voyages dans les sept directions.
Ainsi, je me connaîtrai un peu plus.

Paroles, Paroles, Paroles

celle qui raconte, 2017

Lune de Celle-Qui-Raconte

Mais qu’est-ce qu’elle dit?

La communication est au coeur de la relation. Relation à l’autre, à soi, au monde.
Notre cerveau est programmé pour les langues, n’importe lesquelles. C’est si vrai que les enfants en bas âges peuvent être facilement polyglottes.
La langue est notre moyen de dire, de nous dire et de nous entendre. Nous comprendre parfois, et, plus souvent qu’autrement, nous donner l’impression que l’on a ou que l’on est compris. Mais ce n’est pas certain.
En fait, la langue est un objet virtuel et elle évoque en chacun(e) de nous quelque chose de différent, parfois même radicalement. Car la langue est colorée. Pas juste par des accents que le vent qui souffle sur le territoire a sculptés; mais aussi par pleins de sous-entendus, de vêtements émotionnels, de lunettes culturelles et cultuelles. Par exemple un mot qui été rempli d’amour et de connotations positives nous paraîtra doux à nos oreilles et à notre coeur. Par contre, ce même mot, s’il a été « appris » autrement dans un autre contexte, suscitera des interprétations négatives pour un autre auditeur. D’oû tous les possibles des mal-entendus.

Les langues se développent en fonction de l’environnement, des besoins, de la culture. Une langue est vivante car elle change et s’adapte au fur et a mesure que le monde change. Apparaissent des nouveaux mots, des adaptions prises dans d’autres langues pour notre enrichissement à tous.
La langue forme notre psyché, notre façon de penser et d’appréhender le monde. C’est pourquoi les personnes qui parlent au moins deux langues ont un cerveau plus efficace.
Une langue traduit une compréhension particulière et certains concepts qui existent dans une langue sont peut-être inconnus dans une autre. Cela affecte notre perception du monde, notre construction identitaire, notre organisation sociale. Imaginons une langue où le concept même de jalousie n’existe pas… alors l’émotion même de la jalousie n’existe pas non plus! (Voir à ce sujet « Ces émotions qui nous fabriquent. Ethnopsychologie de l’authenticité » par Vinciane Despret.) Si la jalousie n’existe pas, alors il n’y aura pas de crimes passionnels dans cette société.

Nous sommes formé(e)s, informé(e)s, voire déformé(e)s par la langue. D’où l’importance d’une langue riche et pleine qui nous permettent de nous développer pleinement. Georges Orwell, dans 1984, amène bien ce concept dans cette « novlangue », une langue appauvrie aux concepts pervertis (« la liberté c’est l’esclavage ») qui rendent les gens de moins en moins capables d’éveils, de révoltes, de relations.
La langue est complexe, comme la vie. Vouloir trop simplifier notre pensée, nos opinions nous rends moins capable de voir ou de combattre la manipulation des médias, des politiciens, des multinationales qui savent manier le verbe mieux que bien d’entre nous.
L’art de la pensée, la capacité à décoder le langage, la capacité de préhension de l’abstrait nous donne une vision plus large, plus claire et plus tolérante.
La philosophie devrait faire partie de tout apprentissage depuis un jeune âge. Apprendre à comprendre, à débattre, à argumenter (dans le sens noble du terme), a réfléchir plus loin est un bien essentiel.
Ainsi, nous apprendrions à reconnaître les manipulations faciles, la langue de bois, les affirmations tendancieuses , les liens douteux que l’on nous tend parfois pour nous engager dans une direction plutôt qu’une autre.
Aussi, à un niveau plus personnel, nous pourrions reconnaître plus facilement les personnes toxiques, manipulatrices, perverses qui se cachent derrière des façons d’utiliser la langue qui rendent confus, détournent le sens ou le propos,sont incohérents quand on y regarde de près. Ces tournures de phrase qui jettent le doute car elles sembles contenir un compliment et une insulte en même temps; du vrai et du faux intriqué; des exagérations, des minimisations, du dénis, de la menace, du chantage et j’en passe.

Durant cette lune de celle qui raconte, posons-nous la question: qu’est-ce qui est réellement dit? Qu’est-ce qui est sous-entendu? Est-ce que ce qui est dit est cohérent? (entre le dire et le faire, par exemple. Entre l’expression faciale ou corporelle et ce qui est dit. entre une affirmation, une croyance portée comme une évidence et la réalité…)
ET quand je parle: est-ce que ce que je dis est au plus proche de moi-même? Quel est le sens que j’attribue à ce que j’entends? Est-ce que je me tiens responsable de ce que j’entends? Suis-je conscient(e) de ce que j’émets et de ce qui arrive chez l’autre?

Que votre parole soit impeccable! nous invitait Don Miguel Ruiz dans son livre « Les 4 accords toltèques »
Alors au boulot!

Celle-Qui-Raconte

celle qui raconte, 2017


Mardi le 5 septembre 2017

Nous avons vu, nous avons écouté, maintenant il est temps de parler.
Qu’avons-nous à dire?
Prenons le temps d’écouter notre propre parole. Sommes-nous en accord avec nos dires? Que taisons-nous?
Nous arrive-t-il de mentir?

Celle-Qui-Raconte, se raconte et raconte les histoires de son clan. Depuis la nuit des temps nous nous racontons. Nous racontons nos chasses, nos souvenirs, nos rêves, nos peurs, nos espoirs, notre vie. Nous racontons des mythes et des légendes sensés contenir des sagesses, des observations du monde, des valeurs à embrasser, des chemins à suivre.
Nous racontons à nous-même des histoires…l’histoire de notre vie, revisitée maintes et maintes fois et qui, parfois à notre insu, se transforme, s’éloigne de plus en plus des faits pour s’adapter à notre perception des faits, notre émotion des faits, nos croyances et perceptions de ces mêmes faits. Si bien que deux personnes ayant vécu une même histoire ensemble ne la racontent pas du tout de la même façon.
Nous devons prendre conscience du rôle même que nous jouons dans l’Interprétation de notre vie. Sinon, nos épreuves ne pourront pas se métamorphoser en sagesse…elles demeureront les preuves accablantes de notre malheur et les raisons pour lesquelles, bien que le temps ait passé , nous ne puissions toujours pas retrouver la Joie.
Combien de justifications à nos malheurs sommes-nous prêt(e)s à entretenir?
Pourquoi rester malheureux(se)?
À quoi bon rejouer sans cesse en nous de ce film dont nous sommes les infortuné(e)s, dont le destin funeste n’apportera pas de résolution ni de bonheur durable?

Nous pouvons nous raconter autrement. Nous pouvons changer l’histoire de notre vie. Après tout, ce n’est qu’une histoire. Une histoire pas si différente de celle des autres humains sur la terre. Souvent, une histoire meilleure et plus facile que celle bien d’autres. Une histoire dans laquelle je peux aussi devenir l’héroïne, le héros. La personne courageuse qui a su traverser des épreuves tout en gardant son coeur encore battant dans sa poitrine; en gardant la possibilité de s’émerveiller et d’avoir toute la reconnaissance d’être simplement en vie malgré tout.
Nous qui aimons tant les histoires des Héros triomphants, des Héroïnes victorieuses, que la destiné ne peut abattre, que le malheur ne peut envahir totalement et qui émergent sages et fort(e)s des défis qui ont jalonnées leurs vies…
Pourquoi ne pas regarder notre propre histoire comme une aventure passionnante, pleine de rebondissement, dont notre âme se délecte sachant très bien que ce n’est qu’un film?
Racontons-nous autrement et nous verrons notre regard sur notre vie changer et nos blessures enfin se refermer.
Devenons auteur et acteur de notre parole, afin que nos actes suivent nos dires.
Apprenons aussi la valeur d’un silence.
Et surtout, sortons des critiques et jugements internes et externes qui empoisonnent la vie.

Dans les accords Toltèques, Don Miguel Ruiz nous mentionne cette règle:

Être Impeccable avec Sa Parole

Nous devons devenir conscient de notre parole, des mots que nous utilisons, de ceux que nous acceptons à l’intérieur de nous. Parfois les mots sont d’une grande violence et il est de notre responsabilité de ne pas les laisser pénétrer en nous et de ne pas les envoyer vers l’autre.

Se raconter tel que nous sommes, trouver la parole essentielle, celle qui ouvre vers l’autre et l’invite à nous rejoindre. Celle qui élève l’âme des enfants, les encourage et les console. Celle qui parle vrai sans fausse pudeur, juste pour raconter notre vérité.

Oser dire, dans un partage de notre être et retrouver la parole naïve et vraie de l’enfant, sortir des méandres de certaines politesses pour se rencontrer sans jugement et se raconter sans peur.

Ne plus maudire (mal-dire); sortir des commérages et ne plus participer à ces échanges malsains qui consistent à parler en mal des absents.

Usez sans restrictions de bénédictions (bien-dire). Ne mésestimons pas le pouvoir d’un bon mot, qui encourage et qui soutient. Combien d’entre-nous doivent le retour de l’espoir dans leur vie grâce à une parole bienveillante ?

Celle-Qui-Raconte, c’est la voix de notre coeur qui cherche une parole…

Crédit photo: Carole Poirier, bien sûr!

Écoute que coûte!

11 août 2017, Lune de Celle-Qui-Écoute, vent du Visionnaire

Écoutes ce que je te dis! Traduire: fais ce que je te demande.
Écoutes-toi parler! Traduire: ce que tu dis n’est pas bien.
Il y en a qui s’écoute un peu trop! Traduire: se mettre en priorité n’est pas bien.

Depuis le berceau, la plupart d’entre nous avons appris à ne pas écouter; et aujourd’hui nous en sommes devenu(e)s sourd(e)s.

Nous voilà fraîchement arrivé(e)s que déjà on enseigne à nos parents à ne pas « trop » écouter nos peurs, nos angoisses, voire nos cris de désespoir.
Certainement depuis le Dr Spock, dans les années soixante, la société occidentale a entrepris de « mater » ses bébés. Les mettre à l’horaire d’un boire au 4 heures et d’une nuit d’au moins huit heures. De ne pas trop les prendre, de ne pas céder à leurs « caprices » et surtout de ne pas se laisser « manipuler’ par cette petit boule hurlante qui doit être mise au pas le plus tôt possible.
Et puis la domestication continuera, inexorablement. On sera forcé de rester assis(e) à table , à l’école, durant le spectacle ou la lecture à la bibliothèque.
On devra avoir faim quand c’est l’heure de manger; avoir envie de pipi quand c’est le bon moment ou alors se retenir; à être malade les fins de semaines pour ne pas perturber le travail ou l’école ou bien y aller malgré nos malaises…faudrait pas trop s’écouter! sinon, où irait le monde?

Nous voilà adultes. Sourd(e)s à nous-mêmes, à nos besoins, à nos rêves, à nos désirs, aux frémissements légers de nos coeurs meurtris et de nos âmes en souffrance. Nos peurs deviennent alors les gardiennes de nos révoltes. Elles nous empêchent, nous envahissent, nous font hésiter, trébucher…elles nous alertent que tout ne va si bien dans nos vies trop huilées.
Nos insatisfactions deviennent les fenêtres qui tentent d’éclairer nos manques véritables: manque de lien, de reliance, de se sentir compris(e)s, accepté(e)s, utiles, valorisé(e)s comme membre à part entière d’une tribu malheureusement disparue.

Nous n’avons pas été écouté dans nos besoins de bases. Ensuite, nous avons été éduqué à la surdité intérieure.
Pas étonnant qu’il soit si difficile de s’entendre. De s’entendre soi-même et d’entendre l’autre.
Comment être complètement présent(e)s à l’autre quand notre propre intérieur crie: oui, mais moi aussi, je souffre. Oui, mais aussi j’ai vécu des choses terribles et personnes ne m’a écouté. Oui, mais moi je ferai comme ci. Oui mais moi c’est pire. Moi, moi, moi…et nous ne sommes même pas assez égoïstes pour prendre soin de nous même de manière juste, équilibrée et belle.

Comment écouter la nature, quand la nôtre est ravagée? Nous traitons la nature externe comme nous avons appris à traiter notre nature interne.

Car pour écouter l’autre, il faut ouvrir en Soi un espace qui n’est pas rempli de nous-mêmes. Il faut savoir faire une juste abstraction de notre petit moi pour réellement recevoir l’autre, ses interrogations, ses souffrances, ses peurs, ses joies et peines. Si les miennes font obstruction, alors mon oreille se voile et déforme les propos, attribue des intentions et des jugements, traduit mal le sens de ce qui est offert par l’autre qui se donne dans sa parole.

Une juste écoute devra passer par celle que nous nous accorderons d’abord à nous-mêmes. Offrons-nous du temps, régulièrement, pour faire le point. Pratiquons l’auto-empathie, l’auto-écoute avec bienveillance. Enterrons la hache de guerre que nous entretenons avec les parties de nous que nous avons exilées, jugées inadéquates, rejetées car elles nous mettent face à notre impuissance, nos failles, nos blessures. Trouvons des lieux et des personnes qui savent nous écouter avec le moins de filtre possible.Une écoute vivante, présente, accueillante.

Libérons notre propre écoute de ses entraves.

Au fur et à mesure que s’apaisera notre intérieur, nous pourrons alors réellement tourner une oreille bienveillante vers l’autre, la nature et le monde. Et enfin, entendre jusqu’à la conscience. Si nous ne pouvons plus faire la sourde oreille, alors cela peut changer notre monde.

Crédit Photo:mliu92, Fennec Fox 6027, dans Flickr

Celle-Qui-Écoute

juillet 3 2015
Le 7 août 2017, nous voilà rentrés dans notre 5ième lune: Celle-Qui-Écoute

Écouter, et parfois même finalement entendre.En-tendre.
Entendre l’autre, s’entendre soi-même, bien s’entendre. Tendre vers l’autre, avec tendresse ?
Une grand-mère m’a déjà dit que l’Esprit, dans sa grande sagesse, nous avait donné deux oreilles et qu’une seule bouche pour bien nous montrer ce qui est le plus important.

N’avons pas tous soif de l’oreille de l’Autre? D’être entendu(e) par l’Autre ? D’être « compris » par l’Autre?

Savons-nous écouter ? Savons-nous créer l’espace sacré dans lequel l’autre peut se dire, sans peur, sans reproche, sans jugement, sans interruption du moi-je qui voudrais toujours donner son opinion, son avis, ses conseils ?
Ce moi-je qui guette dans le monologue de l’Autre quand viendra le moment opportun pour reprendre la parole, pour parler encore de lui, d’elle.
Comment cultiver un espace réel où je peux accueillir l’autre dans tout son être?

Une écoute de confessionnal, mais avant les « je vous salut Marie » et sans la punition ou la honte.

Commencez par écouter votre coeur qui bat dans votre poitrine. au début vous ne l’entendrez pas. C’est comme un bruit de fond, effacé de notre conscience, comme le bruit de la circulation d’une grande ville.
Alors,nous écoutons et puis, entre deux respirations : BOUM BOUM.
C’est la vie qui bat son rythme en moi. Je peux y déposer mes pensées, ma conscience. Ceux qui pensent avec leur tête gagneraient à penser avec leur coeur.
BOUM BOUM c’est le tambour; les pieds sur le sol qui se déposent ou s’abattent sur notre Terre-Maman.
BOUM BOUM c’est le bruit de toute la création que j’entends depuis que le spermatozoïde de mon père a rencontré l’ovule de ma mère. C’est lui qui m’a formé, informé que la Vie bat. Et parfois se bat.
BOUM BOUM c’est aussi le bruit des canons et des fusils,des bombes et des mines, de la destruction, révélateur du manque d’écoute.
Et comme le tambour, je n’entends pas toujours la musique mais bien l’écho des coups que je reçois… (Jacques Salomé)
Ma propre souffrance me rend sourd(e). C’est pourquoi il est parfois si difficile de s’effacer suffisamment pour écouter l’autre.
Car recevoir l’autre en Soi c’est accepter de ne plus être le centre. C’est se mettre de côté en toute gentillesse envers soi-même, sans se nier ou se nuire. C’est lâcher un instant ce qui nous occupe ou nous préoccupe et tourner notre regard et nos oreilles vers cet(te) autre singularité qui s’adresse à moi. Comme la mère qui se tourne quand son enfant lui dit « regarde-moi, maman ».
Pour y arriver, il me faudra d’abord me mettre au service de l’écoute de mon être, de mes besoins, de mes désirs, de mes aspirations, de mes peurs, de mes émotions. Car quand j’ai su créer suffisamment d’espace pour m’entendre moi-même, alors seulement puis-je réellement me mettre à l’écoute véritable de l’autre. Sinon trop de voix intérieures se bousculent et m’accaparent et ce sont elles que j’entends, croyant écouter l’autre. Ce sont elles qui risquent de voiler et de déformer les propos de l’autre, me faisant entendre parfois bien loin de ce qui a été dit.

BOUM BOUM, qui frappe à la porte de ma vie ? Qui essaye de réveiller ma conscience endormie ? Allo?
J’écoute.
Je finirai bien par entendre. Si je commence par me taire.

crédit photo:Carole Poirier

Celle-Qui-Voit-Loin

in my imaginationle 8 juillet 2017

Nous voici dans notre quatrième lune: Celle-Qui-Voit-Loin

Cette lune nous parle donc de la vision, et plus encore, de nous projeter dans le futur.
Penser à nos enfants, aux générations qui suivront, aux impacts de nos actes aujourd’hui et de ce qui en restera bien après nous.
Comment voir loin?
En commençant par observer le passé. Notre capacité d’observation est essentielle à notre compréhension du passé et nous permet d’en dégager les cycles, les constantes, les répétitions.
La vie est un cycle circulaire, le temps et l’espace sont circulaires bien que nous ayons trop tendance à les voir comme linéaire.
Quand nous voyons le temps et l’espace comme linéaire, le passé reste derrière et ne revient jamais. Nous voyons bien que cela est faux. Le passé est souvent bien présent et peut même nous hanter et nous empêcher d’être complètement libre aujourd’hui.Le futur également, peut faire irruption dans notre présent sous forme d’angoisse et de peur face à l’à-venir.

Quand nous croyons que l’espace et le temps sont linéaires le futur ne peut être prédit, le futur est comme un mystère impénétrable. Cela aussi est faux. Le futur, et souvent la peur du futur, peut nous empêcher d’être libre au présent. Peur du jugement, des conséquences ou des représailles bien souvent imaginaires, le futur est présent. Les actes posés aujourd’hui ont un impact sur notre futur, les rêves prémonitoires nous démontrent que le voile du futur s’ouvre parfois et laisse passer de l’information.
La Roue de Médecine nous enseigne que le temps et l’espace sont circulaires. Que ce que j’ai n’ai pas fini hier je le retrouverai devant moi demain. Que mes actes ont des conséquences dans le passé comme dans le futur car tous les temps sont présents…dans le Présent.

Voir loin devient simplement Voir. Savoir,pouvoir,devoir, revoir, prévoir, recevoir, décevoir, avoir…
Nous savons bien que certains comportements sont voués à l’échec. S’ils n’ont pas réussi plusieurs fois par le passé quelle folie nous pousse a continuer à les utiliser ?
Pourquoi s’acharner quand cela ne fonctionne pas?
Pourquoi ne changeons-nous pas de stratégie?
Parce que notre incohérence personnelle,familiale, tribale, culturelle, cultuelle,spirituelle, sociale ou mondiale nous fait croire que nous pouvons continuer à faire la même chose et qu’un jour le résultat sera différent…

Et nous restons enfermés dans un cauchemar où tout se répète encore et encore.

Celle-Qui-Voit-Loin nous montre le chemin, nous pousse à agir aujourd’hui pour un demain meilleur.
Posez-vous souvent la question:
Ce que je fais en ce moment est-il dans mon meilleur intérêt?
Quel en est l’impact prévisible ? (suffit de regarder derrière pour en avoir une idée).
Est-ce que cela contribue à mon bien-être sans compromettre celui de l’autre?
Qu’est-ce-que cela pourrait donner dans 4 générations? Dans 7?

À nous de contempler les graines que nous mettons en terre. Nous en récolterons les fruits. Quels fruits voulons-nous récolter?

Les économistes et les industrielles veulent que nous croyions que les ressources sont inépuisables et que le plus important dans la vie est une croissance économique constante…c’est impossible, incohérent et lourd de conséquences.

Voyons loin et ne nous laissons pas duper par les apparences.
Laissons à nos enfants une terre de plus en plus belle et en santé en sacrifiant nos addictions, nos faux-besoins, nos désirs « incontentables ».

Voyons loin et ce qui est juste aujourd’hui émergera naturellement.
ho!

Crédit Photo: In My Imagination

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