4ième lune: Je Suis Quelqu’un.e

je suis quelqu'un juin 2016

je suis quelqu’un
juin 2016

mercredi le 2 septembre, nous entrons dans notre 4ième Lune: Je Suis Quelqu’un.

L’enfant a quatre ans. Le langage est bien installé, ainsi que plein d’aptitudes physiques par rapport à l’environnement.L’enfant sent qu’elle a une prise sur le monde qui l’entoure, qu’elle comprend ce qui se passe autour d’elle. Son « moi » est plus construit, elle peut faire la différence entre un désir et un besoin et à appris une certaine gestion des ses frustrations. Elle n’a plus besoin de faire une crise et de se jeter à terre pour obtenir ce qu’elle veut et pour peu que ses parents aient été constant et d’une tendre fermeté, elle sait demander et peut tolérer des refus (même si ce n’est pas facile).
L’enfant devient quelqu’un. Il a des idées, des questions et tout un imaginaire qui se dessine. Il commence à se situer par rapport aux autres et veut rentrer dans la conversation. Il ne joue plus en parallèle et est capable d’apprendre les règles d’un jeu, d’attendre son tour dans la file qui descend le toboggan, de négocier des jouets. Les autres l’intéressent de plus en plus. Il apprend qu’il est digne de confiance et il tient à sa parole; l’enfant que l’on accuse de mentir ou à qui l’on ment à cet âge peut se sentir choqué.
Maintenant qu’il peut s’exprimer enfin, sa parole revêt une importance particulière. Comme les adultes sont encore des « dieux » à ses yeux, il est important que ces « dieux » là lui offrent une image cohérente du monde, réponde à ses questions de leur mieux (il y a beaucoup de « pourquoi » à cet âge), et surtout qu’ils considèrent l’enfant comme une personne, ayant des idées, des sentiments, des opinions.

Vers quatre ans, va s’installer un nouveau comportement: l’omnipotence infantile.
L’enfant est beaucoup plus capable physiquement qu’il ne l’était et même temps il prend conscience qu’il ne peut pas faire ou accomplir tout ce qu’il est capable d’imaginer.
Quelques sauts en bas de l’escalier lui font comprendre qu’il ne peut pas voler, même si dans son imaginaire il le peut.
L’enfant se retrouve ainsi tiraillé entre son imaginaire et les contraintes qui apparaissent dans la réalité; entre ses désirs et ses capacités; entre la grandeur du monde et ses petites jambes.

Alors l’enfant va se faire croire qu’elle peut tout: elle fait venir la pluie, elle repousse les nuages, elle fait changer les couleurs des feux de circulation. Tout, absolument tout, ce qui se passe est de son propre fait, croit-elle. Elle prend tout très personnellement; tout a rapport avec elle. Si quelque chose qu’elle voulait rate, c’est qu’au fond elle ne le voulait pas vraiment.Si un malheur survient elle y est sûrement pour quelque chose.

C’est un moment fragile pour l’enfant qui, non seulement croit que tout est possible, mais surtout qu’il peut tout faire. Quand des difficulté majeures arrivent à cet âge, l’enfant s’en sent responsable (décès de quelqu’un, séparation des parents, mort du petit chat, etc.). Plus dur encore, comme il a l’impression que c’est lui l’architecte du monde (puisqu’il croit avoir tous les pouvoirs), il va aussi prendre le sentiment de culpabilité de tous les échecs qu’il perçoit.

Si aujourd’hui dans votre vie, vous avez la « culpabiliza » (maladie qui consiste à se sentir coupable facilement et même pour des choses dont vous savez rationnellement qu’elles sont hors de votre contrôle); si vous croyez que tout est possible mais que si vous échouez c’est de votre seul fait (formule idéale des gourous du « demander et vous recevrez » et si vous ne recevez pas c’est que vous ‘bloquez’ le recevoir); si vous employez beaucoup de je devrais et j’aurais dû: alors il y a quelque chose à guérir pour vous dans cette lune afin de retrouver votre humanité (oui, oui, cela inclus des défauts,des failles, des moments d’impuissance et des choses que vous ne comprendrez peut-être jamais) et lâcher votre pseudo-contrôle (vous n’êtes pas DIEU!). Vous trouverez au bout de ce chemin une humilité reposante; une appréciation saine de vos capacités,de vos limites (et de celles des autres); une conscience tranquille de votre finalité humaine;une capacité réelle de lâcher-prise; et, paradoxalement peut-être, une meilleure maîtrise de vous et de votre vie.
Quand vous réalisez que la vie ne fonctionne pas selon la dichotomie « faute » ou « mérite », vous vous libérez du poids de la performance et de la culpabilité. Dans notre monde qui veut nous faire croire que « quand on veut , on peut », reconnaître que notre vrai pouvoir n’est pas omnipotent, que nous ne pourrons pas obtenir tout ce que nous voulons, que parfois des malheurs arrivent à des personnes qui ne le « méritent » pas, alors nous sommes sur la bonne voie pour apprécier ce que le vie peut nous donner. Pour paraphraser Épictète, nous apprenons à aimer ce qui est à notre portée. Cela nous permet alors de consentir à notre vie plutôt que de passer du temps à en vouloir une autre.
Ou: « quand on peut, on peut ».

En dehors du regard des autres, en dehors du jugement interne ou externe, vous êtes quelqu’un.e et jamais quelconque.

Crédit Photo: Carole Poirier