Où suis-je, D’où viens-je, Où vais-je?

Le 4 novembre 2020, vent du Nomade, Lune Je-Fais-Partie-d’un-Monde

 

Le vent du Nomade, dans cette lune de notre rapport au monde, nous pose ces grandes questions: Où suis-je? D’où viens-je? Où vais-je? En ces temps d’incertitude où certaines évidences ne sont plus possibles, nous avons besoin de la force et de la légèreté du Nomade.

Le Nomade nous parle de mouvement, de dynamisme, de changement, d’itinérance, de lâcher prise et surtout de sortir de nos habitudes, de nos encroûtements, de nos carcans pour retrouver la liberté de bouger, de penser, de choisir, d’oser. Le tout sur fond de ne pas se prendre trop au sérieux. Car il nous rappelle que TOUT a une fin et qu’il vaut mieux profiter du voyage plutôt que d’attendre à destination pour être heureux.ses…

Je crois que nous avons absolument besoin de sa sagesse en ce moment!

Où suis-je?

Vous pourriez me répondre ici et maintenant. Ce serait bien, en effet, si c’était le cas. La réalité c’est qu’il est assez difficile d’être ici et maintenant, présent.e. Il y a des parties de nous qui se promène dans d’autres lieux, dans d’autres temps, qui sont avec des personnes ou accrochées dans certaines situations (passées-présentes-futures). La plupart des gens n’habitent même plus entièrement leur propre corps et n’ont conscience que de ce qui est inconfortable en eux ou en elle. Nous prenons tranquillement l’habitude d’être ce que nous appelons nous-mêmes et ce nous-mêmes, imperceptiblement se rapetisse.

Nous nous perdons dans les demandes du quotidien, dans le stress ambiant, dans le narratif du moment, dans nos opinions et nos croyances, nos peurs et nos désirs.

Et sans essayer de définir Qui est ce Je, je ne sais pas toujours où Je suis.

Où suis-je dans mon corps? Mon coeur? Mon âme? Comment est-ce que j’habite cet espace corporel? Est-ce que je sais écouter mes besoins ? Est-ce que je sais encore respirer librement, pleinement , quand j’en ai besoin? Est-ce que je suis en train de lire ce billet tout en pensant à autre chose?

Chaque fois que j’arrive à me situer dans mon corps, dans l’espace qui m’entoure, dans le temps présent qui se déroule, quelque chose en moi se calme, se dépose et s’apaise.

D’où viens-je ?

« Mémoire et identité sont une seule et même chose…la mémoire c’est le Soi » A.E. Van Vogt

La mémoire est essentielle à notre construction identitaire. Elle nous rappelle d’où l’on vient  et qui nous croyons être; comme si nous n’étions que la somme de nos souvenirs, de notre interprétation de notre vécu et de nos expériences. Nous construisons sans cesse notre mémoire en fonction de ce que nous choisissons, consciemment ou non, de garder.

Alors, quand il s’agit de savoir d’où l’on vient, nous nous servons de bribes de mémoire comme des bribes d’un rêve. Et nous y croyons dur comme fer (ou bien dur comme « faire »?). Nous gardons une image statique de notre enfance, de notre famille d’origine, de nos épreuves, de nos ancêtres…alors que tout est mouvant, sans cesse renouveler par nos expériences présentes, par nos interprétations du moment, par nos prises de consciences, nos insights, et nos changements de regard.

Je viens donc d’où je me rappelle venir…je viens d’un passé que je reconstruit sans cesse, d’une généalogie que je connais à peine et qui pourtant m’accompagne en tous lieux et en tous temps.

Tant qu’à construire un narratif, tant qu’à raconter une histoire, tant qu’à se raconter des histoires, comment pourrions nous nourrir , dans ce qui nous vient du passer, ce qui est le plus honorable? Comment pourrions-nous, aujourd’hui, dans ce chemin-ci, avec nos moyens du bord, nous dresser dignement dans le souvenir de notre lignée, dans le respect de notre chemin parcouru, de nos épreuves traversées en agissant honorablement dans notre présent? En faisant des choix dont les fruits futurs seront nobles?

Si j’accepte que je suis la somme de milliers de personnes, de centaines d’époque, d’une sagesse et d’un savoir-vivre immense, cela ne redresse-t-il pas ma colonne?

Où vais-je?

aaahhh…on aimerait vraiment avoir la réponse à cette question là! Comme si savoir où l’on va, hors de tout doute, rassurerait notre anxiété naturelle face à l’avenir.

Dans la Roue de Médecine, le temps est vu comme circulaire, pas linéaire. Passé-présent-futur s’entremêlent, s’entrecroisent, s’interfèrent comme autant d’ondes sur un étang. Il y a donc un futur « absolu » et biens des futurs relatifs.

Il y aura un demain. Nous n’en ferons peut-être pas partie.

Nous allons tous mourir. Dans le Temps qui nous est imparti, pas forcément dans celui que nous voudrions. Il n’y a qu’une justice pour les mortels: aux dernières nouvelles tout le monde fini par y passer. Bons, méchants, jeunes ou vieux, en santé ou dans la maladie, en pleine forme ou grabataire, heureux/se ou pas, qu’importe. Nous ne sommes qu’une petite comète de lumière dans l’immensité.

Autant rendre le voyage agréable. Autant participer à l’humanité avec le coeur arrimé aux générations futures. Autant faire un beau jardin. Autant être dans la joie, la collaboration, la compassion, la patience, l’entraide. Autant s’entraimer.  Autant apprécier la route, puisque la destination reste la même pour toutes et tous. Autant marcher léger, voyager léger et ne pas creuser trop d’ornières qui risqueraient de coincer, dans  certains chemins, nos descendants. Autant se donner plus de liberté. Autant accepter tout ce qu’on ne peut pas contrôler (c’est , à dire vrai, à peu près Tout).

Et puisque le chemin informe la destination, aussi bien ne pas attendre d’être arriver quelque part pour se donner la permission de jouir de la vie, de nourrir nos liens, d’honorer notre relation à la Nature et à la Création.

Nous allons où nous pouvons. Et pourtant notre futur peut dépendre aussi de nos choix présents. En cas de doute, ce qui honore la vie aujourd’hui, devrait nous assurer un bon demain…collectivement et parfois individuellement aussi. Car notre destin singulier, même s’il nous intéresse grandement, est aussi intriqué dans notre destin collectif.

Un bon Nomade se déplace pour ne pas épuiser les ressources du lieu et du moment. Il est prêt à sacrifier son confort , sa « stabilité », au nom d’un plus grand équilibre et d’un meilleur partage des ressources. Notre désir de confort toujours plus grand, notre difficulté à accepter l’inconfort momentané au nom d’un confort plus partagé, est à la source des dérives de notre capitalisme sauvage, aveugle et voué à l’échec. Nous nous sommes bien enfoncé.es dans notre confort d’occidentaux, mais l’équilibre naturel est rompu et nous aurons bien besoin de notre Nomade pour apprendre à vivre autrement.

 

Crédit Photo: Carole Poirier, 6 ième lune, 31 octobre 2020

3 Commentaires (+ vous participez ?)

  1. Clara Verhas-Breyne
    Nov 04, 2020 @ 23:16:12

    Merci de nous faire rencontrer le nomade…

    Réponse

    • rouedemedecine
      Nov 05, 2020 @ 15:06:24

      Merci Clara de prendre le temps de laisser un commentaire…oui, Le Nomade a beaucoup à nous apprendre sur le lâcher prise, le voyager léger et ne pas trop se prendre au sérieux. En ces temps, on en a bien besoin.

      Réponse

  2. markiseh
    Nov 06, 2020 @ 13:24:57

    Ah ce Nomade!
    Merci de partager son message et sa sagesse. On a de plus en plus besoin de lui pour revenir à l’essentiel. Pour apprendre à se délester du superflu et pour revenir à un meilleur équilibre. Voyager léger.
    Ho

    Réponse

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