Les addictions…une recette pour perdre l’Esprit

D’abord, ça commence comme un chaudoudou (voir « Le conte chaud et doux des chaudoudoux » de Claude Steiner). Du moins, ça en a toutes les apparences.
Ça réchauffe, ça fait du bien, ça nous donne confiance en nous ou nous donne l’impression que rien n’est impossible; c’est un peu comme être amoureux. C’est comme une oasis ou un bunker; ou bien un espace-temps où j’ai l’impression de pouvoir être vraiment moi-même.
C’est une petit bête chaude, douce et accueillante, pas bien difficile à nourrir; pas trop exigeante.
C’est facile de la laisser; et d’y revenir. Elle semble si contente de me retrouver!
Puis assez rapidement, ça change. Je deviens nostalgique loin d’elle. Même que ça devient douloureux. Et les retrouvailles sont moins vibrantes. Et puis, elle grossit. et devient de moins en moins charmante et de plus en plus exigeante. Elle s’impatiente de mes départs, montre les dents quand je reviens.
La culpabilité (avec un grand CUL; désolée pour la vulgarité mais avec la culpabilité je ne peux pas m’en empêcher!), fait son entrée. Avec la Honte, sa petite soeur.
Alors je me dis qu’il faut bien que j’y retourne, que je la nourrisse, que j’en prenne soin, que je ne l’oublie pas sur une tablette.
Et puis maintenant même mon corps me fait mal quand je suis loin d’elle.
Alors deux nouveaux personnages apparaissent: Mensonge et Dissimulation. Ce sont ses gardes du corps. Elle ne me laissera pas m’enfuir si facilement.
Ma conscience s’endort, comme hypnotisée par la Chose.
La chose a encore changé.
Maintenant elle est tellement grosse qu’elle me fait peur. Elle n’est plus jolie; elle crie et hurle et montre les dents…le filet se resserre…tant que j’ai quelquechose à perdre je dois le lui donner…
Maintenant c’est elle qui contrôle ma vie. En fait elle est devenue plus importante que ma propre vie. Je nourris cette chose au dépend de mon bien-être, j’en ai même oublié l’amour que j’ai (j’avais?)pour moi-même et pour les autres.
Quels autres d’ailleurs?
Il n’y a plus qu’Elle. Elle s’est infiltré partout, exige sans cesse plus de nourriture et d’attention; elle occupe toute mes pensées; motive mes actes; et mes hésitations; mes mots et mes silences. Je ne vois plus rien ni personne car elle est maintenant si énorme qu’elle obstrue ma vue.
Un film d’horreur?
Même pas! Voici l’histoire de nos addictions. Quelles qu’elles soient. Petites ou grandes.
Elles commencent toutes gentiment, puis nous nous réveillons un matin et nous nous sommes perdu(e)s. Nous ne nous voyons plus qu’à travers un filtre déformant; les autres nous semblent aussi un miroir déformant.
Je pense à la chanson d’Aznavour:
« les parois de ma vie sont lisses,
Je m’y accroche mais je glisse »

Qu’est-ce qu’une addiction ? Un désir irrépressible et impérieux qui se fait passer pour un besoin…qui nous fait croire que nous ne pouvons vivre sans lui. C’est un tyran qui n’a que faire des conséquences dans nos vies et qui nous bouffent de l’intérieur. Certains en meurent. Un parasite qui grossit alors même que nous nous affaiblissons.
N’allez pas croire que je ne parle que de substances externes. Je parle aussi de nos addictions internes (au malheur, à la culpabilité, au stress, à l’adrénaline, au sexe, à la bonne image que je veux projeter et protéger,etc).

Et les addictions, voyez-vous, sont des pertes d’Esprit. Perte de contact avec le bon de la vie, perte de notre dignité; perte du sens de notre vie, perte de l’Amour de soi et des autres,perte,perte…et désorganisation.
Notre conscience a de plus en plus de mal à nous atteindre et cela peut devenir dramatique. Les addictions nous offrent du rêve et partent avec le meilleur de nous.

Nous devons nous réveiller.Nous avons besoin d’aide. Nous devons éclairer nos chambres obscures, retrouver la lumière qui sommeille en nous.
Nous devons accepter que nous avons une addiction. Nous pardonner afin de pouvoir sortir des chaînes de la culpabilité. Être prêt à demander pardon pour nous débarrasser de Mensonge et Dissimulation. Ne plus nous cacher. Renoncer chaque jour, voire chaque instant, à cette chose. Ne plus la nourrir. M’en détourner quand elle crie et hurle: »Ne me quittes pas! »…
Méditez, priez,parler, dessinez, écrivez, écoutez, faites-vous aider. Rien ne peut être plus important que votre propre vie.

Guérir d’une addiction.
Commencer par une simple, qui n’a pas trop de pouvoir sur vous.
Ou bien celle qui est en train de vous tuer ou de vous rendre fou-folle.

Puis d’une autre.
Puis la suivante.

Et, petit à petit, retrouvez l’Esprit.

Crédit photo: 1. Cute Cat par Goneys, sur Flickr
2.Crocodile par gnackgnackgnack, sur Flickr
3. Peaceful Greeeeen, par Nicolas Hoizey, sur flicker.

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2 Commentaires (+ vous participez ?)

  1. Ishisvaha
    Août 29, 2013 @ 12:14:30

    Merci pour vos écrits…. ❤

    Réponse

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